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message posté : Ven 9 Juin - 16:37


I cannot be loved as I am
Ezra & Karma
Think feelingly only of the state you desire to realize. Feeling the reality of the state sought and living and acting on that conviction is the way of all seeming miracles.

Cris, hurlements, sanglots. Tout mélanger dans un vacarme qui te ferait te couvrir les oreilles si tu n’avais pas les bras occupés par un bébé. Tout petit, la respiration calme et constante, les hurlements eux qui sont de plus en plus insupportables. Tu pensais que tu pouvais le faire, tu pensais que tu réussirais à prendre soin de ce gamin, mais tu n’y arrive plus. Larmes sauvages en flux continuent sur tes joues, tu supplies, tu le berces, tu pues l’angoisse et la peur. Tu ne veux pas qu’on te l’enlève, tu ne veux pas qu’on te juge incapable de t’occuper de ton petit frère, tu ne veux pas être un raté comme l’ont été tes parents. T’essaie, t’essaie de t’en sortir, avec tout, Nerissa, Ezra, Eneko, la nourriture, le travail, le loyer, les impôts, l’électricité mais tu te noies. Tu bouges, un peu trop, peut-être pas assez, parce que ça ne convient pas, parce qu’il hurle, parce que c’est incessant. Les yeux qui se ferment, tu en viendrais à supplier un dieu auquel tu ne crois pas. Peut-être que t’es pas mieux qu’eux Karma, peut-être que tu finiras comme eux, que tu ne peux rien n'offrir que tu ne peux rien donner. Alors dans l’angoisse t’as envoyé ce message, parce que tu es perdu, que tu ne sais plus quoi faire, parce que les papiers, les assiettes, les vêtements, parce que tout jonche ton sol dans un bordel dangereux et immense, parce que tu es sous pression et que tu n’arrives plus à rien faire, t’es qu’un gamin, et tu n’as que lui, lui.
Ezra, tu n’as que lui, tu ne sais pas pourquoi, tu sais juste que c’était ta dernière option, que tu voulais qu’il t’aide, qu’il te prouve qu’il t’aime. Tu sais que ce n’est pas possible, tu sais que c’est faux, tu sais qu’il te déteste, que tu n’es rien de plus qu’une personne présente pour satisfaire ses désirs, que tu ne seras jamais rien. Pourtant tu as de l’espoir, l’espoir qu’il te parle de lui, de sa vie, qu’il t’explique, qu’il te parle, comme toi tu lui as parlé. Et les larmes perles encore plus vie le long de tes joues, brouhaha incessant, tu essaies de calmer ta respiration et tu essaies en même temps d’empêcher Eneko de hurler trop fort, tu murmures des paroles rassurantes entre-deux sanglots.

« Bébé s’il te plaît arrête de pleurer. »

Murmures, douce voix, un peu trop douce.

« Je t’en supplie Eneko, je n'en peux plus, calme toi, ça ira je te promets. »

La voix qui se brise en des milliards de morceaux de verre.

« Pitié, je te promets que je vais bien m’occuper de toi, s’il te plaît… »

L’enfant dans tes bras tu vas ouvrir la porte et quand tu vois ton visage… Tu n’es plus que larmes, tu n’y arrive pas, n’y arrive plus.

« Ez s’il te plaît. »

Flot incessant sur tes joues, tes cheveux en bordel monstre et tes cernes comme des fardeaux.
Made by Neon Demon
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message posté : Dim 11 Juin - 4:34


I cannot be loved as I am
Ezra & Karma
Think feelingly only of the state you desire to realize. Feeling the reality of the state sought and living and acting on that conviction is the way of all seeming miracles.

Assis dans la salle commune du foyer tu fixais la page blanche qui s'étendait devant toi d'un air concentré, à la recherche d'une idée. Tu avais envie de dessiner, sans bien savoir quoi, tout en sachant paradoxalement très bien qu'à la fin, dans quelques minutes ou quelques heures après avoir usé la feuille du regard, t'être perdu des milliers de fois dans tes pensées, avoir douté au moins autant de fois de ton talent, de tes capacités, tes doigts reproduiraient d'eux-même encore et toujours les mêmes traits : ses traits, comme s'il n'était plus que ta seule et unique source d'inspiration, comme s'il était toujours là même quand tu ne le voyais pas, une partie de toi. Karma.

Six ans déjà, six ans partagés mais six années de silence de ton côté, six années à fuir une proximité que tu désirais autant que tu redoutais, six années à te perdre à penser à lui, à user encore et toujours des pages que tu déchirais rageusement lorsque rien n'arrivait à la hauteur de sa beauté, lorsque la plume n'était pas à la hauteur de sa perfection, des milliers de dessins, rapides parfois, détaillés jusqu'à la moindre particularité de son visage, souvent, des milliers de textes, de poèmes, de déclarations qu'il ne lirait pas, parce que tu ne restais jamais que toi Ezra, enfermé derrière un mur que tu avais toi-même érigé, stupide enfant qui avait cru pouvoir jouer, qui avait cru être capable de se protéger avant de réaliser qu'il était devenu son propre prisonnier.
Et, alors que tu détournais une nouvelle fois les yeux de la feuille, laissant ton regard s'égarer sur cette pièce que tu connaissais un peu trop bien, ces visages un peu trop familiers, laissant le bruit des conversations te porter, nostalgie et souvenirs juste en les voyant sourire, rire, tu as entendu la sonnerie elle aussi un peu trop familière de ton téléphone, à croire que tu étais opposé à toute forme de changement décidément.

C'était lui, un message, court, et surtout, un mot qui t'agressait directement et qui forçait une lueur d'inquiétude dans tes yeux si calmes auparavant : « Urgent », en majuscules, comme pour te hurler une détresse inconnue au visage, ce n'était pas dans vos habitudes de vous parler d'une telle manière, rien n'était jamais urgent entre vous, le sexe n'était jamais une priorité.
Tu en déduisais avec une certaine lucidité qu'il devait s'agir d'autre chose, d'un problème plus grave et la perspective même d'imaginer Karma, ton Karma dans une situation délicate, de l'imaginer triste ou de l'imaginer mal, te vrillait le cœur, la même douleur que celle que tu ressentais devant les cicatrices que tu voyais apparaître ces derniers mois sur son corps, la même douleur que celle que tu ressentais quand tu réalisais que tu ne pouvais rien dire, rien faire, que tu devais continuer de jouer ton rôle, le rôle que tu t'étais assigné, comme un fardeau de plus en plus lourd à porter.

Si en temps normal tu t'étais plutôt forgé la réputation d'être le genre de personne qui ne se presse jamais, le genre de personne qui arrive toujours des heures après avoir été appelé, face aux mots de Karma ta réaction a été diamétralement opposée. D'habitude tu aurais juste dit à la personne que tu arriverais dés que tu étais prêt et de patienter, mais parce que c'était lui, parce que c'était toi aussi, tu  t'es levé avec une brutalité que peu te connaissaient, faisant sursauter quelques personnes autour de toi alors que quelqu'un se précipitait pour empêcher ta chaise de se fracasser contre le sol, mais tu ne t'es même pas excusé, pas un regard, pas un mot pour eux, ton téléphone dans une main, tes clefs de voiture dans l'autre tu as juste quitté la pièce sous les murmures intrigués, choqués, presque indignés.
Comme un automate tu as envoyé un autre message, pour lui dire que tu arrivais, comme un automate tu as conduit jusque chez lui, comme un automate tu as frappé à sa porte, quelque part perdu entre la conscience et l'inconscience, dans l'urgence la plus totale, ignorant les battements anarchiques, chaotiques de ton cœur, ignorant ta peur, ignorant tes interrogations, ne redevenant réellement maître de toi, maître de tes actes, que lorsqu'il apparu devant toi, comme une décharge qui traversa ton corps pour te réveiller.

La première chose que tu as remarqué était son visage, l'air épuisé qu'il avait, les cernes sous ses yeux et les larmes sur ses joues, avant que le son ne parvienne à tes oreilles, ne te laissant que le temps d'entrouvrir la bouche, comme pour dire quelque chose, un début de phrase vite noyé dans le brouhaha constant, dans les cris de l'enfant qui était dans ses bras.
Immédiatement les questions affluèrent dans ton esprit, de qui était l'enfant ? Est-ce que Karma était père sans te l'avoir dit ? Et des milliers d'autres comme celles-ci, alors que ton visage était toujours figé dans cette expression de surprise, de confusion ridicule, comme si le temps s'était arrêté, suspendu un peu pour toi

« Ez s'il te plait »

Sa voix, à peine une phrase, plus une supplication qu'autre chose qui te frappa avec la violence d'une gifle mais qui te ramena aussi à la réalité du moment, qui te força à réagir, à couper court aux questions, pour céder place à l'action. Une chance pour toi,  pour vous, tu avais toujours su y faire avec les bébés, en avait côtoyé un certain nombre au foyer, tu n'étais donc pas en terrain inconnu, pas complètement perdu.

« Donne le moi, je vais m'en occuper »

Juste quelques mots que tu espérais rassurants, alors que joignant le geste à la parole tu pris doucement l'enfant des bras de Karma avant d'entrer dans l'appartement, tes yeux balayant rapidement du regard les assiettes, papiers, et autres vêtements qui s'entassaient sur le sol avant d'aller t'installer sur le canapé.
Alors tu entrepris de bercer le bébé avant de te mettre même à fredonner. Tu n'aimais pas spécialement chanter devant les autres, pas plus que tu n'aimais ce que tu chantais aux enfants pour les endormir, ces berceuses serbes qui avaient rythmées ton enfance, que ta propre mère te chantait quand tu n'étais pas plus grand que le petit humain que tu essayais de te calmer, des souvenirs, réminiscences de ton enfance, d'une toute autre époque que tu avais encore beaucoup de mal à affronter, d'une époque où tu répondais encore au prénom de Noé. Et pourtant, les mots, les phrases en serbe qui venaient naturellement, alors que lentement, doucement, les pleurs de l'enfant se calmaient jusqu'à cesser enfin, le calme remplaçant le chaos des derniers instants.

Toujours en silence, toujours sans un mot, tu te levas pour aller le coucher dans son lit, refermant délicatement la porte derrière toi alors que tu revenais vers Karma dans le salon, alors qu'à nouveau tu le détaillais de haut en bas, cherchant quoi dire, comment le dire, avant que ta bouche ne prenne l'initiative d'elle-même, posant la question qui te brûlait les lèvres depuis des mois

« Qu'est-ce qu'il se passe Karma ? Explique moi »

Ni autoritaire, ni froid, dans ta voix simplement l'envie de comprendre, l'envie de savoir, l'envie d'aider, de rassurer.
Made by Neon Demon
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message posté : Dim 25 Juin - 20:50


I cannot be loved as I am
Ezra & Karma
Think feelingly only of the state you desire to realize. Feeling the reality of the state sought and living and acting on that conviction is the way of all seeming miracles.

Tu as paniqué, comme quand l’obscurité était présente chez tes parents, comme l’odeur de cannabis qui se faisait trop forte, t’as paniqué parce que t’étais seul, t’as paniqué parce que tu avais peur, recevoir encore une lettre qui te dit que tu peux le perdre, toute ta vie, tu  ne peux pas, tu t’es juré que ça ne recommencera jamais, t’avais promis t’avais fait un pacte avec le diable pour qu’il te prenne tout sauf eux, sauf ta famille, sauf ta sœur et ton frère, parce que c’était tout ce que tu avais, parce qu’ils étaient toute ta vie et le seront surement jusqu’à la fin, parce que tu avais peur d’avoir menti, peur d’avoir dit à Nerissa que personne ne serait plus abandonné pour que ça se reproduise. T’aimerais que quelqu’un te rassure, qu’on te dise que ça ira, que c’est pas grave qu’il arrêtera d’hurler quand il s’habituera à cette nouvelle maison, à cette atmosphère, t’aimerais être dans des bras qui te disent que ça ira que t’es pas seul, t’aimerais que ça soi Ezra, mais il te déteste, tu le sais, t’es seulement là pour le satisfaire, t’es seulement là parce que t’es un mauvais frère et que parfois tu veux oublier que t’es seul dans le noir, parce que tu prends toutes les responsabilités seulement pour toi alors que tu ne devrais pas, parce que tu te perds violemment dans un imaginaire fait d’images angoissantes.  Tu te souviens de l’overdose de ton père, ta mère en panique et deux jours après Nerissa qui était placée en famille, et toi, seul, perdu, qui devait tout faire parce qu’ils n’étaient capables de rien à par claquer un argent qu’ils n’avaient pas dans la drogue et l’alcool. Gamin perdu entre les bouteilles de bière tu te souviens de la claque quand t’as fait tomber au sol un sachet de weed tu te souviens de la bouteille en verre diriger vers toi pour que t’essaie, tu n'as pas voulu pas à ce moment-là, pas avec eux, pas seul. L’angoisse de l’alcool suivie par l’enivrement des sens quand tu étais dans ces soirées parce que tu voulais oublier souvent, parce que tu te retrouvais dans les bras d’Ezra tout le temps, parce que tu voulais juste être toi-même, pas un objet sur lequel on pouvait se reposer et qui ne se plaignait pas, tu voulais juste être toi. Et Eneko, il y a peu, le gosse qui t’est confié parce que c’est ton frère, parce que t’es majeur, les visites au début pour t’apprendre te montrer, toujours les mêmes larmes, les mêmes cris, les seuls moments de silence quand il dort ou que tu mets de la musique assez douce pour qu’elle le berce.
Mais les larmes, tu penses toujours que c’est ta faute, que tu n'es jamais assez bien, que tu ne devrais pas l’avoir avec toi parce que t’étais dangereux. Dangereux Karma parce que t’es un peu bancale, bizarre, parce que tu regardes de haut et que tu réponds pas, t’es pathétique, c’est ce qu’ils disent tous, tu sais même que tu vas le voir dans les yeux d'Ezra, parce que te n'a rien dit, que t’es un gamin et qu’il n'a pas besoin de ça, il n'a pas besoin de toi. Y penser, ça te fait du mal, parce que tu sais ce que tu ressens, tu sais que tu l’aimes, tu sais que t’as besoin de lui, mais tu sais aussi que c’est certainement pas réciproque, qu’il a mieux ou bien qu’il mérite mieux. Ce regard perdu qu’il a, ce visage doux quand il prend Eneko de tes bras, comme si c’était son enfant. Son envie de comprendre ensuite, les mots qui sortent de sa bouche comme des lames de couteaux qui te brisent, qui te coupent, sourire doux que tu aimerais arborer mais t’y arrives pas, t’es bloqué au stade des larmes qui te brûlent les joues. Des explications, tu lui dois, mais t’as la voix qui se brise doucement. « Je… » Tu sais pas, tu sais pas ce que tu dois dire, d’où le gosse vient ? Pourquoi t’as appelé Ezra aussi tard ? Tu sais pas t’est perdu.

« J'suis désolé, j’y arrivais plus tout seul. »

Les larmes plus violentes qui t’arrachent presque la peau.

« S’il te plaît me déteste pas. »

Les bras autour de ton propre corps et les yeux vers le sol, t’ont peur, peur de quoi ? T’as peur qu’il parte, te laisse, comme ils le font tous, comme ils l’ont tous fait.

« J'suis tellement désolé j'suis un mauvais frère, merde. »

tu t’écroules dans le canapé, les mains sur le visage, la fatigue trop présente et les nerfs à bout.

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message posté : Lun 26 Juin - 5:05


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Ezra & Karma
Think feelingly only of the state you desire to realize. Feeling the reality of the state sought and living and acting on that conviction is the way of all seeming miracles.

Ta voix qui résonne un instant, reste suspendue dans les airs un court moment puis le silence qui retombe entre vous, juste le silence, le calme après le chaos des derniers instant, pesant, interminable comme si le temps s'écoulait au ralentis, comme si chaque seconde se muait en heure, comme si tu étais coincé dans un moment en slow motion de ta vie. Tu le regardais juste alors, dans les moindres détails, comme si tu le voyais vraiment pour la première fois depuis longtemps, les larmes sur les joues,la fatigue qui marquait les traits, ses lèvres qui essayaient d'articuler mais les mots qui ne venaient pas, les sons qui ne sortaient pas.
Ca te faisait mal de le voir comme ça, pour toi Karma avait toujours été ce mec fort, un peu inaccessible, celui qui regardait le monde de haut, celui qui t'avait directement dragué alors que tu étais encore un gosse perdu dans son passé, pas bien ancré dans son présent, l'époque où tu étais entre Ezra et Noé, où tu n'avais plus vraiment d'identité, c'était un peu trop étrange pour toi de le voir s'écrouler, c'était loin d'être quelque chose que tu avais imaginé.
Tu en avais vu pourtant des gens s'effondrer devant toi, autour de toi, au foyer, tu en avais passé des nuits à consoler, à calmer, à écouter, à rassurer. Tu en avais passé  pourtant des jours à être le pilier de tous, à empêcher tout le monde de sombrer, tu étais censé être habitué et pourtant face à lui tu étais juste muet, figé.
D'habitude tu arrivais à prendre une certaine distance, garder une forme d'objectivité qui faisait de toi un excellent conseiller, mais face à lui tout était différent, comme si toutes ses émotions te heurtaient aussi, comme si sa peur, sa fatigue, sa douleur entraient en toi pour ne plus jamais en sortir, tu ne comprenais pas bien ce qu'il se passait, tu ressentais juste ses émotions, tu sentais tes propres yeux se remplir de larmes, tu sentais tes ongles qui se plantaient dans les paumes de tes mains machinalement dans un geste que tu n'avais plus refait depuis des années et plus il parlait, plus les mots s'enchainaient, plus tu sentais ton cœur se serrer, sur le point d'imploser.
Tu es resté encore plusieurs secondes ainsi figé et muet, à le regarder pleurer, écroulé dans le canapé, ses bras serrés autour de son propre corps, de longues secondes avant que ton cerveau ne se remette à fonctionner convenablement, avant que tu ne réalises que les seuls bras autour de lui à cet instant devraient être les tiens, pas les siens.

Avec une délicatesse que tu ne te soupçonnais même pas tu l'as rejoins sur le canapé, as posé une main contre sa joue, essuyant ses larmes incessantes du bout des doigts, essayant de l'inciter à te regarder

« Karma....Baby...look at me »

Tu as attendu, un moment, le temps que ses yeux croisent enfin les tiens, juste quelques micro secondes,à peine le temps d'un battement de cils, juste suffisant pour lui montrer que tu étais là, que c'était toi, et personne d'autre avant de l'attirer dans tes bras, son corps contre le tien, ton corps contre le sien

« Come here...It's gonna be alright, everything's gonna be alright »

Tu le répétais en glissant une main dans ses cheveux, tu ne savais encore rien de la situation,  juste que l'enfant en question était son frère, mais tu avais déjà pris la décision de l'aider, ou du moins d'être présent chaque fois qu'il en aurait besoin, tu t'étais déjà promis de faire tout ce qui était en ton pouvoir pour lui, pour eux...

Et le pouvoir, tu l'avais, tu étais loin d'être idiot et naïf malgré l'image que tu avais choisi de présenter, tu avais pris conscience dés ton plus jeune âge de vivre dans un monde gouverné non pas par les hommes politiques, non pas par le peuple, mais par l'argent, tu avais vite compris que l'argent pouvait tout acheter, un silence ou même une vérité...Alors lorsque tu avais reçu tes premières payes ton premier réflexe avait été un geste de recul, de peur, en voyant  les zéros s'aligner, longtemps tu t'étais senti mal à l'aise, réticent, tu avais toujours refuser d'utiliser ce pouvoir en ta possession, mais pour Karma, pour cette famille, tu te disais que c'était probablement juste, probablement la bonne chose à faire.

« I don't hate you and you're not alone, I'm not going anywhere »

Et le silence est retombé, à nouveau, avec juste dans l'air, l'écho de tes mots.
Tu ne sais pas combien de temps tu es resté comme ça, Karma dans tes bras, ta main dans ses cheveux, combien de temps tu as jugé correct de laisser passer avant de t'autoriser à poser les questions qui te brûlaient les lèvres, de longues secondes probablement, des minutes même, longtemps à tes yeux, probablement pas assez aux siens.

« So...He is your brother ? »

Ta voix sonnait plus hésitante que jamais, tu ne savais pas où étaient les limites à ne pas dépasser, les questions à ne surtout pas poser...
Tu n'étais probablement pas la meilleure personne pour ça, en particulier pour ce sujet là, la famille c'était quelque chose que tu ne connaissais pas, que tu n'abordais pas.

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