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i lost it (july)
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supermarket flowers :: just wanna have fun :: this could be the end of everything :: you could never feel my story

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message posté : Sam 10 Juin - 0:44



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Il y a des incohérences dans les rencontres impromptues, dans les moments d'égarement et d'écriture dans un bar, l'alcool qui se verse et se déverse sans le moindre regard pour les quantités. Il y avait une serveuse, comme il y en a toujours : une égarée dans un monde brute, une tendre chose au milieu des autres. Ce sont des regards et des mots, une ressemblance entre l'un et l'autre qui s'est imposée comme une évidence dès la première conversation. Détruits de l'intérieur comme à l'extérieur. Et c'est au nom de cette unique vérité qu'ils ont décidé de partir, une nuit et deux journées. Sans connaître le nom de l'un et de l'autre, pourtant s'échangeant tout ce qu'il y a à savoir sur leurs blessure dans l'avion se dirigeant vers Paris. L'après-midi vécu à deux a été presque merveilleux, dans l'opulente maison parisienne d'un ami acteur.

Clyde a les clés de chez tout le monde, et leur demi-confiance.

Il porte encore sur lui les restants de poudre blanche, et les quelques grammes d'herbe qu'il a été si heureux de trouver dans un tiroir, et de consommer à foison pendant des heures. Ils se sont racontées les suicides pensés, les suicides manqués. Il lui a dit avoir pensé à foncer dans le mur ce jour-là en voiture, mais il y avait ses amis avec lui. Elle a lui confié des noirceurs plus immenses encore, sans pour autant que ces actes propitiatoires ait le moindre effet sur le malêtre.

La nuit s'est passée dans la piscine, sans qu'aucun d'eux ne pense à s'habiller. Avinés, déboussolés. Ils se sont embrassés et Clyde a découvert à grand regret l'absence d'alchimie. Les gestes pressants de l'autre contre lui ont sonné faux, et il aurait préféré qu'elle ait son visage. Ou qu'elle se retourne, ça aurait été plus simple. Il n'avait même pas penser à dire Jules où il comptait aller, ni avec qui.

Dans la folie du moment il s'était dit qu'elle ne remarquerait rien, à force d'étudier. Et ce que Clyde n'a pas remarqué sont les clics d'appareil photo d'un homme caché dans les buissons. Celui-ci s'était attendu à voir l'ami acteur plutôt que le jet-setter avec une inconnue. Mais peu importe, car il les publiera sur son site dès qu'il rentrera.

Clyde est allé dormir, sans un mot. Et le lendemain il parti tôt après une rapide visite dans les magasins de luxe, pour préparer ses excuses. Il avait acheté du vin, qu'il a été obligé d'abandonner à l'embarcation pour des règles stupides qu'il n'a pas compris. De toute façon, il n'aime pas le bordeaux.

Une fois à Philadelphie, déposé par un taxi, il n'est plus certain de savoir s'il a dormi dans l'avion, ou s'il a vraiment bu autant de martinis. Une chose est certaine, c'est qu'en marchant dans les longs couloirs de l'hôtel jusqu'à leur chambre, il aura déjà entamé sa dernière cigarette. Il ne sait pas ce qu'il va dire à Jules, la manière dont il va tourner ça, mais il n'aura pas à parler de la fille. Personne ne sait, ils ne sont pas sortis de la maison de l'ami.

Il n'a pas ses clés.

"Jules, I can't find them anywhere, can you open the door ?"

Il parle un peu trop fort, dans son costume froissé par les mauvaises positions et les tristes décisions. Il a de la cendre sur le coin de la bouche, et l'angoisse de fumer sa dernière.

"I bought some wine, but they didn't let me fly with it. Can you believe it ?"

Il parle presque à la porte, tout contre elle.

"Jules ?"
   MAY


Dernière édition par Clyde Bridgestone le Sam 10 Juin - 11:28, édité 1 fois
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message posté : Sam 10 Juin - 1:37


elle devrait être en colère.
et elle l'est, quelque part. le sentiment violent qui sonne comme rage et rime avec furie souffle à l'intérieur de sa poitrine tout aussi fort qu'il le fait habituellement quand clyde fait un pas de travers. sa poitrine gonfle, à la manière d'un volcan prêt à exploser. elle hurle, la dignité bafouée, parce que clyde ne peut pas s'empêcher de tout gâcher. mais c'est habituel et constant, comme une seconde nature ces derniers temps. quand le mari frappe, il fait mal. il y va rarement par quatre chemins et ne se rend jamais compte de ce qu'il fait. les excuses coulent de ses lèvres comme du miel mais ne veulent rien dire. et il recommence. encore et encore.

seulement, quand la mélodie des x-files a retenti dans la chambre d'hôtel, obligeant jules à relever le nez de son livre pour regarder ce que clyde lui voulait... la demoiselle ne s'attendait pas à le voir la langue perdue dans la gorge d'une autre, dans la piscine d'un inconnu, en france.
et à cet instant précis, quand les yeux de biche se sont égarés sur la photographie en hd, ce n'est pas vraiment la colère qui a gagné. c'est la déception, froide et désintéressée.

alors la sirène est là, allongée sur le lit hors de prix dans des sous-vêtements précieux, enroulée dans une robe de chambre de soie. l'air ennuyé et ennuyeux. et elle attend.
ses doigts pianotent doucement sur l'écran de son téléphone pour passer le temps; elle répond à jade et gloria et d'anciens clients, les plus jeunes et charmants qui ne se sont pas tout à fait envolés et qu'elle ne prend la peine de contacter qu'une fois que clyde l'a agacée.

de l'autre côté de la porte, un peu plus loin, il y a la voix de clyde qui résonne enfin. jules attend longtemps avant de daigner se redresser pour se diriger vers la porte fermée.
elle sait qu'elle va finir par l'excuser, parce que clyde est un gamin, parce qu'il ne lui doit rien. mais ça ne change pas grand chose au fait qu'elle pensait que ce serait différent, entre eux. qu'il la préviendrait avant de l'humilier. il lui suffit de fermer les yeux pour imager maman bridgestone en train lire la nouvelle, les yeux amusés.

jules refuse d'être la putain de punchline de l'histoire.

'how was your trip, darling?' qu'elle demande avec un sourire aisé, l'étirement de lippes pratiqué qu'on offre au client qui déplaît. ses doigts agrippent la poignée un peu trop fort quand elle l'ouvre la porte, si bien qu'elle se trouve nez-à-nez avec l'infidèle.
mouvements félins quand elle se recule pour le laisser entrer, alors qu'elle l'observe de plus près. costume froissé. mine paumée. encore des soirées à ingurgiter tout ce qui passait. 'did you give the keys to our room to your new girlfriend?' est la question qui suit le mouvement. voix calme et mesurée alors qu'elle toise clyde de son mètre soixante-six. jules n'a jamais été très imposante de nature avec ses épaules frêles et ses traits enfantins. mais il y a quelque chose dans sa posture, un étincelle dans le regard qui laisse supposer qu'elle n'aurait aucun remord à le faire tomber.

'france, uh? what about me? do you really think i'm gonna play the housewife while you're having fun in fucking france?' et elle n'élève pas la voix, jules, mais il suffit de compter le nombre de mots déplacés qu'elle a crachés pour deviner qu'elle est définitivement prête à exploser.
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message posté : Sam 10 Juin - 2:29



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Dans la faible lumière qui s'échappe de la porte encore fermée, Clyde se demande ce qui le retient de ne pas se conduire plus simplement. De continuer à naviguer sur les haines du passée, et à se rouler dans les conduites de l'adolescence puérile et gâtée des enfants de stars. Il pense à la femme de l'autre côté de la porte, dont il est certain d'entendre la respiration. Dans ces quelques secondes, c'est une remise en question millénaire qui s'impose, qui se fait dans l'esprit embué qu'il a trimballé depuis la France. Et elle se bouscule aux mensonges qu'il invente, pour ne pas avoir à répondre aux questions des autres, et à celles qu'il se pose lui aussi.

Quelle est cette haine ?
Quand va-t-elle s'épuiser ?
Qui déteste-t-il ?


Mais celles-ci resteront en suspend, car la porte s'ouvre sur ses supplications. Il n'aura pas le temps de se demander si cette vengeance d'un fils au père, du désespoir du fils à la mère n'est pas périmé et inutile après tant d'années. Et sans doute que l'occasion de se poser cette question ne se représentera plus jamais. Car il y en a une autre qui se pose à lui, directement, d'une manière qui le glace. Il n'ose pas lui dire comment c'était, car il y a tristement rien à dire.

En en posant ses yeux sur son visage, il a oublié les histoires qu'il avait tissées sur le chemin, ressassées dans les magasins et en commandant un martini. Avant même qu'elle ne continue à parler, il est évident qu'elle sait. Pas encore aux yeux de Clyde, qui pataugent entre lumières et obscurités. Et c'est quand il entend l'inévitable qu'il a l'impression de sombrer.

New Girlfriend.

Il n'ose pas la regarder, même si elle est belle et superbe dans des apprêts de reine. La vérité n'est pas comme les films, on ne regarde avec du désir la femme bafouée en espérant qu'elle laisse passer. Dans la dure réalité, on fait face aux actes injustifiés, démesurés. Il pense pendant quelques secondes à lui tendre le paquet qu'il a dans ses mains, avant de le poser sur le premier meuble venu, et écraser sa cigarette dans un cendrier. Ou un plateau décoratif, il n'en a aucune idée.

Les reproches tombent, justes et clairs et il s'assoit au bord du lit. Il a les yeux baissés, et tremble presque.

"I-I didn't fuck France, or anyone."

La phrase n'a pas de sens, et il tend la main vers le paquet de cigarette de Jules. Le temps est long dans la recherche de se briquet, ses mouvements rendus lents par les excès.

"How did-id you ? Jules, we nearly kissed, we... Oh my, I touched more the coke than her body, I didn't..."

Les justifications sont lamentables, et il aimerait se cacher derrière la fumée épaisse de la cigarette. Ou bien n'être jamais parti de Paris, où il aurait pu jouer au poivrot dans un bar jusqu'au restant de ses jours. Le coma éthylique semble tout à coup une option merveilleuse, regrettée. Mais il la regarde finalement. Et oh oui, il préférerait mourir sur le champs que de vivre les prochaines heures.

"How do you know ?"

Et c'est ce qu'il se demande, plutôt que de s'intéresser au mal qu'il lui fait.
   MAY
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message posté : Sam 10 Juin - 13:53


il est assis au bord du lit, clyde, un peu comme il l'est souvent: l'air culpabilisé du condamné qui se dirige lentement vers l'échafaud. et ça l'agace, jules, parce qu'il a fait un pas de travers, il s'est mis la corde autour du cou et n'a pas le droit de paraître surpris quand elle commence doucement à se resserrer pour l'étouffer. 'you can't fuck a country, dumbass.' qu'elle lui rétorque simplement. il prend le paquet de nicotine qu'elle cache dans la table de chevet, doigts tremblants, et s'accroche à une foutue cigarette comme si le clou de cercueil entre ses doigts allait le sauver de la perdition. il cherche, longtemps, le briquet, et elle attend, longtemps, qu'il se mette à parler.
cela dit elle n'est plus trop sûre de vouloir l'entendre avec ses pauvres demi-excuses ratées, maintenant qu'elle le voit; il est tellement imbibé qu'il doit transpirer l'alcool. tellement imbibé qu'il sait à peine ce qu'elle dit, qu'il ne se rappellera de rien après son coma éthylique de quelques heures.

'i don't care what you did or didn't... besides, i know where your tongue has been and it's enough. i'm done.' elle hausse les épaules, un peu dramatiquement quand on sait qu'il n'y a qu'elle et l'épave, qu'elle et l'infidèle dans la grande chambre d'hôtel. elle s'apprête à faire demi-tour, prendre son sac et fuir leur résidence tout comme jace a fui la maison et papa a fui la vie. parce qu'elle l'a dans le sang, le chaos de la course poursuite. parce qu'elle a beau être loyale, la môme, elle a dans les veines un bon concentré de lâcheté qui l'implore de se casser.
sauf que clyde relève les yeux, un peu vides et opaques, et lui demande comment elle sait.
'are you kidding me? how do i know? how is that relevant? YOU made a mistake. YOU humiliated me and now you have the nerve to ask me that?' les questions s'enchaînent, les yeux se font orage et ses poings se resserrent. il est encore temps de le foutre à la porte et de fermer derrière lui: après tout, l'idiot n'a toujours pas ses clés sur lui.

'a guy was there. saw you. took pictures.' qu'elle avoue finalement en s'appuyant contre le mur, les yeux plantés un peu partout sinon sur lui. la simple idée de savoir qu'il avait les mains sur une autre suffit à la rendre malade, or clyde n'a pas l'air plus dérangé par la nouvelle que ça: non, le garçon s'inquiète parce que son secret a fuité. parce qu'il pensait s'en sortir sans réprimandes, avec un sourire et un merci pour le vin qu'il n'a jamais ramené.
'i was going to tell you, oh next time, but there won't be one. i'm tired clyde.' les mots qui ont un arrière goût de finalité alors qu'elle fait demi-tour marche, ses doigts agrippent le téléphone, mouvement délicat quand elle ferme la robe de chambre et place le combiné dans une des poches. puis la jeune fille se dirige vers la salle de bain. un verre d'eau et un comprimé posés sur sa table de chevet parce qu'elle ne s'arrête jamais vraiment de s'inquiéter, jules.
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message posté : Sam 10 Juin - 14:59



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Il n'avait pas à un seul moment réfléchit aux conséquences, il avait oublié qu'à montrer ses blessures il blessait les autres. Il ne prend pas conscience des mots qui lui pendent aux lèvres, des actes qu'il retient et commet. S'il est un enfant encore aujourd'hui, il n'en a pas l'innocence ni le respect pour les autres. Clyde se complait dans ses erreurs, les pourfend et détruit la confiance qu'ont les autres en lui, sans jamais s'arrêter. Il pense mériter l'attention et l'amitié des autres, en pensant qu'il suffit de donner des sourires et des attentions légères en retour.

Et il contemple aujourd'hui le mal qu'il cause.

L'alcool et les mots ne vont pas ensemble, et la pièce tourne autour de lui. Les phrases l'enserrent tant qu'il se croit étouffer, et sa culpabilité est une couverture trempée qu'on lui pose sur les épaules, et qu'aucune main ne sait enlever.

Il serait injuste de détester le paparazzi, qui lui ne faisait que son devoir d'information. Cet homme n'est pas l'auteur de cette scène qui prend place dans la suite d'un hôtel de Philadelphie, et ignore sans doute tout des drames causés.

"Jules, I-I couldn't even get a boner, I didn't do more than kiss her. That's..."

Les mots sont débiles dans sa bouche, et il se demande ce qui se passe entre ça et son cerveau pour que rien ne sonne juste. Il n'y aura pas de prochaine fois. Clyde ne sait pas ce qui se brise en lui, si c'est le corps tout entier ou simplement une région proche du cœur. Il manque de défaillir, quand il la voit prendre son téléphone avant d'être à moitié rassuré de la voir se rendre dans la salle de bain.

Dans toute la difficulté d'un corps embué, il se lève et se tient dans l'embrasure de la porte. Il aimerait lui donner des raisons, mais il ne s'en trouve aucune. Désemparé face à l'horreur de ses actes, il pourrait pleurer à la regarder faire un geste simple comme boire un verre d'eau. La triste vérité est qu'il n'y a rien qu'il peut dire qui puisse apaiser ses gestes, ne pas les aggraver. C'est une piste glissante qui n'a aucune issue.

"There's not way to explain what i just did, there's nothing to lighten my doings."

Il ne sait pas où se mettre, avec sa cigarette qui laisse des cendres partout. Alors il s'assoit sur le rebord de la baignoire, espérant y trouver la fraicheur dont il a besoin. Il se débarrasse de sa veste, qu'il garde sur ses genoux.

"I left with that girl for no reason, without caring of who she was really. All I saw was what she endured in the past, how broken she was. It was an echo to my own suffering, only that. She tried to kill herself so many times, it reminded me of the many times I wanted to, and she was a promis of self-destruction."

Il n'ose pas plus la regarder maintenant qu'en dans la chambre. Et sa voix semble cassée quand il parle.

"Jules, I don't know why I did that. My flaws are bigger than my fucking ego, I just messed up to a point of no return bu-but..."

Il aimerait lui dire qu'il espère que ce n'est pas fini, qu'elle compte plus à ses yeux qu'aucune autre fille sur terre. Mais ce serait trop dire, ce serait considérer des mots qu'il n'a jamais confié à personne d'autre que lui-même.

C'est sans doute l'équilibre ou les muscles qui le lâchent, mais Clyde glisse du bord de la baignoire jusqu'à son fond. Au moins, il est certain qu'il ne tombera pas plus bas.

"And this is even not the worst of what I've done to you. I fail as a partner every second."

Il se masse l'arrière du crane, et se concentre sur le bas de la robe de chambre de Jules, c'est tout ce qu'il ose regarder. Le mégot de cigarette finit par être abandonné, fumant encore légèrement entre des doigts distraits.

"I never listen, I never pay attention. Your life is probably way sadder than mine, and I'm always the one crying."

C'est ce qu'il décide de lui dire, plutôt que d'avouer qu'il pourrait dire non à l'âme sœur pour elle.

   MAY
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message posté : Sam 10 Juin - 15:44


'oh great!' qu'elle s'exclame finalement, les bras relevés pour appuyer les termes qui coulent de sa bouche comme de la lave en fusion. 'so you didn't fuck her because you couldn't, not because you didn't want to. thanks clyde. it means a lot.' elle continue de parler après ça, explique qu'elle est fatiguée avec une voix qui défie toutes les lois: un timbre bas, presque écrasé par les responsabilités qu'il ne cesse d'accumuler sur ses épaules frêles. jules était partante pour faire de la vie des vieux bridgestone un enfer, parce qu'elle est faite pour le chaos. parce qu'entre ses doigts, toute destruction a des airs d'oeuvre d'art. mais elle refuse d'être le jouet de clyde. d'être sa nouvelle erreur, son dernier regret, son ultime caprice. ils étaient censés être deux mais elle se sent un peu seule, qu'importe qu'il soit dans la pièce, qu'importe qu'il la suive dans la salle de bain et s'installe dans la baignoire et attende sagement qu'elle hurle. il est là mais il joue l'épave, avec ses pupilles dilatées et ses mots à peine prononcés.

elle fouille des les tiroirs avec des gestes lents, mesurés: pas question qu'elle perde son calme légendaire pour quelqu'un comme clyde. elle tire une plaquette de médicaments, vérifie que ce sont les bons, et avale les calmants à l'aide d'un verre d'eau. puis elle inspire et se tourne vers lui. attend le i'm sorry qui ne quitte jamais vraiment ses lèvres. 'is it why you married me? because you thought i was just an echo of you? oh boy, that would acually make sense. they paid me to listen and stay silent so you thought, yeah, that's the kind of girl i need.' les yeux qui se ferment, longtemps. elle repense à la première fois où ils sont se rencontrés. clyde était une opportunité qu'elle a capturée de ses doigts, de ses lèvres, de ses mots. c'était facile, presque trop. puis il lui a demandé de l'épouser et franchement, qui était elle pour refuser? il lui offrait tout ce qu'elle rêvait sur un plateau d'argent incrusté de diamants. non, tout a dérapé quand elle a commencé à l'apprécier. quand elle a oublié qu'il n'était rien de plus qu'un client dont le paiement était constant. elle soupire, encore, avant d'enchaîner: 'this girl. she didn't deserve what you did to her. do you even remember her name?' le neither do i reste silencieux bien que violent contre les carreaux des murs de la salle de bain. espace cloîtré dans lequel elle se sent enfermée: un peu comme ce mariage. un peu comme cette relation. parce que clyde la quitte quand il le veut, il part à paris avec à son bras une jolie fille et mime l'idylle pendant quelques jours. puis il revient et recommence. et c'est toujours la même machine infernale. mais jules, elle n'a pas d'autre choix que d'être là, que d'étudier pour ne plus dépendre de lui, pour avoir sa propre vie.

'the thing is, clyde, you have been talking for the past two minutes and not once you've said i'm sorry. because you're not. the only thing you're sorry for is the fact that you've been caught. and that's not okay.' le dos appuyé contre la surface plane la plus proche, elle le fixe avec de grands yeux concentrés. 'i don't care if you're always whining. i don't care if you're sad or if you don't pay attention or if you fail at being a husband. it doesn't matter. it isn't about you, clyde. it's about me. were you really going to come home to me and lie about what happened there?'  qu'elle demande finalement, avant de s'approcher de la baignoire et de se laisser glisser au sol pour être à sa hauteur. il n'a plus d'autre choix, alors, que de détourner les yeux ou la regarder.
et comme bien des fois, elle aimerait que ce soit elle qu'il regarde. qu'importe son taux d'alcool dans le sang. ou de drogue. ou des deux. elle voudrait que malgré le brouillard, elle soit le seul phare qui attire ses yeux.
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message posté : Sam 10 Juin - 17:18



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Il y a des mots qu'il ne connait pas, pour les avoir jamais prononcés ni vraiment entendus. Ces mots dont il trace les formes du bout des doigts, sans être certain des sons qui les compose. C'est tout juste s'il sait les écrire, Clyde. Chez lui, on ne s'excuse pas pour mettre fin à une peine et on la laisse simplement s'effacer par les bienfaits du temps. Et si jamais celle-ci vient à ne jamais disparaître, il n'y a plus aucune solution qui s'offrent à eux. L'expérience lui a montré qu'il n'y a rien que le silence et que le temps ne sauraient soigner, bien qu'il n'est pas certain d'avoir la patience. Il ne veut pas d'une guerre qui éloigne ce mariage fragile d'un bonheur absolu.

Il est accablé dans sa baignoire, quand elle dit qu'il l'a simplement choisie ce soir-là pour ses capacités d'écoutes. La vérité est qu'il n'y a même pas pensé, bien que son métier lui est apparu comme une évidence. C'est inexplicable, le premier regard qu'il a eut sur elle. Un regard tel qu'il avait espéré voir les mots qu'il lui a adressé au creux de ce coude sur lequel il avait glissé ses doigts. Il aurait aimé la voir remettre ses cheveux en place et lui effleurer le derrière de l'oreille et prononcer les quelques mots magiques qu'il n'attendait plus.

"If I wanted a fucking sugar baby, I would have been married since ages. You already know why I talked to you that night, for the simple reason you looked like a queen without a kindom."

Les mains tremblent mille fois.

"I'm not interested in a silent wife, nor am I in someone that's just like me. "

Le sujet de cette autre revient comme une claque, qu'il aurait aimé pouvoir éviter. Mais il n'en a rien à faire de ce qu'il a fait à cette inconnue du bar, à cette étrangère dont il ne se souvient de rien si ce n'est des tristes stries sur la peau. L'un et l'autre ont cherché l'impossible, et des émotions qu'aucun des deux n'avaient envie de ressentir. Ils ont forcé l'escapade amoureuse en se prenant pour deux stars de la chanson qui feront une overdose dans une chambre d'hôtel à moitié détruire. Certains rêvent de tomber l'arme à la main, et d'autres préfèrent à toute chose la douce inconscience d'un cœur qui s'arrête, noyé.

Jules a raison sur toute la ligne, et c'est ce qui rend les paroles difficiles. Il est seulement désolé d'avoir été si indiscret, pas de l'avoir blessé. Mais il l'est aussi, car il ferait tout pour revenir en arrière et que rien de tout ça n'ait perturbé leur quotidien.

C'est encore plus dur quand elle est tout près de lui qu'il peut sentir son parfum. Il aimerait prendre cette main dans ses doigts, et l'amener contre sa joue. La serrer, ne plus la lâcher. Mais il est certain qu'il a perdu ce droit à l'instant même où il est parti sans prévenir.

"Like I said, a fucking big ego."

Il la regarde, et il pourrait pleurer. Elle est une merveille qu'il n'a rien fait pour métier, et qui pourtant n'est pas encore partie avec ses affaires.

"Yes, I would have lied to you. I would have told you how boring was my friend, how i spent the night helping him with his lines. And I guess I would I've been ok with this, thinking that because I did not finish what I started I did no harm to anyone."

Clyde aurait pu ajouter qu'elle pouvait lui demander de partir si elle le voulait, mais il aurait trop eu peur de la réponse. Et plus il peine à la regarder, plus rester ici lui est insupportable. Il aimerait partir, mais qu'elle reste. Qu'elle ne le quitte jamais.

"Oh fuck..."

Il lui en faudrait peu pour pleurer, ou pour partir en courant et en hurlant.

"I can't stop thinking about you Jules. "

Il choisit de ne faire aucun des deux, de simplement retrouver son calme dans cet océan de désespoir et de mauvaises idées. Et c'est une question qu'il s'est posé le lendemain, et qu'il a vu la terrible menace des ces mots sur ses hanches.

"What are you still doing with a crybaby like me ? I'm not the only heir that has fallen for you."
   MAY
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message posté : Sam 10 Juin - 17:55


'the thing is, i don't know what you want.' lui répond simplement la demoiselle après avoir posé le verre sur la céramique. il faut qu'elle fasse volte-face, qu'elle se tourne, le fixe et réclame quelques réponses. elle sait que d'une certaine façon, c'est le rôle dont la situation l'incombe. mais à quoi bon? peut-être qu'il se décidera à répéter les mots sans qu'ils aient de sens, peut-être qu'il décidera de prendre la porte et de ne revenir qu'une fois qu'elle sera calmée. peut-être qu'il va décider qu'elle est bien mignonne, jules, avec ses demandes et ses ordres, mais qu'au fond, il fait ce qu'il veut et il ne lui doit strictement rien. la situation est un cercle vicieux dont ils ne sortiront jamais vraiment.
'i thought you wanted me.' et la déclaration sonne un peu plus comme jules qui fait les magasins et la fête et qui boit, danse, fume comme s'il n'y avait pas de lendemain; le supplice, le caprice, capturé entre ses lèvres comme un murmure acidulé. elle le dit comme elle dit la plupart des choses: avec une honnêteté qui écorche et qui fait mal. 'but i'm not sure even you know what you really want, darling.' sourire un peu triste qui traverse son visage comme un mirage avant qu'elle ne reprenne une mine égale.

elle se laisse glisser jusqu'à lui, s'abaisse à son niveau pour qu'il n'ait pas d'autre choix que de la voir. elle hoche la tête quand il lui raconte, quand il lui explique, parce que jules le préfère cent fois honnête plutôt que charmeur. c'est difficile de l'entendre marmonner le mensonge parfait, difficile de se demander combien de fois il a joué la comédie ces six derniers mois et combien de fois elle l'a cru. mais elle préfère cela audit mensonge qu'il aurait pu concocter. c'est plus facile d'entendre les horreurs de sa bouche. parce qu'elle s'y attend, parce qu'elle le connaît et que ça? c'est du clyde tout craché. 'from now on, i want you to be honest with me. i want to know. even if there's a girl.' puis plus doucement, de façon moins autoritaire et peut-être plus incertaine. 'especially if there's another girl, okay?'
et ses doigts viennent se glisser dans les cheveux à peine coiffés du garçon, qu'elle ramène doucement en arrière avec un sourire fatigué. c'est dans ces moments-là où elle se demande si ce serait aussi compliqué, si clyde était son âme-soeur. la toute première fois qu'elle l'aurait vue, il aurait glissé sur sa main sur sa taille et lui aurait chuchoté les mots magiques à l'oreille. est-ce qu'il aurait encore l'envie d'aller voir ailleurs? est-ce qu'il supporterait vraiment l'absence?
puis il lui dit qu'il pense à elle, qu'il ne peut pas s'arrêter, et ça lui décroche un sourire triste: 'i was right here, clyde. where were you?' la question ne demande pas de réponse: ils savent tous les deux où il était et ce qu'il faisait, qu'importe qu'il ait pensé à elle ou non durant ce laps de temps.

quand il lui pose la question, un vrai sourire vient se glisser sur ses lèvres pour y rester. elle hausse les épaules, un peu vite. 'i have no idea. but stop making me regret this poor decision.' et juste comme ça, la princesse est debout, une main tendue vers son mari pour l'aider  à se redresser.
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message posté : Sam 10 Juin - 23:30



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Si Clyde savait ce qu'il voulait et qu'il s'y tenait sans détours, le monde serait bien plus simple. Au milieu de ses désirs confus trône depuis quelque temps une constante sans laquelle il s'effondre et qu'il n'ose pas véritablement s'avouer. Même dans la lumière un brin trop blanche de cette salle de bain, même contre le froid de la baignoire il n'ose pas se confronter à la réalité. Peu importe la manière dont elle le regarde entre la sévérité et la blessure ouverte, peu importe s'il a perdu en cet instant la possibilité qu'elle l'aime un jour sans condition, elle est là en face de lui.

"I want you, I'm describing you. I don't give a damn about what you did for a living, as I would have done the very same just to keep my head out of the water. "

C'est évident que c'est elle qu'il veut, juste elle. Quand elle revient le soir, même si c'est pour se plonger dans des livres bien trop compliqués pour lui et le supplier de se taire dès qu'il ouvre la bouche, Clyde se sent léger. D'une oreille attentive, il guette à chaque instant le bruit de ses talons sur le marbre du couloir, et sait reconnaitre entre mille la manière qu'elle a de fouiller dans son sac pour ses clés.

C'est la tristesse sur son visage qui l'a poussé à avouer.

Puis elle est près de lui, conciliante dans un moment où elle ne devrait pas l'être. Elle l'écoute et dit des mots si tristes qu'il se sent tomber. Il la regarde avec désespoir, de voir qu'elle voudrait l'honnêteté à ce point, de voir qu'elle serait prête à vivre ça. Lui, il ne pourrait simplement pas.

"Jules, that was the first and the last time I lied to you, and it's something that I dearly regret. I won't... I won't even think of hurting you that way again."

Ce n'est pas un mensonge, ce n'est que la vérité. Clyde sert mille fois des contre-vérités et des histoire au reste du monde, quand il s'est contenté d'être honnête avec elle sur un million de points.

Et il s'attendait à devoir partir, la laisser seule pendant le temps qu'elle aura décidé jusqu'à ce qu'elle passe ses doigts dans ses cheveux. La main est douce, et ce geste lui rappelle l'enfance et la tendresse de cette jeune fille au pair. Il se souvient d'elle et de sa passion pour le surnaturel qu'elle lui a transmise à force de mots et d'étranges séries dont il est toujours fou.

"If only that was the first thing you touched, my hair."

Et si seulement les premiers mots adressés avaient été Better this way.... Malgré ce regret exprimé, il sait qu'aucune rencontre ne saura l'éloigner de cette femme qui est la sienne. Il sait qu'il ne tombera pas pour une autre qu'elle, peu importe les circonstances. Simplement car Jules est la première personne à rester auprès de lui, et à vouloir l'accepter dans ses tristes travers.

Peu importe Paris.

C'est un sourire commun, quand elle parle de ce mariage et de cette décision si injustement qualifié. Et c'est une émotion forte et belle qui le submerge quand elle lui tend sa main. Il la prend, et s'aide de son bras libre pour se sortir de la baignoire. Même si c'est trop tôt, même si c'est un geste qui ne va pas avec la situation, il l'attire dans ses bras une fois débout.

Un chaste calin,
Avec ses bras autour de ses épaules et de sa taille,
Et le nez dans ses cheveux.


"I loved you a lot in that white dress."

Il continue avec une voix plus douce.

"I'm sure that wherever she is, Blair Waldorf is crying over her pale blue Elie Saab dress."
   MAY
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message posté : Dim 11 Juin - 0:50


'i'm not going to trust you for a while.' sont les premiers mots qui quittent ses lèvres après un court silence. elle a le regard rivé sur lui, sur sa mâchoire dessinée, ses pupilles dilatées, son éternel air mourant et désespéré. elle, elle a le regard perdu et l'impression de se noyer dans un pardon qu'elle refuse d'accorder. elle s'y essaie, tout du moins, parce que c'est difficile de lui en vouloir quand clyde commence à se lamenter. 'and if you ever do that again, i'll leave and i won't come back. capische?'

puis une autre pause qui s'étire, un sourire, et sa main qui vient se perdre dans les mèches brunes. il a les cheveux doux, clyde, chose qu'il doit sans doute aux heures passées dans la salle de bain. il n'empêche, il doit y avoir une horde d'adolescentes derrière les portes de leur chambre qui doivent leur vouer un culte. ils sont soyeux et ont une jolie façon de capturer la lumière qui laisse souvent la môme pantoise. (et un peu jalouse.)
'it would have been easier, right?' s'ils avaient été âme-soeurs et destinés à s'aimer pour toujours. elle n'en est pas bien sûre, cela dit, ce qui explique aisément pourquoi la remarque a des allures de question.

puis elle se redresse facilement et emmène clyde avec elle. le remet sur pieds, comme souvent; la paume de sa main contre la sienne. ses longs doigts entourés autour de son poignet alors qu'elle le tire vers les sommets. c'est beau, comme image, si seulement elle avait aussi des allures de présage.
aussitôt sur pied, le jeune homme l'agrippe; un bras autour de ses épaules, l'autre autour de sa taille. elle est prise dans un étau qui, pour une fois, n'a pas les allures d'une prison. nul doute que si elle voulait s'échapper, clyde la laisserait s'envoler. c'est peut-être ça, leur problème. ils sont toujours persuadés que l'autre compte s'évader à la première occasion présentée.
'it's better this way, though.' qu'elle lui chuchote gracieusement à l'oreille, la voix rieuse, le sourire goguenard. parce que jules ne croit qu'à moitié aux âme-soeurs. elle ne pense à l'auteur des mots sur sa hanche qu'aux instants où clyde dérape. l'âme-soeur a des allures de plans de secours si jamais elle devait vivre sans le garçon niché entre ses bras. 'just you and me.' qu'elle avoue avec un sourire amusé, alors que ses bras viennent doucement entourer la nuque de l'infidèle, une main toujours perdue dans ses cheveux.

quand il mentionne blair d'une voix grave, un rire cristallin s'échappe de ses lèvres pendant quelques secondes. mais c'est assez pour marquer le début de la paix. et alors que des doigts jouent toujours dans les mèches brunes, elle enchaîne: 'blair must be, i was hot in that dress.' et s'il avait eu les yeux rivés sur elle, un clin d'oeil aurait surement suivi la remarque.
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message posté : Dim 11 Juin - 2:27



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : La situation est un million de fois plus douce dans ses bras, et l'est encore plus en cet instant. Avec Jules qui a ses lèvres près de son oreille et qui l'enchante en une phrase à peine, et les fins doigts qui se perdent dans ses cheveux. Il comprend quand il la voit de loin, quand elle est tout contre lui pourquoi aucun homme, et aucune femme n'arrive à en détacher les yeux. Pourquoi elle fascine d'une attitude, pourquoi elle capture le cœur de cacun de la manière dont elle a de danser à celle qu'elle a de vous sonder sans un effort. Elle est bien plus précieuse que la pierre à son doigt, et il espère qu'elle le sait car il ne lui dira sans doute jamais. Il y a des phrases qu'il préférait ne jamais voir à dire.

"And if someone ever comes to me and tries to stroke my hair, I'll punch that stranger in the face before any words come out of it."

Mais il en laisse échapper d'autres, plus légères, toujours dérisoires, mais quelque part plus précieuses. Et quand elle parle d'eux deux, d'eux seuls Clyde rougit. L'un et l'autre, comme une évidence. Il est heureux qu'elle ne puisse pas voir ça, car il est certain qu'elle aurait pris ce sourire qu'on réserve aux enfants qui disent des bêtises : entre la sympathie et l'envie de rire doucement.

"Is that the moment where I'm supposed to ask if you want to adopt a child and make a do- wait ? Isn't it the other way around ?"

C'est pour entendre son rire encore une fois qu'il dit des choses aussi bête. Il voudrait l'entendre mille fois, comme quand ils s'accordent sur la victoire de Jules en blanc contre Blair en bleu. Bien qu'il n'y ait rien de plus agréable que cet instant, bien qu'il aurait aimé se blottir au creux de son cou pour le restant de ses jours - et vivre avec un torticolis dingue, son corps malmené le rappelle à l'aide. D'un geste un peu pressé, il brise l'étreinte pour se diriger vers le lavabo, auquel il boit l'eau à même le robinet.

C'est un soulagement immense aux premières gorgée.

"I'm sorry for putting an end to that marvelous moment but my body was craving for water."

Qui se remplace par un véritable effroi quand il croise son reflet. Le teint un peu trop pâle, les yeux presque trop cernés : cette mine répond au moins à la question qu'il s'est posé plutôt, à savoir s'il avait réussi à dormir dans l'avion ou non. Il s'inspecte sous tous les angles avec une mine horrifiée avant de se tourner vers sa femme.

"I wandered in Philaldelphia with that fucking face ? Jules, I look just like my grandmother without makeup."

C'est une tragédie douce par rapport à celle qui vient de se dérouler, et il est difficile de savoir si c'est simplement Clyde qui en rajoute pour faire l'imbécile, ou s'il est véritablement sérieux. Une chose est certaine est qu'il cherche le regard de Jules en guise de soutient.

D'une main distraite, il sort de sa poche de pantalon les frasques de la nuit d'avant. Du bout des doigts, et à la lumière de la salle de bain il inspecte les restants de cocaïne.

"Kate Moss was right when she told me that this little white bitch destroys beauty. I'm not sure whether she meant it that way, or because a model passed out one week before of an overdose."

Il eut un mouvement d'inconfort avant de laisser tomber le sachet dans la cuvette des toilettes. Et une demi-seconde d'hésitation avant d'actionner la chasse d'eau, et de faire disparaître un gramme cinq dans la plomberie de Philadelphie.

Ce n'est pas seulement pour cette beauté qu'il se plait à préserver, mais c'est pour dire qu'il est un meilleur homme ce soir qu'il ne l'a jamais été dans toute sa vie passée.

Il tend la main à Jules, sans aucune raison. Juste pour être certain qu'il n'a pas rêvé cette paix soudaine.

"But don't get me wrong, sweet thing, I'm only doing this for the sake of my instagram followers."

   MAY
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message posté : Dim 11 Juin - 19:46


ses doigts tracent des lignes inconnues entre ses mèches brunes pendant un moment, juste assez pour qu'ils reprennent tous deux leurs esprits. ce n'est pas une dispute, pas vraiment; il aurait fallu que clyde hurle, que clyde se défende, que clyde mente comme un arracheur de dents pour que cette scène soit qualifiée comme tel. mais c'est malgré tout un désaccord qui se drape d'un voile noir pour qu'on l'oublie et jules sait que la scène reprendra demain ou dans deux semaines, parce que les choses sont souvent comme cela entre eux. c'est un modèle qu'ils suivent à la lettre, comme des enfants refusant de colorier en dehors des cases.

'be careful. their mark might be 'go away', tattooed in the middle of their face.' qu'elle ajoute avec un sourire mi-rieur, mi-inquiet qu'il ne peut guère voir et surement pas entendre. ce serait définitivement plus simple si les mots se trouvaient imprimés comme cela: ainsi jules n'aurait qu'à tirer sur le bras de clyde pour qu'il évite à tout pris la silhouette inconnue. elle n'aurait aucun mal, la môme, à reconnaître l'écriture de son mari sur le visage d'un autre. mais jules doute sincèrement que quiconque étant destiné à clyde n'ait autre chose que des mots délicats gravés à un endroit à l'abris des yeux indiscrets. parce qu'il est comme ça, bridgestone. et quoi qu'elle ait envie de s'inventer comme fantaisie, cela reste la vérité contre laquelle elle ne peut rien.

les mots chantent dans sa bouche quand il reprend un ton léger: il parle d'enfant et s'apprête à entamer le sujet des animaux de compagnie quand jules se rend compte de la bêtise. elle s'esclaffe, mi-rieuse mi-moqueuse, mais ne prend pas la peine de rouler des yeux puisqu'il n'est pas là pour la voir exaspérée. (chose qu'elle est bien trop souvent, en y repensant.)
'we can make a dog if you want. as for the child, you're on your own. there's no way i'm having a kid with you. the poor thing would know how to do drugs before knowing how to speak.' peu après ça, le mari quitte ses bras et elle ne le retient pas, amusée. son dos vient trouver le pan de mur le plus proche alors qu'elle l'observe, d'abord ouvrir le robinet, puis pencher plus ou moins maladroitement la tête sous le jet pour boire. quand il s'excuse, elle balaie ses mots d'un geste de la main mais elle n'a pas le temps de plus car monsieur se regarde et l'écho de son image s'offusque dans le miroir. 'you have seen better days, yes. but... well, if you want makeup, i can help.' et la sirène hausse les épaules, sourire goguenard. elle a beau avoir proposé une trêve, cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas encore énervée. et quelque part, une petite partie d'elle est sacrément satisfaite qu'il ait eu cette tête depuis son arrivée à philadelphie.

clyde parle, sort de ses poches un sachet caractéristique qui accroche immédiatement les yeux de jules. il n'est pas sérieux, quand même? une ligne, là maintenant? mais la question ne dure pas puisque clyde parle un peu plus et tend le bras vers les toilettes, au-dessus desquelles il jette le sachet. hésitation, puis le gramme disparaît dans les profondeurs de l'hôtel comme si de rien n'était.
sourire un peu fier, un peu étonné sur les lèvres colorées de la princesse. quand la main tendue s'approche d'elle, la môme n'hésite pas et entrelace ses doigts aux siens.

'i'm sure your followers will be glad. and kinda proud of you for what you've just done.' un clin d'oeil qui laisse aisément supposer qu'elle parle difficilement des suiveurs virtuels qui aiment ses photos à longueur de journée.
puis la main qu'il tient le tire vers la chambre, avant que celle-ci ne l'abandonne pour fouiller dans l'armoire. 'now, enough talking. i'm hungry and it's mostly your fault. so we're going to the restaurant and darling, you're paying.' avec cela, elle plonge la tête dans les vêtements et les chaussures, l'air concentré. 'you might want to comb your hair or something, by the way.'
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message posté : Dim 11 Juin - 22:53



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Il pourrait l'adorer jusqu'à la fin de ses jours pour ces quelques mots. Quelques mots qui scintillent dans la lumière de la salle de bain, même s'ils sont un refus qui le peine d'une manière qu'il n'aurait jamais imaginé. Car elle ne le déteste pas pour ses suppositions stupides, et ses rêves qui ne tiennent pas debout pour la simple raison qu'ils sont le fruit de Clyde. Il est évident qu'il serait un père inhabituel, un père doué pour les catastrophes et les déconvenues. Il ose juste espérer, là devant elle et dans le secret de ses pensées, qu'il serait bien moins pire que l'éminent et désintéressé Anthony Bridgestone.

"But what a blessing to the world would be our two faces reunited. Just imagine how cool, classy and sassy our child would be : a piece of art, really."

Quand il s'est confronté à son désastreux reflet, il s'est attendu aux remarques de Jules qui se placent entre l'humour et la moquerie cinglante. Mais Clyde n'aurait cru s'en retrouver qu'à moitié blessé : il aimerait parfois un gentil mensonge, que l'honnêteté parfaite. Et c'est bien cela qui éloigne le mari et la femme, que l'une se complaise dans la vérité et que l'autre trouve des consolations dans les mots inventés.

"Oh please, I'd like to have a winged eyeliner, some rose-brown on my cheeks and a bitchy red on my lips."

Il est vexé, il faut l'avouer. Il aurait aimé entre les mots suivants you still look adorable to my eyes, Clyde. et pour ainsi se les ressasser d'un million de manière quand elle n'est pas là. Ses mains serrent les bords travaillés du lavabo à double vasque avant qu'il ne soupire. Il ferme les yeux quelques secondes. Mais il n'est pas assez orgueilleux pour oublier de prendre son courage à deux mains et de se débarrasser d'un poison qu'il n'a jamais vraiment su quitter.

Les premières nuits en prison lui reviennent, et il se souvient de l'horreur du manque qui l'a tenu éveillé, a serré son estomac au point de ne rien pouvoir avaler. Des instants perdus où il s'est cru rêver, pour se rendre compte que c'étaient ses yeux grands ouverts qui lui mentaient. Mais ce ne sera pas comme ça, aujourd'hui et demain. Car il n'y a personne qui a été presque fier qu'il réussisse à y survivre à l'époque, et aujourd'hui il y en a une.

Puis elle l'entraîne dans la chambre, et il ose presque croire qu'elle ait envie de lui malgré ce qu'il vient de se passer. Jusqu'au moment où elle parle d'aller au restaurant, et de l'état atroce de ses cheveux.

"And I'm not going out in those clothes, I look like a peasant."

Sans complexe, sans jamais aucun il défait les boutons de sa chemise et il la laisse glisser jusqu'au sol. Le pantalon tombe sur ses chevilles, et il s'en va aussitôt vers ses propres affaires. Les yeux naviguent entre bien des tissus, avant d'opter pour ceux qui lui semblent les plus doux au toucher. Il les laisse encore entre ses mains, indécis.

"But - If we're going to eat somewhere, there's a rather crucial question to answer : somewhere where people will see us, or where we would be just... anonymous lovers trying to enjoy the night ?"

C'est aussi une question pour définir cette relation. Sont-ils toujours ce couple quand il n'y a personne pour les regarder, personne pour se délecter de leur superbe ? Si c'est instant égaré de mains croisées dans la salle de bain, et la blessure de Jules laissent à penser qu'elle laisserait ses doigts se perdre dans ses cheveux qu'il y ait des spectateurs ou non.

Mais ce n'est pas seulement pour ça.

"You know, we should think of a way of shutting down any rumours."

Et il n'ose pas la regarder quand il dit ça, alors que c'est simplement à lui de s'en charger. C'est à lui de montrer que ce n'est rien, cette photo volée, et pas à elle se soucier des manigances sociales d'un homme en manque de reconnaissance.
   MAY
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message posté : Lun 12 Juin - 1:58


'the baby would've my fashion sense and your sweet talk.' qu'elle acquiesce sans trop y penser: après tout, ils sont censés durer et jules, malgré ses rêves de grandeur, s'est toujours vue finir avec sa propre famille. elle et clyde, ils sont censés être là dans deux ou trois ans, encore en train de se chamailler pour des histoires qui ne veulent rien dire. si tout se passe bien, cela dit, elle imagine sans mal qu'il y aura quelques additions au décor: l'image de fond de l'hôtel laissera place à une maison qui n'aura pas d'autres souvenirs qu'eux. et à leurs pieds, le chien que clyde aura ramené un soir quand elle avait le dos tourné, parce qu'il était incapable d'abandonner l'idée.

'hm. you would be hot with make-up, darling.' les yeux fermés un instant, parce qu'elle imagine, puis haussement d'épaules rapide parce que jules ne ment jamais. et quoi qu'on en dise, le maquillage n'est pas propriété exclusive des demoiselles. ou tout du moins, il ne devrait pas l'être: la paire de pierres précieuses cachées sous les paupières de clyde mériteraient largement d'être soulignées d'eyeliner, quoi qu'en dise monsieur.

peu après ça, la môme l'emmène avec elle jusqu'à la chambre pour se changer. elle se doute aisément des idées qui passent pas la tête de clyde à cet instant précis, mais elle n'est ni d'humeur ni assez en forme: ces histoires sentimentales l'ont affamées. l'inquiétude et la colère font mauvais ménage pour la sirène qui n'a rien avalé de la journée. il est donc évident que leur prochaine destination soit un restaurant, ou une boulangerie. qu'importe. jules n'a jamais été très capricieuse quand on en vient à son estomac.

'clyde, peasants don't dress with fancy suits...' qu'elle commence avant de tourner la visage pour voir ce que monsieur a décidé d'enfiler. ce qui se résume à pas grand-chose, puisqu'il a fait tomber la chemise et laisse son pantalon suivre le même chemin. et la môme ne manque pas une seconde du spectacle; elle détaille la marchandise avec le coup d'oeil de l'expert et ne peut pas empêcher le sourire amusé quand elle le voit choisir les tissus, un peu à l'aveuglette. ce n'est qu'en l'entendant lui parler qu'elle quitte des yeux ses mains pour se concentrer sur son visage.

il mentionne des rumeurs, et il doit déjà savoir que cela va poser problème parce que clyde détourne les yeux quand il s'exprime. un soupir irrité ou deux plus tard, c'est elle qui prend la parole: 'we can't do anything against it. if i leave you, i'm the dumb bitch who couldn't keep her husband. and if i stay, it's only because i'm after your money.' la voix cassante, qui laisse penser qu'elle n'est plus vraiment là pour ça. que cela doit fait au moins deux mois qu'elle a arrêté de voir clyde comme un porte-monnaie et plus comme une addition dans sa vie: quelque chose d'assez flou et indéfini, certes, mais quelque chose de fixe et constant qu'elle se refuse de perdre.

elle se redresse un peu précipitamment pour sortir une de ses robes préférées de l'armoire, sans oublier les escarpins assortis, avant de lui faire un grand sourire qui ne peut avoir qu'une seule signification: show time. 'i don't care about the rumours. and neither should you.' et c'est à peu près la seule conclusion à laquelle elle arrive car madame est déjà en train de laisser tomber la robe de chambre. cela dit, la sirène fait une pause dans ses mouvements pour s'approcher de clyde et de pointer du doigt un chemise en particulier: 'this one brings out your eyes.' et avec ça, les hanches dansantes, la princesse disparaît dans la salle de bain où elle est sans nul doute en train de vérifier son maquillage et d'arranger une dernière fois ses cheveux.
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message posté : Lun 12 Juin - 3:23



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : D'aussi loin qu'il s'en souvienne, il ne s'est imaginé d'autre avenir que celui d'un homme rattrapé par les années et les excès, cantonné à vivre dans la honte d'une apparence détruite dans un bordel à Bangkok. Parfois, il s'est vu tombant en pleine gloire comme James Dean, bien avant que le monde ne se soit rendue compte de sa médiocrité. Et Clyde considère aujourd'hui les douces couleurs d'une vie moins triste, avant de les laisser s'évanouir avec les autres rêves intouchables. Il n'est pas l'homme qu'il faut pour construire une vie de famille, autant par ses maigres qualités que pour celle de sa famille.

Même ceux qui sont de l'autre côté de l'océan brillent par bien d'autres défauts qu'Anthony et Isabella Bridgestone ne peuvent réunir en un siècle, en affichant des idées si à droite que n'importe qui tremblerait.

"Really ? I've been living with lies during twenty-five years, Jules. I always thought that people wear Armani as a everyday basis."

Clyde ne saurait être plus heureux que dans ces fractions de seconde où elle le chambre, puis laisse ses yeux divaguer sur sa presque nudité. Il rougit presque de l'attention qu'il reçoit, avant d'essayer de l'embarquer dans ce moment de demie gêne qu'il apprécie tant.

"Please wife, show some decency and stop starring at my butt. He's very shy, as you may know."

Puis il y a dans l'air et les mots du mari l'inquiétude du regard extérieur. Les mots des imbéciles, sur lesquels ils vivent pourtant : telle est le triste quotidien de jet-setters. Et il a le cœur qui se sert au ton de sa voix, à ce visage qu'il finit par regarder. La triste vérité est que jamais un homme ne sera blâmée pour avoir trompé, pour avoir fait le pas de trop.

"I can try to sue that man for publishing the picture, if it could change anything. But I will always be seen as the spoiled worthless brat and you as a particularly lucky gold-digger. Saddly, all the bad and the good press in the world, what we may say, none of those are gonna change that perception."

Du bout des doigts, il caresse encore les tissus.

"But - What can cheers us up a bit is that we're here for eachother. And I'll support you and punch in the face every single human who dares to look at the you in the wrong way, or say anything that could hurt you."

Pour un homme qui n'a frappé quelqu'un qu'une fois dans sa vie, ce sont bien des menaces qu'il profère. La première et unique fois où il a levé le poing, c'était à dix-sept ans, quelques jours après que l'affaire des fonds détournés ait éclaté au grand jour. Le gars n'avait rien fait de grave, mais Clyde l'avait entendu raconter de long en large la malhonnête d'Isabella Bridgestone sur les bancs d'une école qu'il avait intégré pour la rendre fier. Et c'est aussi qu'il ne sait pas s'excuser qu'il tourne les choses de cette manière.

Il la sent tendue, même quand elle prend une robe parmi les autres. Même si elle sort les apprêts qu'elle préfère, Jules a l'air de déplacer des montagnes.

Quand la robe de chambre glisse au sol, Clyde n'a plus aucun regard pour les nombreuses chemises qui se bousculent sous ses doigts, et pas plus pour toutes les dorures du monde. Il a ses yeux sur la peau blanche, sur la taille étroite qui se dessine. Sur ses cheveux clairs qui caressent cette peau qu'il aimerait effleurer, et sur ces cuisses qui se rapprochent de lui.

"Huh ?"

Il n'entend rien de ce qu'elle dit, et retient ses mains du moindre égarement. Le spectacle des hanches merveilleuses le laisse interdit jusqu'à ce qu'elle disparaisse et le laisse dans cet état.

La chemise désignée finit par être enfilée, et tous les autres accessoires trouvés. Des chaussures à la montre, du parfum à la manière dont la chemise est rentrée négligemment dans le pantalon, tout a été mis avec précision. Et avant qu'elle ne sorte tout à fait, Clyde se souvient d'un détail qu'il a ramené de Paris.

"I stepped by Chloé, and that's gonna sound so not Clyde-like but I ended up getting a bag."


Sorti de ses enveloppes précieuses, il tient du bout des doigts le modèle Faye, en mini. Crème, doux. Et il est près à partir, avec un paquet de cigarette retrouvé au fond de la table de nuit et sa carte bleue glissée dans sa poche.

"And I think that that bag would be glad to go with us to the restaurant."
   MAY
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message posté : Lun 12 Juin - 19:43


'from where i come from, people have what we call jeans and tee-shirts. you should try, it's pretty comfy.' qu'elle lui lance un peu à l'aveuglette, les mains perdues dans les cintres et les tissus. elle fait glisser les robes d'un côté à l'autre, la mine concentrée, parce que c'est toujours plus compliqué de s'habiller pour clyde: il faut être à la hauteur de son monde. or, six mois plus tôt, jules ne faisait vraiment attention que pour le travail. le reste du temps, la chaussure à son pied était celle qui lui allait et qu'elle pouvait se payer.

ce n'est qu'un peu désintéressée qu'elle relève les yeux, mais ce n'est définitivement pas déçue qu'elle reste pour profiter du spectacle: qu'importe l'alcool et les drogues qu'il s'enfile, monsieur a la silhouette parfaite. c'est donc sans gêne que la demoiselle admire le corps gravé dans le marbre, les doigts perdus dans son tiroir pour en sortir tel ou tel accessoire. 'your butt, darling, is what we call a masterpiece. do you know what we do in front of one? we stare.' semi-moquerie, demi-réalité. il suffit de revenir sur les dernières nouvelles pour se rappeler que personne ne résiste longtemps à clyde. quelque soit son profil, l'idiot a toujours un sacré avantage sur le reste de la race humaine.

'you're not suing him.' la voix un peu dure, catégorique: la tonalité est celle qu'elle a volé à jack quand elle a quitté la maison pour la première fois. c'est celle qu'il a utilisé quand il a hurlé sur jace pour la première fois. pas une haine viscérale mais certainement une furie silencieuse qui menace de tout briser sur son passage. 'he's the only reason why i know what happened in france.' qu'elle explique un peu vite, les yeux qui fuient les siens. 'besides, you won't punch anyone. we both know that i'm perfectly capable of saving myself. actually, you're more a damsel in distress than i am!' sourire goguenard parce qu'elle sait très bien, jules, que si on en venait aux poings, il y a certainement plus de chance que ce soit elle sur le ring.

ses doigts finissent par trouver la robe chérie: une que clyde n'a jamais acheté. à dire vrai, si ces souvenirs sont bons, elle l'a enfilée pour la première fois après avoir reçu son troisième paiement d'un client au sourire charmant qui lui avait fourni un pourboire plus que généreux les services rendus tout au long de la soirée. après cela, jules, comme une grande, s'était rendue dans un magasin auquel elle n'avait jamais eu accès, avait ignoré les regards interloqués des vendeuses et avait pointé du doigt la robe en vitrine. celle qui était visiblement assignée au service client avait essayé de l'en dissuader: après tout, jules n'avait pas encore l'attitude qu'elle a maintenant. elle avait l'air essoufflée, un peu perdue, et presque innocente. mais comme toujours, la môme avait tenu bon jusqu'à ce qu'elle ramène la tenue chez elle.

la robe de chambre tombe au sol sans bruit, si bien que la pièce est plongée dans un silence presque embarrassant: il est évident que clyde a cessé de chercher et elle se demande bien ce qui peut l'avoir déconcentré de son but premier. les yeux qui se redressent et qui tombent sur le garçon, bien que lui ne soit pas exactement en train de fixer son visage. non. le mari a les yeux plus bas et il traque chaque mouvement, jusqu'à ce qu'elle soit à côté de lui et qu'elle ne pointe du doigt une chemise. réponse maladroite de monsieur avant qu'elle ne disparaisse dans la salle de bain.

parfum, robe, chaussures, cheveux, accessoires. une touche de rouge à lèvres pour relever le tout. 'you, getting me something because you did a mistake? yeah, not your style at all.' la raillerie qui glisse de ses lèvres un peu trop vite. si jules a appris une chose de ces six derniers mois, c'est que clyde est tout aussi dépensier qu'elle ne l'est. monsieur a toujours une bonne raison pour acheter.
cela dit, jules a entendu chloé et sac, ainsi que le subtile terme 'gift' que le mari n'a pas employé mais qui était sous-entendu. elle émerge donc parfaitement vêtue de la salle de bain pour s'arrêter, admirer la vue d'un clyde savamment vêtu. 'that's exactly why i married you. you're so damn pretty.' et jules sait bien avant que le mot ne quitte ses lèvres que clyde va refuser le compliment: 'pretty' n'est pas un terme qu'on utilise pour un homme ayant quitté la période adolescente. cela dit, c'est totalement la vérité et jules ne s'empêche jamais de la divulguer.
après avoir plus ou moins dévoré son mari du regard, la princesse prend le temps d'examiner le sac qu'elle vient agripper à deux mains. 'yeah, the bag's definitely coming with us.' puis elle s'approche doucement, démarche féline, regard pétillant, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'une respiration les séparant. à cette distance, elle est presque sûre qu'elle pourrait faire le détail complet des couleurs cachées dans ses yeux. à cette distance, elle n'aurait aucun mal pour l'embrasser. d'un point de vue technique, ce serait même le plus simple, le plus attendu.

pourtant, la môme change de chemin: ses lèvres s'égarent sur sa joue, rien qu'une seconde. 'thanks for the bag.' une pause, un pas en arrière. la tête qui se penche sur la droite, comme souvent quand jules s'apprête à poser une question. 'where do you want to eat? can i drive?'
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message posté : Lun 12 Juin - 21:43



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Leur monde s'est évanoui dans la douceur et la complicité, à la manière dont les mots s'échangent, à la manière dont les regards se délient. Clyde a les joues roses quand elle est aussi cavalière, quand elle ne se laisse pas emmener dans cette gêne dont il n'arrive pas à se dépêtrer. Mais d'autres mots viennent aux lèvres, des problèmes se soulèvent dans l'air épais de leur chambre d'hôtel. Peu importe sa largeur, peu importe les alcôves et la hauteur sous plafond, l'air continuera de lui coller au fond des poumons dans ce genre de situations.

Non, Clyde n'est pas sorti d'affaire, la blessure ne peut pas disparaître en un claquement doigt et une œillade langoureuse. La voix qui se dessine des lèvres de son épouse ne laisse place à rien d'autre que la culpabilité de Clyde. Il le sait, il est conscient : il n'aurait pas dû revenir là-dessus. Mais il le fait quand même, car il n'a jamais appris à réfréner une envie ni à différencier ce qu'il est bon de faire, et ce qui est destructeur.

"A damsel in distress is a kind choice of word, sweet thing."

Il devrait répéter certains mots encore et encore : I did not left out of lust, I never looked at any girl in those six months, and I do not intend to do it for the rest of my days. Mais il ne le fait pas, et c'est aussi simple que cela. Sa gorge se serrerait d'une manière étrange, et les sons butteraient contre son palais d'une façon si inconfortable qu'il préfère ne pas s'y risquer.

Puis la scène change, comme une bobine de film arrivée à sa fin. Il y a le corps qui se dessine sous des tissus qui se retirent, et qui se dévoile pour capturer son regard. Il y a les mouvements fluides qu'il aurait aimé pouvoir capturer avec une caméra, avec une lumière plus sombre et des couleurs pâles. Clyde aurait aimé ce soir, juste ce soir, être autant cinéaste qu'est son père pour pouvoir garder intactes des moments que les souvenirs déforment.

Ils se laissent à leurs apprêts, et se retrouvent autour d'un sac ramené de Paris. D'une excuse lamentable de l'homme coupable qui prend la forme d'un cuir souple et d'une couleur douce. Il a une main derrière la nuque, et l'air passablement gêné. Oh god, why do I keep buying stuff to say I'm sorry ? Bags or shoes can't speak, I don't get why I'm still doing this in 2017. C'est ça qu'il se met à penser, jusqu'à ce qu'elle émerge de la salle de bain.

C'est le même effet que tout à l'heure qui le submerge. Le flottement du décor, et le léger ralenti dont le temps semble souffrir : c'est une déesse qui avance vers lui. Il y a une magie qui s'opère des talons au bout des ongles, et passant par ce visage aux traits fins qu'il est incapable de nommer. Il n'y a rien qui pourrait se refuser à une beauté de cette envergure, et si elle ne s'était pas arrêtée aux côtés de Clyde six mois auparavant, elle n'aurait pas arrêté de grimper. Qu'aurait-elle fait une fois à son sommet ? Et lui, aurait-il regardé en haut d'une montagne dont il ignore tous des enjeux ?

"The first person on earth that told ever how pretty I was is that weird old man from my time in jail. So I don't know I have to freak out or be pleased by what you just said. Does that mean you didn't marry me for my humour and modesty ?"

Il ignore les mots choisis, Clyde a reçu un compliment comme il aurait en avoir un quelques minutes plus tôt, alors qu'il constatait les méfaits des excès sur sa peau. C'était doux, c'était sincère.

"And you're sorta fine tonight. I guess."

L'air détaché est un mensonge, car il y a encore cette lumière qui brille au fond de son regard pour le choix de cette robe, et pour les fines délicatesses qui se dessinent en dessous. Et elle se joue encore de lui, de l'effet qu'elle a sur lui quand elle se saisit du sac qu'elle complimente et s'approche de Clyde. Car il ne la quitte pas du regard, car il a la respiration qui s'arrête quand elle est si proche qu'il n'ignore rien de son parfum.

Mais elle ne l'embrasse pas.
Juste sur la joue.

Il rit, quand elle s'éloigne de lui avec cet air satisfait qu'il croit discerner.

"How long are you going to avoid my lips ? You know how lonely they feel without yours, or something as harmless as you skin."

C'est une supplication autant que de l'humour, même s'il brûle pour ses baisers. Clyde pourrait fondre pour ces expressions de visage, de corps qu'il redécouvrent chaque jour.

"Yeah, that one we went two weeks ago. I can't remember what it was, or what we ate, but they make real' good martini."

Dans cette démarche souple qu'est la sienne, et après avoir lancé les clés de voiture à Jules, c'est la porte qu'il ouvre et ferme derrière elle. Sur le marbre résonnent le bruit de leurs chaussure, et la conversation qu'ils entretiennent.

"We all know how it ended up the last time I drove, so please, keep the keys."

Il n'en a jamais vraiment eu l'utilité, ni tout à fait le permis. Pour avoir grandi avec des chauffeurs et des taxis pris comme s'il s'agissait d'un simple bus, la voiture lui est toujours apparue comme une futilité infinie. Même pour celle-ci, offerte par un de ses oncles pour ses dix-huit ans.

"Plus the fact that you look just like a James Bond girl when you drive it. A delight."

   MAY
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message posté : Lun 12 Juin - 23:54


le mot s'échappe de ses lèvres comme un courant d'air, avec des allures de secret bien gardé. elle détaille la silhouette habillée avec une attention toute particulière: elle remonte de son torse à son cou, laisse ses yeux s'égarer sur sa mâchoire, divague le long de ses épaules pour finir sur ses mains. puis la danse invraisemblable recommence et elle avale chaque détail perfectionné de l'image qu'il renvoie, avec un sourire secret: elle sait, à cet instant précis, qu'il n'est rien qu'à elle. juste pour cette soirée peut-être. il y a toujours une chance que le sort se brise à l'aube, qu'il s'éclipse avec la lune ou se lève avec le soleil. mais avant cela, la magie continue et une pointe de fierté vient l'assaillir parce qu'elle a réussi à le capturer. et si elle lui demandait là maintenant ce qu'il désire le plus ou monde, elle n'a aucun doute que leurs réponses communes serait un 'us, together' vibrant.

'i'm surprised you know the word modesty, actually.' qu'elle chantonne doucement après avoir retrouvé ses esprits, alors que clyde enchaîne avec un compliment désintéressé qu'elle prend pour ce qu'il est: un semblant de vérité qu'il ne veut pas prononcer. c'est difficile de savoir ce que clyde veut dire, parfois. s'il joue le détachement parce qu'il est incapable de sortir de la cave dans laquelle il s'est enfermé, parce qu'il a trop peur de ce que jules pourrait y trouver. ou s'il joue le détachement parce qu'il n'ose pas lui dire autrement qu'elle n'est pas exactement à la hauteur. certains jours, elle penche plus pour cette option-là, parce que c'est celle qui demande le moins d'effort à comprendre. d'autres fois, comme aujourd'hui, elle l'accepte comme un compliment délicat qu'il vaut mieux accueillir à deux mains. sans geste brusque.

c'est pour cela qu'elle s'approche, joueuse, pour s'emparer du sac. c'est pour cela qu'elle est nez à nez avec lui et qu'elle ne recule pas immédiatement: s'il n'était pas tout juste revenu de paris, elle l'aurait peut-être embrassé ici et là. elle n'aurait pas hésité parce que l'envie serait venue naturellement. mais le désir qu'elle ressent maintenant est teinté d'une amertume qu'elle n'est pas sûre de pouvoir faire partir avec quelques sourires.
alors elle n'embrasse que sa joue, doucement, et s'échappe avant qu'il ne puisse réclamer plus.
elle entend son rire et c'est un peu comme les oiseaux un matin d'été ou une douce mélodie durant un rendez-vous romantique. le rire de clyde donne envie que l'instant s'étire à l'infini et ne s'arrête jamais. si elle pouvait, elle le capturerait entre ses lèvres et le garderait là pour l'éternité.

'i'm going to wash your mouth with soap before thinking about kissing you.' qu'elle marmonne sans violence, sans brutalité: c'est plus une boutade qu'une réelle menace. elle lui demande ensuite le restaurant dans lequel il souhaite passer sa soirée et si elle a l'autorisation de conduire sa voiture. elle sait très bien que clyde n'est pas un grand conducteur, mais ne pas demander, c'est aussi s'attendre à ce qu'il appelle un chauffeur. or, s'il y a une chose que jules adore, c'est être coincée dans son petit bijou mécanique sur une route déserte avec clyde pour seul compagnon et la radio comme musique d'ambiance. rien que d'y penser, elle se revoit avec jace quelques années plus tôt.
avant les tragédies.
sourire un peu hésitant, jules retire ses talons et les troque contre une simple paire de nus-pieds, qu'elle ne met habituellement que pour rendre visite à jade. c'est simple, léger, et ne ressemble que peu à la jules que clyde connait. elle troque aussi le gilet de fourrure pour une veste en jean qui date de quelques années: c'est jack qui lui avait offert pour sa graduation. 'you know what? i want to do something else.' une pause, hésitation. 'something special.' elle attrape les clés en plein vol et le suit dans le couloir.

ce n'est qu'une fois bien installée dans la voiture que la môme reprend la parole, un peu incertaine. 'we're going to joe's. not your kind of restaurant but the food is good.' pause. un regard pour la route avant que la machine ne se mette en marche. 'joe was a friend of my father. he will probably give us my favorite booth.' elle tourne le volant, accélère un peu. ne tourne jamais la tête vers clyde parce qu'elle sait pertinemment qu'il est curieux, qu'il veut savoir. mais elle s'attend aussi à la déception qu'il aura, en voyant le restaurant qui n'a rien de ce qu'il connait.
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message posté : Mar 13 Juin - 1:20



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Il aurait aimé qu'elle ait juste visé à un peu plus haut, un peu plus à droite. Ses lèvres contre les siennes, même juste un quart de seconde aurait été un moment comparable au jour de leur mariage. Car ça aurait été chaste, sans promesse d'un autre geste, d'une suivante caresse. Mais l'atmosphère est retournée à sa légèreté, à cette tendresse qu'il ne se serait jamais cru chérir autant. Mais en ce jour, dans cette pièce et dans toutes les autres qui suivront, il est certain de s'en souvenir. Même les jours où il croira déraper, même les jours où il croira avoir le cerveau assez embué pour faire tout ce qu'il y a de mal à faire, il se souviendra de ce baiser manqué.

"That's cruel, in many ways Jules. I'm very much sure that soap is worst for my body than anything else."

Et elle prend une décision qu'elle ne comprend pas. Clyde la voit, dans un coin de miroir dans lequel il se recoiffe, enlever ses hauts talons. Prendre en main de fines chaussures qui ne lui ressemblent pas. Du moins, pas à ce qu'il croit savoir d'elle. La veste en fourrure est elle aussi abandonnée pour une veste qu'il a l'impression de ne jamais avoir vu dans ce tumulte de matières nobles et délicates.

Et dans des gestes qu'il ne comprend à moitié lui aussi, il enlève sa montre et la laisse sur le meuble d'entrée. Pour la première fois dans sa vie, Clyde suit Jules sans réfléchir une seule seconde. Ce n'est plus Heidi Slimane à ses pieds, mais l'unique paire de basket qu'il possède, et n'a jamais possédée. Blanche en cuir, mais toujours moins guindées que ce que Prada peut faire en la matière.

Et il comprend mieux quand elle change les plans, quand elle annonce qu'ils n'iront pas dans un restaurant pour être vu, mais dans un qu'il ne connait pas. Mais il ne pose pas de question, parce qu'il ne saurait pas quoi demandé : la manière dont le visage de Jules se compose laisse à penser que c'est important. Que ce n'est pas seulement un repas ce soir.

"Anywhere."

Ce n'est pas non plus du lieu qu'ils parlent sur le chemin à la voiture, garée dans le parking de l'hôtel. Ce sont des banalités qu'ils échangent dans le bruit étouffé de leurs pas, et des mots que Clyde aimerait lui dire. Tout ce qui sort de sa bouche dans les couloirs se résument à une pensée qu'il a eu du mal à exprimer :

"You look... better this way."

C'est une vérité qu'il ne comprend pas trop. Il s'est toujours imaginé que tout le monde est plus beau drapé dans le luxe, et pas autrement. Jules lui apporte la preuve de tant de contraires qu'il se demande quelles autres de ses puériles croyances seront démystifiées.

Ce n'est qu'une fois qu'elle est assise derrière le volant, les clés sur le contact et lui bien installé dans son siège qu'elle lève des barrières. Jules évite le regard de son époux, et il sait que c'est important. Que c'est précieux, pour qu'elle livre des noms et des petites phrases du bout des lèvres.

C'est profond dans son cœur, et il nage alors en des eaux inconnues. Et il faut que Clyde soit doux, que Clyde ne fasse d'erreurs s'il ne veut pas que ce soit la dernière fois qu'il goutte à sa demie transparence.

"I'm any kind of food. As long it's yours, there's no need to warn me."

Il n'est plus une machine à parole, car ne n'est pas le moment. Et le vrombissement du moteur se superpose à la voix de Jules à laquelle il s'accroche. Il a les yeux rivés sur son visage, presque incertain qu'elle semble l'être.

"Was. You just used..."

Comme un prof de langue accrochée aux temps, l'emploi du passé le fait se sentir drôle. Comme s'il s'enfonçait dans le siège, pendant que la voiture avance. Il mettra de longues minutes avant de réaliser pleinement ce qu'elle a laissé entendre. Qu'elle est orpheline d'un père, tout au moins. Mais la réalité est bien plus triste que ce qu'elle lui a dévoilé par des indices de conjugaison, et son langage corporel.

"Jules, are you... Do you think I'm the type of person to... Are you sure you wanna bring me ?"

C'est une question stupide qu'il vient de lui poser, car c'est avec lui qu'elle est dans la voiture. Avec le même homme qui a allumé sa cigarette avec un briquet travaillé un peu plus tôt, et cette même bouche qui ne s'empêche jamais de dire les choses de travers.

Dans un geste qu'il espère d'un peu de réconfort, Clyde pose sa main sur les genoux de sa femme. Il l'enlève après quelques secondes, préférant ne pas la brusquer.

Il a la bouche pâteuse, et la presque envie d'ouvrir en grand la fenêtre pour vomir.

"I'm fond of you, Jules, there's nothing you can say that can make me adore you less."
   MAY
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message posté : Mar 13 Juin - 2:16


'hm. clyde, i'm pretty sure alcohol and drugs are the worst.'

changement de décor: la sirène fait tomber le costume des grands soirs et récupère les accessoires qu'elle porte quand clyde est loin. plus simplette et moins violente, jolie jules, quand elle fait tomber les extra-centimètres. plus incertaine, aussi, quand elle doit lever les yeux pour regarder clyde.
c'est pour cela qu'elle ne comprend pas bien ce qu'il fait, quand elle l'aperçoit se dévêtir des accessoires superflus. la montre est abandonnée sur le meuble d'entrée, suivie rapidement par sa paire de chaussures. regard étonné, regard enjoué de la môme qui observe son mari se transformer. ce n'est qu'une fois dans le couloir qu'elle vient attraper sa main. ses doigts entrelacés aux siens, un sourire reconnaissant qui habille ses lèvres alors qu'elle l'observe. elle ne prend la parole qu'après, lui explique le changement de plan qui la rend nerveuse. mais les détails restent coincés dans sa gorge car c'est important. elle n'a jamais emmené personne là-bas, ou tout du moins, la jules de clyde ne l'a jamais fait. la gamine qui traînait dans les pattes de ses grand-frères y amenaient ses amies mais sugar baby aux regards mortels n'y a jamais mis les pieds.
c'est une part d'elle que clyde n'a jamais rencontrée. et c'est un peu inattendu d'être terrifiée à l'idée que cette fille-là ne lui plaise pas.

puis vient le compliment et jules, un peu prise de court, se tourne pour le regarder. elle serre sa main, toujours dans la sienne, avant de lui demander d'une petite voix: 'yeah?' parce que jules est belle sous les projecteurs. elle a des allures de déesse sous la lumière tamisée de n'importe quel bar huppé. elle incarne le rêve et l'extase quand elle apparaît au grand jour, parce que personne ne résiste à la poupée de porcelaine vêtue de dior. mais jules sans les artifices? elle n'est jamais trop sûre de ce qu'elle est.

elle s'installe confortablement dans la voiture, comme si elle y était chez elle; et elle l'est, d'une certaine façon. parce que jules aime conduire, aime être derrière le volant et pouvoir choisir les directions. c'est un peu plus facile d'être au pouvoir, de décider si on continue sur la route ou si on décide de sortir des chantiers battus.
elle parle et clyde note le passé qui hante ses mots. ça la prend de court, encore, parce que jules ne pensait pas qu'il noterait. peut-être parce qu'elle ne voulait pas qu'il l'entende, non plus. c'est un sujet dont il ne savait rien. six mois à se supporter et elle n'a jamais pris le temps de lui raconter ce qu'il s'est passé. (et il n'a jamais demandé.)
les mains qui se serrent sur le volant. elle hausse les épaules avant de dire: "died a few years ago." et la confession s'arrête à ça.

'if you're not with me, who's paying, uh?' qu'elle demande, un nouveau sourire planté sur ses lèvres parce que clyde, qu'il le veule ou non, a toujours le don de ramener la conversation sur un sujet plus léger. ou tout du moins, la môme trouve plus aisé de rebondir sur ses questions stupides que sur celles des autres.
d'un geste, une caresse, le garçon offre un peu de réconfort et jules ne le laisse pas aller bien loin: les doigts de sa main libre viennent capturer les siens tant qu'aucun virage ne se dessine à l'horizon. elle serre sa main une fois avec un sourire, bien qu'elle ne prenne pas le temps de le regarder, avant de le lâcher et de reprendre le total contrôle du véhicule.
'don't be so sure. this place... it's not what you're used to. but it kinda feels like home. so i hope you'll like it.' pause, parce que la môme prend un nouveau virage. c'est aussi pour ça qu'elle aime joe's: ce n'est pas très loin de l'hôtel, ni de la ville en général, ce qui lui a permis toujours d'y retrouver jade pour discuter autour d'un milkshake pendant de nombreuses années. qu'importe les contrats qu'elle avait.
'they make a mean pizza. we can share one, if you'd like. they are suuuuper huge. and well, i don't want you to be sad about me being able to finish my pizza while you can't.' sourire moqueur alors qu'elle se gare à l'arrière du bâtiment. des allures de bar semi-malfamé. 'come on.' sont les derniers mots qu'elle prononce avant de sortir de la voiture et de se diriger vers la petite porte, celle qui mène directement à la salle mais n'est pas l'entrée officielle.
petite, c'est ici que son père la déposait pour aller faire ses devoirs sur le bar, pendant que jace et jack étaient de corvée nettoyage. (le bon vieux temps)
trois coups à la porte avant d'ouvrir comme si elle était chez elle, parce que c'est un aspect de jules qui ne part jamais vraiment, quelque soit le personnage. de l'autre côté, pas grand monde: joe's n'a jamais été très connu pour avoir une immense clientèle si ce n'est des habitués très fidèles. sourire confortable sur les lèvres de la demoiselle alors qu'elle abandonne une seconde clyde pour aller taper sur l'épaule d'un homme d'une cinquantaine d'années. s'en suit une courte discussion, quelques regards vers clyde, un ou deux murmures bruyants, avant que jules ne revienne. 'i hope you're hungry.'
et avec ça, la princesse est repartie en direction de la table qu'elle a visiblement déjà choisie. elle ne lance qu'un regard ou deux pour vérifier que clyde suive avant de lui présenter une cabine à l'américaine, plantée dans un coin du bar. 'tadaaa.' la môme s'installe, avant de lui offrir un grand sourire. 'i brought my first boyfriend here. he ran away after seeing me eating the pizza, though.' et un clin d'oeil pour détendre l'atmosphère.
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message posté : Mar 13 Juin - 13:30



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : C'est mystère, qu'elle se dessine plus merveilleuse encore sous les vêtements de ces filles simples qu'il n'a jamais eu l'occasion de côtoyer, que sous les richesses des femmes qu'il connait. Il se plait à voir ses bras glissés dans du jean qui a vécu, dans une veste qu'elle a certainement porté avec émotion, par respect pour un souvenir qu'elle ne lui dévoilera certainement jamais. C'est inconnu à Clyde, de porter un vêtement même quand il se fatigue parce qu'on l'aime, et pas simplement parce qu'il nous va bien. Lui, il jette les costumes s'ils sont froissés, il les renvoie en boutique pour le plus infime défaut.

Il a tant à apprendre d'elle.

Et dans la voiture, quand il la regarde se livrer presque à contre cœur, se livrer par des phrases qui ne contiennent que le strict minimum d'information, il se demande s'il n'est pas déjà amoureux d'elle. C'est une idée qui ne traverse pas vraiment sa tête, car l'heure aux questions sentimentales a été laissée dans la chambre d'hôtel. La voiture appartient aux souffrances qu'elle ne veut pas avouer, Jules. Il voudrait embrasser les mains qui serrent le volant, et les yeux qui se concentrent sur la route.

Elle confirme ses doutes.

"Whenever you want to tell me anything about this, about your dad or anyone, I'll listen and shut up."

Il se redresse, dans l'inconfort.

"I'm more than a pretty face, you know."

La sensation de nausée augmente, et il a presque envie de lui demander de s'arrêter. Mais ce serait la plomber un peu plus, ce serait une réaction impudique à une souffrance qui n'est pas la sienne. Elle risquerait de ne plus jamais rien lui dire.

Il y a un rire, quand elle répond à ses inquiétudes par de l'humour. Elle est toujours Jules et ses phrases piquantes, même quand elle n'est pas drapée dans du Dior. Clyde sait qu'elle ne l'emmène pas avec elle pour simplement l'addition, il sait que c'est bien plus ça. Ils bien plus pour l'un et l'autres que de simples des accessoires à leur superbe.

"Why me ? We all know I'm hella poor and all."

Ils sont main dans la main, et il caresse le dos de sa paume avec son pouce. Clyde aimerait qu'ils ne se lâchent pas la main, pas une seule seconde. Ce serait plus simple, si elle ne s'arrêtait jamais de conduire et qu'ils se contentaient de partir jusqu'au bout du monde dans cet Aston Martin. Ils s'arrêteraient sur les motels en bord de route, mangeraient dans des endroits qui n'appellent ni la gloire ou la reconnaissance, et pourraient couper les ponts avec le monde. Mais il n'est pas près à être comme ça, il n'est pas près à quitter ce monde qui lui va si bien.

Il aime ses traits d'humour.

"Wanna bet, sweet thing ?"

Un clin d'œil, avant de se montrer joueur.

"Whoever finishes the plate first wins... let's say 10 000 $ ? Or 20 000 $ ?"

Il est étonné, quand elle lui dit que le lui qui se dessine devant lui est précieux à ses yeux. Quand ils descendent de la voiture, il ne voit rien des palaces qu'il a toujours côtoyé, mais s'y rend avec la curiosité de l'aventurier et de l'enfant qui ne connait pas encore tout. Il ne sourcille pas devant la décoration, devant la manière dont les tables sont organisées pour favoriser l'intimité.

C'est une plainte qu'il étouffe quand elle le quitte pour parler - du moins c'est ce qu'il suppose, à Joe. S'il est en terrain inconnu et presque mal à l'aise, tout ce qu'elle fait hurle le naturel. Il se serait senti rougir des regards jetés, et des mots échangés qu'il a tenté d'imaginer. A-t-elle dit à cet homme que c'était un ami, ou son mari ?

Sans qu'il ne puisse aller au bout de cette supposition, car elle revient et l'entraîne jusqu'à une table. Flanqué de bonnes manières, il attend qu'elle s'asseye avant de la rejoindre. Et elle essaie de le détendre avec une histoire adorable, car elle doit sentir qu'il n'est pas à son aise. C'est si facile, de jouer à l'homme détendu dans des lieux explorés mille fois et qui se ressemblent tous, mais la nouveauté de ce restaurant le laisse tel qu'il est sous la surface : d'une timidité étrange et incroyable.

"Oh... Then I'm glad I put on those shoes."

Ses mots se font rares, et il passe de longues minutes à chercher millimètres par millimètres la position qui lui convient. Mais il la regarde dans cette lumière, avec ce bleu de la veste et la blondeur candide de ses cheveux. Clyde se fend d'un sourire d'une immense sincérité.

"I'm happy he did, that boy. Or else we might not be here today."

Il est heureux que ce gamin ait fuit pour un détail aussi ridicule d'un estomac d'ogre. Même s'il est vrai que personne ne s'attend à ce que cette frêle silhouette puisse engloutir une pizza entière. Lui-même n'est pas certain de pouvoir le faire sans sortir du restaurant en rampant et pleurant.

Il caresse le dos de sa main avec ses doigts. Et Clyde divague, comme il le fait toujours. Quand il n'a pas encore bu, quand il n'a pas assez bu. C'est ce Clyde là qui est plus agréable, pourtant c'est toujours l'autre qu'on aime voir.

"How many boys have fallen for your eyes under that charming light ? How many have wished to share a meal with you, to sit night next to you here ? Next to the perfect Philly girl ?"
   MAY
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message posté : Mar 13 Juin - 21:16


c'est une terrible histoire, celle de maman qui ne se réveille pas et de papa qui doucement, doucement, laisse la vie l'écraser jusqu'à ce qu'il ne puisse plus respirer. c'est une histoire qui ne se conte pas, jamais vraiment, parce que les détails réclament pitié et larmes, or la môme abhorre la première et déplore les secondes. toujours compliqué que d'aborder le sujet quand on ne veut pas que l'interlocuteur baisse les yeux et ploie le dos, comme si on lui avait confié l'insupportable fardeau. ça l'agace, jules, les regards désolés qui sont lancés un peu par hasard parce que personne ne sait réellement comment se comporter face à la faucheuse. elle est fatiguée des demi-mesures et des semi-désolés qui lui sont lancés au visage. le plus souvent, elle voudrait juste ne rien avoir à dire: mentir, parce que c'est ce que tout le monde fait quand la vérité est trop bruyante pour être exprimée.

il lui faut quelques secondes, peut-être, avant de changer de sujet. elle a entendu la proposition de clyde et la retient, la conserve à l'endroit où elle cache les souvenirs qui lui font du bien. mais jules n'est pipelette que de ragots et n'a jamais été confortable avec le partage du passé. pendant longtemps, ça a été interdit. gloria, la première, lui avait dit que dans ce business, toute information vaut de l'or. là où tous les privilégiés se retrouvent, une montre ne vaut rien mais les rumeurs d'un divorce t'ouvriront toutes les portes si tu sais à qui conter les méfaits.
pendant plusieurs mois, jules s'est comportée avec clyde comme elle se comporte avec tous ses anciens clients: la princesse était accessoire, aux multiples facettes certes, mais rien de plus qu'une montre qui vous annonce aussi vos prochains rendez-vous. cela devient de plus en plus difficile, pourtant, de ne pas se laisser prendre aux jeux: c'est facile, parfois, de fermer les yeux et d'imaginer que tout est vrai. qu'ils sont se marier sur un coup de tête parce qu'ils étaient fous amoureux. elle serait sans nul doute la juliette de son roméo. histoire tragique, histoire fééréique.
mais l'histoire est tout autre et elle ne cesse de l'oublier, comme un vieux tourne-disque qui ne cesse de déraper.

'you're a pretty face, and a pretty body, and a pretty butt. i know that.' qu'elle lance un peu à l'aveuglette, les mots qui coulent de ses lèvres comme du miel. elle espère que c'est suffisant pour dissiper le moment, pour noyer la gêne. il y a un sourire maladroit planté sur ses lèvres comme une bravade. il fait écho à ceux qu'elle fournissait aux clients les plus violents, ceux qui avaient les mains baladeurs et les regards égarés. ça n'a jamais dérapé, parce que jules a toujours été une main de fer dans un gant de velours.
mais avec clyde, à cet instant précis, le sourire tremble et manque de sombrer. (il n'arrêtera jamais vraiment de faire tomber ses défenses, pas vrai?)

'if there's one thing you're not, darling, it's poor.' réalité qui n'est pas difficile à prononcer tant elle colle à la peau de clyde: il suffit de l'observer quelques secondes à peine pour deviner qu'il vient d'un autre monde. et ça l'étonne encore, jules, d'y avoir accès. de pouvoir tendre les doigts vers main et que lui, sans une seconde pensée, la laisse le toucher.
un clin d'oeil, un sourire, et ils retrouvent aisément la dynamique qu'ils ont habituellement. l'atmosphère redevient compétitive et jules reprend son rôle joueur. 'let's say 50$. that's the kind of bet we do around here.' puis, amusée, elle rajoute: 'plus, you know damn well i don't have 10 000$. i'd have to ask my husband and i'm not sure he will be pleased to learn why i do when he's not around.'

nouveau changement de décor, ils se retrouvent assis dans une cabine, un peu coupés du monde. jules partage une histoire qui date de plusieurs années, quand la môme cherchait encore à se faire plus grande qu'elle n'était. elle avait chargé jade de garder jack et jace loin du restaurant pour son rendez-vous, celui- là-même qui n'avait jamais vu de faim car le garçon s'était enfui avant le dessert.
quand clyde commence à parler de chaussure, la môme s'esclaffe. le rire cristallin qui résonne sous la lumière tamisée avant qu'elle ne se penche légèrement en avant pour lui annoncer fièrement: 'i'm not letting you run away, though.' confidence qui n'a l'air de rien comme ça: si quelqu'un d'autre l'entendait, elle n'aurait pas beaucoup d'impact. au pire, ils la penseraient à double-tranchant. bien sûr que non, la sirène ne laisserait pas son porte-monnaie fuir pour si peu. mais c'est un peu plus compliqué que cela. c'est jules, jolie jules qui annonce à clyde qu'elle ne le laissera pas tomber. même s'il essaie de toutes ses forces de ruiner leurs chances d'être ensemble.

'you know what i did after he dumped me?' rictus planté sur les lèvres, elle expire doucement un petit rire avant d'ajouter: 'i dated his sister. he was so mad!' une pause, une réflexion: elle essaie de se rappeler de la fille, de ce qu'elles avaient fait ensemble. l'histoire avait duré quelques mois, et jules n'avait jamais été autant amusée de sa vie. les choses étaient simples quoiqu'asymétriques: rien ne tournait vraiment rond mais ça ne dérangeait pas spécialement la môme. il y a jack qui ne comprenait pas que jules puisse choisir d'embrasser les garçons et les filles. il y a maman qui tombait malade en secret, la maison qui s'épuisait doucement sans bruit. c'était avant les catastrophes, avant les cris.
'i never brought anyone after him. i was too afraid to scare them again. and then, well, i became a sugar baby and that's not really a job that allows you to have a partner.' elle explique d'une voix amusée, un peu nostalgique quand elle y pense.

'what about you? how many girls know what you look like in a pair of trainers?' qu'elle demande finalement, un petit sourire au coin des lèvres.
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message posté : Mar 13 Juin - 23:27



   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : Clyde n'est pas simplement de ces beautés que l'on aime regarder, conquérir et se faire évanouir sous les draps. Du moins, c'est ce qu'il a toujours espéré : avoir un esprit grandiose, et un mental qui sait comprendre plus de situations et de problèmes qu'il n'en faut. Mais on retient toujours de lui qu'il est joli, et qu'il choisit ses costumes comme personne ne sait le faire. On retient ses sourires charmeurs, mais rien d'autre.

"Yeah, I know you love my butt and all... I just thought that maybe I had some hidden cleverness somewhere."

Mais rien ne reste sur une triste note, et elle se laisse aller aux plaisirs des paris. La mise baisse considérablement pour n'être que de cinquante dollars. Étonné, quand il la regarde. Il n'est pas certain d'être près à se rendre malade pour une si petite somme, alors que tant d'autres traînent dans la boîte à gant de sa voiture. Mais c'est pour le plaisir, pour le jeu : il finit par comprendre.

"That means the girl is afraid to loose ?"

Clyde a les yeux qui pétillent, et il se moque d'elle. Il sait qu'elle perd rarement, et surtout contre lui : les millions de fois où il surestime ses forces tombent à l'avantage de Jules. Et ce soir, il ne doute pas qu'elle en ressortira victorieuse.

Et il aime ce qu'elle laisse entendre, la tournure que prend cette situation. Clyde prend presque la position de l'amant avec cette phrase, de l'homme vu en cachette avec lequel se déroule une passion latente. Ou bien ce n'était que de l'innocence, ces quelques mots, et c'est lui qui déraille.

"He sounds so boring your man. You should dump him babe, and marry me instead. Everyone say that I'm the coolest guy in town."

Il serait près à racheter une bague, juste pour poser le genou à terre une seconde fois. Juste pour la voir rire d'une situation si ridicule, et le traiter d'imbécile avec cette douceur amusée qu'est la sienne.

"Really, we would make great partners, you and I."

C'est sur un clin d'œil que les images s'accélèrent jusqu'à l'intimité de cette place assise. Clyde reste interdit par les anecdotes dévoilées, et manque de rougir quand elle se penche vers lui. Pour une seule phrase, qu'une promesse qui pourrait avoir autant de signification qu'elle n'a de syllabes. C'est toujours avec un frisson d'extase qu'il accueille ses rires et sa complicité.

"You damn well know I won't run, Jules. There's no place in the large world I've traveled where I'd rather be."

Il n'y a là rien d'autre que la stricte vérité. Même si à bien y penser, il adorerait l'emmener dans ces luxurieux trains qui traversent la noble Russie de long en large, rien que pour voir sur son visage les baisers trempés de la neige, et ne rien faire d'autre que d'admirer les paysages. Et pour une nuit, ce serait un escale dans la beauté de St-Petersbourg. Ce serait des plats qu'ils n'ont jamais gouté, et la satisfaction de n'entendre autour d'eux que des voix qu'ils ne connaissent pas. Clyde achèterait un appareil photo jetable sur lequel figurerait uniquement la sirène et ses fourrures blanches, que ce sourire et ce charme qui le prend aux tripes et au cœur. Peut être même qu'il capturerait son corps dans son plus simple appareil, à la douce lumière de la ville et de la nuit qui tombe.

"I'm sure that boy is still crying."

Clyde a éclaté de rire, et s'est imaginé d'un million de manière la tête du garçon. Il aime ses histoires, cette vie qu'elle lui dévoile ce soir comme elle ne l'a jamais fait auparavant. En connaître plus encore est ce qu'il attend de cette soirée où ils ressemblent juste à deux amoureux en quête de solitude.

La sugar baby et l'héritier sans limite s'effacent du décor, rien que pour une nuit.

"But that also mean that I have to freak the hell out every single time a humain being tries to touch your hip. I may go crazy by the end of the year, sweet thing."

Clyde n'en revient pas, d'être le second qu'elle emmène ici. Il aurait cru qu'elle avait un million d'amoureux, se bousculant à ses pieds comme ces riches ambassadeurs des rêves et du luxe qui l'engageaient pour de la figuration. Il s'était attendu à une foule d'amoureux transits. Peut-être est-elle simplement modeste, sa sirène. Discrète, comme le métier l'a fait être.

Le fait qu'elle puisse édulcorer ses aventures comme on le ferait avec un client, mentir sur quelques tableaux, ne traversent pas encore l'esprit de Clyde. Il en serait bien trop blessé.

"You're gonna loose any kind of respect you had for me if I ever answer."

Clyde a toujours papillonné, et il est entre le rire et la gêne de s'engager sur ce terrain glissant. Mais il le fait, car c'est ce qu'on attend toujours de lui. Qu'il raconte le personnel, l'intime et l'indélicat.

"Oh good lord... I never had any girlfriend type of relationship. You're the first one I go steady with."

Il se penche un peu vers elle, ne voulant que personne d'autre qu'elle n'entende cette partie de sa vie. Mais il ne la regarde pas vraiment, un peu plus à gauche de ses yeux.

"I only did booty call and hook up at parties from my youngest age untill the day we met. Never had any feelings of any kind, darling."

Un instant de réflexion.

"There's some kind of a... love affair I had once. I wasn't with anyone's sister like you, but that's still juicy. For a few weeks, I got involved with a couple. Both of them just liked being around me, and me getting... well, into their intimacy."
   MAY
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message posté : Mer 14 Juin - 1:56


'you're smart.' et c'est une annonce plus qu'un compliment: elle lui souffle les quelques mots avec un air exaspéré sur le visage, comme si elle ne comprenait pas bien le besoin qu'il a de lui faire répéter. le présent de vérité qui s'essoufle en quelques mots. 'i would not have married you otherwise.' qu'elle ajoute avec un clin d'oeil. pourtant, les mots ne semblent pas vraiment faux ni fabriqués: la sirène n'aurait jamais épousé un inconnu si elle n'était pas sûre qu'ils puissent avoir plus d'une conversation sans tourner en rond. qu'importe qu'il soit client et porte-monnaie, qu'elle ne soit là que pour satisfaire et être adorée. si le client ne sait pas se débrouiller pour jouer des mots et l'occuper, la môme commence vite à s'ennuyer.
or, clyde est un expert: qu'il joue l'enfant ou se perde dans un élan de timidité qu'elle ne reconnaît pas, qu'il se sente particulièrement joueur ou outragé, il a toujours plus d'un tour dans son sac pour développer ses idées.
jules se souvient de leurs premières soirées tranquilles, celles où ils étaient bien trop fatigués pour sortir et participer à l'after auquel ils avaient invité. ce sont les premières fois où clyde s'est exprimé, loin des tabloïds et de ses amis bourrés. jules aurait pu rester des heures-là, à écouter sa voix grave lui conter des histoires dépassées.

ils en viennent à discuter de paris et jules ne peut pas s'empêcher de faire descendre le gain. bien qu'elle soit sûre de gagner, elle ne veut pas non plus arnaquer le garçon. et tous deux savent très bien que jules est loin d'avoir 10 000$ dollars à fournir. et si par chance elle les avait, elle ne les jouerait certainement pas sur une pizza.
c'est pour cela qu'elle descend à 50$: pour être sûre qu'elle aussi puisse faire partie du jeu. pour qu'une fois le pari lancé, qu'elle gagne ou qu'elle perde, cela aura été fait à la loyale. et si par mégarde il s'avère que clyde soit capable de finir avant elle, et bien elle n'aura pas à secouer la tête un peu piteusement en disant qu'elle n'a pas les moyens de remplir sa part du contrat. 'there's no way i'm loosing.' qu'elle marmonne, en détournant les yeux. le problème avec clyde, c'est qu'on est jamais vraiment sûr de ce qu'il est capable de faire. parfois c'est un idiot fini qui n'arrive pas à atteindre vos attentes et parfois, il va tellement plus haut, tellement plus loin que tous vos espoirs réunis et vous avez bien du mal à en croire vos yeux.
bref, jules n'est jamais sûre si elle doit parier contre lui (paris), ou pour lui (maintenant).

'he's the worst.' qu'elle chuchote, un air secret planté sur le visage parce que la môme est toujours partante pour jouer un nouveau jeu, un nouveau rôle. 'i'm not dumping my husband for the coolest guy in town, baby.' qu'elle enchaîne après, les yeux délibérément rivés sur le paysage devant eux. 'you will have to be a little more convincing if you want to marry me.' puis un regard en dérobée, un sourire amusé planté sur ses lèvres parfaitement colorées. et les yeux qui repartent sur la route comme si rien n'était arrivé.

une fois arrivés à table, elle lui annonce d'une petite voix qu'elle ne le laissera pas filer et monsieur souligne qu'il n'en a aucune intention. et c'est joli, comme image, clyde devant son globe, toujours le doigt posé sur le continent où elle est parce qu'il préférerait être avec elle plutôt qu'avoir le monde. c'est dur à croire, parce que c'est clyde et que quelques heures plus tôt, il était avec une autre. mais c'est aussi facile d'oublier, parce que le garçon se joue d'elle comme un piano: il évite toutes les mauvaises notes d'un geste précis et elle n'a pas d'autres choix que de ployer et chanter les mélodies demandées. pire encore, elle aime la musique qu'ils font ensemble.

'even if i meet my soulmate, i'm not going to leave you.' pause, regard qui tremble, les yeux qui manquent de se détourner. 'well, i might. because... i have no idea what it feels like to have a soulmate and it's probably kinda like coming home. except... yeah, you're a housefire i'm not sure i want to escape, you know?' froncement de sourcils. c'est un de ces moments où jules devine qu'elle devrait surement mentir mais les mots s'évadent trop vite pour les retenir derrière la barrière de ses dents. 'i might leave. but i don't want to. and if i could chose, i'd rather stay with you than meet them.' et la déclaration s'achève d'un petit sourire timide alors qu'elle détourne les yeux. 'for now, i like you. i'm with you. and i'm staying.' elle n'est plus trop sûre d'où elle voulait en venir. peut-être pour lui rappeler que personne ne l'enlèvera de ses bras sans qu'elle ne soit 100% d'accord. peut-être pour lui rappeler que lui aussi risque de s'échapper et que ce sera sans doute la meilleure chose à faire. peut-être pour lui rappeler que demain est incertain mais qu'aujourd'hui, elle est sienne.

le sujet dérape et ils en viennent à parler de vieilles expériences: celles de jules sont disparates. des visages inconnus saupoudrés de bonnes intentions dont elle ne se rappelle qu'à moitié. les visages flous d'après soirée, les espoirs qui n'ont jamais rappelés. pour tout dire, jules n'a jamais ramené personne ici mais elle a connu bien des matelas, fait le tour de bien des surfaces planes avant d'arriver ici. sourire amusé quand clyde commence à se dérober: 'you don't have to tell me if you don't want to. but i'm not gonna judge. i've slept with too many people for that. i'm pretty sure we're more the hookup type than anyone else.' et c'est encore du jules tout craché: les mots libérés, les tabous de la sexualité éclatés entre ses doigts experts.
puis clyde se penche en avant et jules sait parfaitement que c'est ainsi que viennent les détails juteux. sourire précieux avant de se pencher elle aussi pour écouter. jusqu'à ce qu'il commence à parler du couple et qu'elle n'éclate de rire. elle n'a aucun mal à l'imaginer empêtré dans cette histoire à trois, et continue de rire tant que l'image persiste. 'oh boy.' est sa première tentative pour retrouver son souffle avant de repartir dans un éclat, les larmes aux yeux.
'can you define... intimacy?' qu'elle demande, encore au bord du précipice. 'i can't believe it! were they old?'

puis un autre sourire avant qu'elle ne réfléchisse. 'hm, okay. let's play a game. where is the weirdest place you had sex?' et intense réflexion parce qu'elle n'est pas bien sûre de ce qui peut être considéré étrange.
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message posté : Mer 14 Juin - 4:00


(si tu as lu avant 4:15, relis parce que j'ai corrigé tout )
(Rien faisait sens )

   

I lost it, and there's no more to say

— Jules et Clyde
Les incohérences  : C'est une histoire qui se profile, qu'ils tissent à deux d'un commun accord. Elle est la femme mariée un peu trop tôt à un homme dont l'utilité s'est épuisée, dont les intérêts se sont évanouis. Et il serait ce garçon honnête qu'on voit dans tant de films. Le jeune homme qui se croit aussi haut que les montagnes, et qui pense qu'un simple sourire brise ce qui est intouchable. Dans les films, la femme se laisse aimer une fois, laisse les déclarations divaguer avant d'y mettre un terme avec regret. Et lui, il la regarde partir dans un tumulte de souvenirs brûlants qu'il finira par ranger au fond d'un tiroir dont il oubliera l'emplacement.

"I don't have much more to offer, ma'am. All I have is my hard-working self and soft hands."

Clyde l'imagine avoir une petite maison en marge de la ville, avec une véranda à la peinture écaillée. Sa chaudière continuera de jouer des siennes, jouer entre eaux des enfers et pluie nordique : ses réparations qui manquent d'expertise n'y changeront rien. Il se peint aussi les images d'elle et de lui, se glissant dans une baignoire trop étroite et d'une chaleur désagréable. Pourtant, l'un contre l'autre sans condition.

"But I know how to love a woman, and I'm sure you know how you wanted to be loved. Il marque une pause, avant de poursuivre. Before you wake up, I would cook you all the wonders I know - I don't know much but... Always hot and strong coffee and eggs. And our days would be spend in the delight of a love affair."

Clyde aimerait qu'elle se gare plus loin, juste pour qu'il puisse l'embrasser. Presque plus ou juste ça, mais pouvoir dans le secret de cette voiture gouter à ses lèvres.

Ce ne sont plus les jeux de rôle, mais la fatalité qui s'échange d'une bouche à l'autre. Ce n'est plus la douce virtualité d'une femme mariée et d'un homme tout juste rencontré, mais celle d'une épouse de son époux que personne n'a destiné l'un à l'autre. Il sait qu'elle n'est pas sienne tout à fait, pour ces mots qu'il hait tant qui sont gravés dans la peau de sa hanche. C'est un avenir où elle rencontre cet homme ou cette femme qu'il ne veut pas entendre. Il n'écoute pas les instants où elle dit préférer presque rester avec lui, mais tous ceux où elle envisage cet autre qu'ils ne connaissent pas. Mais il lui faut comprendre, qu'elle imagine les infinies possibilités : il s'est enfui à Paris. Une Âme-Sœur ne saurait faire ça.

Ou peut-être bien que si, que même entre âmes destinées les déchirures sont grandes. Plus grandes que celles causées par un autre comme Clyde. Il n'est pas certain que la personne qui posera ses doigts sur la peau de Jules est un saint, mais il ne le dira pas.

"That's not a subject I... I just don't..."

Il y a quelque chose dans le fond de son corps qui le serre. Il n'est pas assez bon en anatomie pour savoir de quoi il s'agit, mais c'est comme une barrière qu'il n'arrive pas à franchir.

"Just yeah, you... I don't wanna..."

Il ne veut pas voir le jour où elle partira arriver. Car il ne sait pas ce qu'il deviendra sans elle. Reviendra-t-il à cette vie sans but, à celle qui se défile dans les bars et dans les fonds de verre ? Restera-t-il seul au fond d'une chambre d'hôtel, plongé dans la pénombre ? Écrira-t-il encore, et ses héroïnes seront-elles toujours aux cheveux clairs, et à la déduction fine ? Si ce sont des peurs inconscientes, qu'il n'arrive en rien à formuler, elles sont néanmoins réelles. Il sera détruit ce jour-là, Clyde.

"That's not what I meant, I just don't know what the hell I can say. If I dare to say that I hope you never meet your soulmate, that's the same as wishing your forever sadness. In either way, we're both doomed to a somehow grey life. But... you bring so much sparkles to mine, Jules."

La discussion a changé, et ce n'est plus aux vagues déprimes d'un futur qu'ils ne connaissent pas, mais à un passé qui ferait rougir n'importe qui. Le mari aime la manière dont elle ouvre grand ses oreilles, dont elle se penche avec cet air entendu et le rassure avec ses propres frasques. A deux, ils ont certainement couché avec la Terre entière. Et au fur et à mesure qu'il parle, il voit lui-même défiler les rares traits qu'ils se rappellent de ses conquêtes : des grains de beauté au creux de genoux quand elles s'allongent, les cheveux qui viennent s'emmêler aux bras et aux bouches dans une danse des corps toujours désordonnée.

"She was older, as she went to Princeton along with Isabella." Il ne peut simplement se résoudre à mentionner sa mère autrement que par son prénom, dans un moment pareil. "Her boy was thirty, and I was nineteen. Still not everything of a man, but back then I was still that Clyde." Il est incertain des détails qu'il doit donner, des choses qu'il doit suggérer. "They used to take me on vacation, and I used to share their bed and it was a really simple relationship. And she loved bondage, so I got in really weird situations."

C'est une drôle d'époque, que celle de ses dix-neuf ans. Il se souvient des mains de cette femme plus vieille, et celle de cet autre homme qui le découvre sans pudeur.

La question suivante le fait rire. Rougir, aussi.

"My sweet wife! You are..." Les yeux pétilles, et il pourrait en rire aux larmes. "I have two stories to tell you. A straight one and a super gay one."

Une pause qu'il marque, cherchant ses mots.

"Obvi the gay one was in jail, otherwise I would have gone mad during this year. It was when everyone was outside taking a deep breath of fresh air. He just touched my butt, and I guess that's how easy I am because two minutes later we were having wild sex on the floor, still inside. My knees were bruised, and we almost got caught by someone."

Il a le rouge aux joues, car celle-là est restée secrète pendant bien longtemps. C'est ce même homme qui lui a dessiné cette étoile sur le genou, quelques jours plus tard.

"My straight one is with you." Il caresse le dos de sa main du bout des doigts, et remonte son regard de ses clavicules à sa bouche. "When you met them, and I took you to my bedroom. Never a girl, nor a boy ever crossed my door. I can't explain why it felt odd - and very great at the same time darling, but... It was like stabbing my childhood with our moans."

Il se recule un peu, se réajuste sur son siège. Il attend que ce soit elle qui parle, car Clyde aime sa voix. Aime son visage quand elle parle de sexe, la manière dont elle ne pourrait être plus sensuelle et détachée à la fois.

"Answer your own question and then... You can tell me about the 'partner' you're the most ashamed of. Like, because of the noises he or she made, anything."

   MAY
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