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message posté : Mer 14 Juin - 16:32


this is my "i don't want to talk" face
Les jours de grosse chaleur semblaient négativement influencer les jointures douloureuses de Jak. Il se sentait comme un vieillard, articulations lentes et gestes maladroits. Cela avait clairement été remarqué lors de sa matinée en caisse, puisqu’il avait été relégué au rangement de rayons après sa pitoyable performance au scanner. Il n’y avait pas un jour où il pouvait éviter les remarques désobligeantes des mères de famille pressées d’en finir avec les courses, mais aujourd’hui avait été la pire exécution de sa courte carrière – Il était parvenu à laisser tomber les œufs d’une cliente, résultant à une plainte générale pour la durée de la queue de nouveau rallongée, et un remplacement de son poste à l’abri des regards ; parce que dégager le pauvre soldat handicapé devant le public ne donnait pas une réelle bonne image du magasin. C’était lors de moments comme cela qu’il regrettait ne pas pouvoir emmener son chien de service au travail avec lui. Il y avait des limites à la générosité des grands patrons, et apparemment, l’ESPT ne comptait pas comme une raison valable pour avoir un chien de service dans une grande surface.

La pause déjeuner avait été passée en compagnie de la nouvelle saisonnière, qui n’hésitait pas à faire connaître à voix hauteses pensées sur les grandes coopératives qui ne faisaient rien pour faciliter la vie des plus démunis (comprenez, lui). Il n’avait même plus besoin de s’en indigner lui-même. Il s’était contenté de sourire à sa tentative de sympathie et s’était éclipsé le plus vite possible, parce qu’elle avait beau mettre une voix sur ses idées, elle serait sans doute la dernière à véritablement agir pour protéger ses droits. Il ne pouvait pas la blâmer ; elle était jeune et engagée par défaut – mais à son âge, il n’en avait pas non plus eu grand-chose à foutre des moins favorisés.

Il n’avait pas caché son soulagement en constatant que les rayons n’étaient pas des plus peuplés et que son étiquetages se feraient dans un calme relatif. Le fait qu’il avait automatiquement été envoyé vers le rayon frais par sa supérieure ne lui échappa pas et il se promit de la remercier pour sa considération à la fin de son service. Il se permit de discrètement desserrer la gaine autour de son torse et se remit au travail, beaucoup plus efficace quand il ne travaillait pas sous pression. L’air froid se dégageant des ventilateurs au-dessus des rayons frais se trouvait être une bénédiction pour ses jointures et les douleurs fantômes de son bras. Il ne prêtait pas de réelle attention à son entourage, espérant que ses mouvements maladroits et son air occupé repoussent les clients à la recherche d’aide. Sa tentative se trouva être un échec quand un client visiblement perdu s’approcha vers lui. Il hésita à fuir, s’en aller vers l’autre direction en poussant son chariot d’un air pressé, mais il pensa à l’agent de sécurité posté derrière ses caméras, et qui n’hésitait pas à dénoncer tout mauvais comportement du personnel. Un véritable connard qui léchait tellement le cul de la patronne que son haleine puait la merde.

Partagé entre l’agacement et l’embarras, il se tourna vers le client et lui offrit un faux sourire, résultat de longues heures de pratique.

« Can I help you ? »

Il se rattrapa rapidement, rajoutant un « sir » maladroit et poli à la fin de sa question, parce qu'apparemment, la politesse et l'amabilité des employés étaient le point fort de ce magasin. Il tenait à contester ce dernier point, compte tenu du comportement de certains de ses collègues.
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message posté : Mer 14 Juin - 19:57



   

Boiling water

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : Ce sont les douces intentions dont il se drape qui le font abandonner le lit où Jules dort encore. Sans même chercher à la réveiller plus que nécessaire, sans faire autre chose que l'embrasser sur la tempe, il s'en va dans la salle d'eau. Il est face au miroir, et les déconvenues sont grandes face à ce qu'il reflète : le teint est pâle, et il y a quelques traces de gris sous ses yeux. Car il a le sommeil agité, le sommeil léger et le corps qui hurle, Clyde ne ressemble à presque rien. Mais il sait camoufler après une douche brûlante les tristes couleurs de ses cernes avec les produits de Jules. Il l'a toujours regardé faire, retraçant de mémoire les gestes perpétués. Et il faut avouer que c'est moins pire, comme ça. Clyde a l'air normal, réveillé et frais.

Pourtant il reste accroché au lavabo, les deux mains tendues et agrippant les bords. Les paupières sont clauses et la mâchoire serrée. La pièce tourne autour de lui, peu importe la position ou bien la force avec laquelle il se tient à un objet fixe. Les migraines le poursuivent, et il se laisse glisser jusqu'au sol. De la poche de son peignoir il sort une cigarette qui doit traîner là depuis plusieurs semaines, et se sert de son briquet de toujours pour l'allumer.

Il lui a promis qu'il ne ferait plus ça. C'est ce qu'il a juré, quand il a laissé tomber le sachet de poudre blanche dans les canalisations de l'hôtel. Et il s'y est tenu malgré les douleurs engendrés, malgré l'organisme tout entier qui se gausse d'une faim qu'il ne pourra étancher. Les cendres tombent au sol et il se surprend à sangloter. De la même manière que les premières nuits en prison, que les premiers mois dans une cellule qu'il avait le luxe de ne pas partager. Les décors ont changé, et il n'est plus vraiment seul. La difficulté reste, contrairement à ce qu'il a cru l'autre soir.

Mais c'est dans les rues qu'il est Clyde, une heure plus tard. Habillé comme le pacha pour lequel il se prend, et dont il mène la vie. Il a eut le temps d'acheter des fleurs sur le chemin du supermarché. Il ne porte plus les marques des demies larmes, et il évite le soleil derrière ses lunettes noires pour limiter le risque de migraines. Il a galéré à trouver l'entrée dans ces longs couloirs d'air ventilés, de portes qui s'ouvrent sur ton passage sans qu'un laquais ne la pousse. Il ne sait pas vraiment ce qu'il lui arrive, ni vraiment quoi faire. Il suit une mère de famille avec sa poussette et ses enfants insupportables à qui il fait un signe de main - très mal reçu par la femme, qui presse alors le pas.

Il est étrange avec sa chemise blanche, son pantalon marine à fine rayure au milieu de ceux qui viennent presque en pyjama, presque pas sortis du lit. Mais ils ont tous l'air de savoir où aller, quoi prendre avec leurs gros paniers. Clyde est perdu. Alors il ère sans but, avant de se retrouver face à un employé.

Du moins, c'est ce qu'il déduit.

Il s'avance, et se retrouve à être presque aussi timide que l'homme qui lui face. Mais au moins il n'a pas eut tort sur l'identité de la personne, car voilà qu'il lui propose son aide.

"Yeah... il ne remarque pas encore le bras qui manque car son regard se balade tout autour d'eux. Et même, de toute manière, il n'y aurait certainement pas prêté un très grand intérêt.That's my first time. In this kind of place."

Il a le cœur qui bat vite, Clyde. Il a un secret à avouer, une honte qui va sembler si étrange à cet homme mais pourtant si justifiée dans le cas du jet-setteur. Et tout du long de sa tirade, il aura l'air de celui qui sait qu'il dit une énormité et ne tardera pas à être contredit.

"I can't... I've tried to understand how everything works but... Do you have to wait in line and someone helps you with your stuff, or do you pick up items all by yourself ?"


   MAY
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message posté : Jeu 15 Juin - 0:05


are you taking the piss ?
Jak ne pouvait s’empêcher de dévisager le personnage en face de lui. Il semblait sortir tout droit d’un film hollywoodien, contrastant ridiculement avec les alentours. Mais il en fallait plus pour véritablement déstabiliser Jak. Il en avait vu de toutes les couleurs depuis le début de sa « carrière » ; et des plus sombres pendant la guerre. Même si l’accoutrement de son interlocuteur laissait à désirer pour une matinée tardive au Walmart, et siérait davantage à un gala de charité ou le tapis rouge des Music Awards, il ne portait rien qui ferait pointer Jak du doigt. Le regard perdu et l’air hagard en revanche en tenaient une bonne – Et les interrogations pleines de doutes n’étaient pas loin en file. Sa première réflexion fut de se demander si cela existait toujours ; ces personnes à l’abri de la vie banale des simples mortels. Ceux qui pensaient que tout leur était dû et que l’argent était une solution à tous les problèmes. En un sens, elle l’était. Puis il reprit ses esprits et en conclu que cet homme lui faisait une blague, et était en conséquence un bel enfoiré. Non seulement Jak puait-il l’anti-socialité, mais il était clairement mal à l’aise – et si le but de la plaisanterie était de le sortir de sa zone de confiance, alors non seulement ce type rêvait en pensant que parce qu’il était un simple employé, Jak n’oserait pas lui en foutre une, mais il s’engageait dans une interlocution dont il ne ressortirait ni amusé, ni vainqueur.

Tout de suite suspicieux, il plissa les yeux et planta son regard dans celui, protégé par les lunettes de soleil, de l’autre. Il reprit ses activités précédentes, plus à l’aise quand ses- sa main était occupée.

« Is this a joke ? I don’t have time for this. »

Le ton en ressorti plus mordant qu’il ne l’avait initialement voulu, même si son désir n’était en aucun cas de se montrer sympathique. Il devait s’avouer un peu paranoïaque – cherchant la moquerie où elle n’était peut-être pas. Il n’en savait rien après tout ; pour le peu qu’il connaissait de l’autre homme, il était né dans un palais en cristal et n’avait jamais mis pieds dans la rue.

Alors qu’il reprenait l’étiquetage de ses produits, il remarqua ses gestes fébriles et irréguliers, signes d’angoisse que Soldier aurait sans doute déjà apaisée s’il avait été là. Il se montrait beaucoup trop dépendant de ce chien, mais c’était plus fort que lui. Le berger avait été une constante depuis son retour d’Irak et il s’imaginait difficilement fonctionner correctement sans lui. L’idée que l’autre ne se foute pas de sa gueule ne le quittait pas et il abandonna l’idée de se montrer exécrable au profit de laisser à l’autre le bénéfice du doute.

« Listen buddy you just- » Il fit signe à l’autre de rester exactement là où il était et s’en alla vers les caisses, revenant avec un panier en linox qu’il déposa directement dans les mains du client. « Here. You just take a look around, put the stuff you need in the basket and take it to the cashiers. As simple as that. Need me to take your hand or something too ? »

Il savait qu’il se montrait impoli, et ses joues légèrement rosies d’embarras en démontraient les conséquences, mais il ne supportait pas l’idée qu’on puisse se moquer de lui – et même s’il ce n’était pas le cas, le fait que l’autre n’ait jamais eu à faire les courses comme le commun des mortels et se permettait de venir au Walmart avec des vêtements qui pourraient sûrement rembourser la totalité de ses dettes médicales pendant que lui, qui s’était battu pour que le gosse puisse rouler en porsh dans risquer de se faire sauter, s’usait la santé en travaillant dans la personnification de l’enfer capitaliste le rendait quelque peu amer.
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message posté : Jeu 15 Juin - 10:16



   

Boiling water

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : On en reste incrédule, face à Clyde. On le regarde d'une manière qui le dérange à moitié, on le fixe un peu trop longtemps avec le même air que le scepticisme prend face à l'illogique.. On s'attarde sur ses mots et on tente de les comprendre. Même s'ils sont prononcés clairement, même s'il n'a pas d'accent déformant ses questions et doutes, c'est toujours difficile de le comprendre. Car la réalité de Clyde est toute autre que celle des femmes et des hommes qu'ils croisent si souvent, et elle semble si douce aux yeux des autres qu'il finit par lui-même s'en convaincre. Mais les problèmes sont simplement ailleurs, les pertes décuplées. On tremble quand on regarde la presse à scandale, craignant d'y voir son nom accompagné d'une photo volée qui date de l'adolescence. Une erreur de jugement et les richesses accumulées peuvent vous êtres retirées, et l'amour d'un parent ne transparait que par un chèque arrivé à un bon port.

Telle est la vie de ces hommes.

"No sir, I'm not... I'm deadly serious about that."

Et c'est avec regret que Clyde regarde les gestes pressés de l'inconnu, de cette méfiance qu'il comprend à peine. Il est sincère, il le jure. Les lunettes de soleil sont rangés dans un éclair de lucidité, pensant que c'est parce qu'on ne voit pas son fond d'œil honnête et réellement perdu qu'on ne le croit pas. C'est peut être pour ça, c'est peut être pour toutes les autres raisons qu'il sert.

Clyde se fend d'un sourire quand il finit par lui tendre un panier, avant de le perdre quand il remarque l'absence d'un bras. Il aurait pu demander si à observer Jules cacher ses peines avec pudeur, il n'avait pas compris que ça ne se faisait tout simplement pas.

"You just saved my ass, man."

Mais il continue avec ses mots, et même le noble égaré n'est pas assez stupide pour ne pas remarquer le ton, comme la fin d'une phrase qui avait pourtant si bien commencée. Il reste interdit, Clyde. Il a l'air blessé, un instant.

"Yeah I'm not done, I'd like a blowjob and a martini. Oh, and I almost forgot! Something to polish my vintage Aston Martin with."

C'est la migraine qui parle, ce sont les efforts qui ne paient pas qui se manifeste au fond de sa gorge et prennent la parole. Le ton est resté léger, le sarcasme ne s'entendent qu'aux oreilles affutés, et aux initiés.

   MAY
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message posté : Jeu 15 Juin - 15:20


for real though dude, wtf ?
Jak était trop préoccupé par ses propres déboires intérieures pour remarquer le visage déconfit de son interlocuteur. Il s’était montré sévère et blessant, mais encore une fois, trop nombriliste pour excuser ses paroles. Il se permit un léger soulagement en profitant des remerciements du client, mais ce dernier ne dura pas. Son incivilité lui valut une réplique mordante qui aurait dû l’agacer ou donner lieu à une agressivité certaine. Mais il ne put que rire. Jak ne riait plus beaucoup depuis l’Irak. Comme si tout essai au bonheur lui était interdit, l’humour absorbé par le sable brûlant des villes qu’ils avaient brûlées au nom d’une nation qui l’avait oublié. Pourtant, à ce moment même, il avait l’impression d’avoir entendu la meilleure des blagues. Son ricanement devint un rire fort et sincère, rictus se transformant lentement en un sourire dévoreur.

Quand il y repensait, la réplique n’avait même pas été si drôle que cela. Peut-être que l’épuisement et la chaleur qui faisait brûler ses cicatrices le rendaient particulièrement sensible à toute forme d’amusement. Son seul bras vint se placer autour de son ventre dans l’espoir d’apaiser les crampes que son fou rire provoquait. Il n’en voudrait même pas au client si ce dernier décidait que fuir le lunatique manchot était la meilleure solution. Pour un premier voyage à Walmart, il aurait pu tomber sur un meilleur employé. Quelqu’un de vraiment compétent qui n’hésiterait pas à lui prendre la main, porter son panier et cocher la liste de demander avec un grand sourire. A la place, il était tombé sur l’ancien soldat, trop fatigué pour gérer ce genre de requête ridicule et trop embarrassé pour maintenir une conversation polie et relativement sérieuse.

Lâchant enfin son estomac douloureux, il essuya ses yeux humides du revers de sa main et tourna enfin son regard vers l’autre, cessant enfin de l’ignorer et de le fuir. Il avait enlevé ses lunettes, laissant à Jak une vague impression de déjà-vu qu’il ne parvenait pas à situer. Il poussa cette pensée dans un coin de son esprit et pencha légèrement la tête sur le côté, jaugeant sans discrétion le client.

“ Car polisher is in the DIY section. We have vodka too – except if you’re a “gin” kinda guy. For a blowjob, my shift ends at 6pm, so you’ll have to wait until then.”

Fut un temps où Jak avait eu une réputation de charmeur – le genre qui arrivait toujours accompagné, et repartait avec une différente personne. Il avait beaucoup perdu de sa personnalité de l’époque, et ses joues rosies par sa propre audace en étaient des preuves en elles-mêmes. Il tentait pourtant de répliquer avec la même légèreté, la même ironie mordante, en espérant que l’humour décalé le fasse pardonner pour son impolitesse. Dans un geste ridiculement lasse, il appliqua une dernière réduction à la section des pizzas surgelée et se décala de son chariot, signe qu’il était désormais tout ouïe et près à se concentrer sur la conversation à suivre.

“ So, your highness. Ready to finally blend with the commoners? Hope you kept your plague vaccines updated.”

Il pointa du doigt le pantalon du client et haussa un sourcil, mais se ravisa de commenter sur son ridicule dans ce genre d’environnement. A la place, il planta son regard navré et un peu moqueur dans celui de son interlocuteur.

“ I can’t actually hold your hand, because I need the only one I have left – but I can help you. It’s part of my job... Though I’m gonna be real honest with you, I just love the smell of money you give off.”
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message posté : Ven 16 Juin - 13:48



 

Boiling water is playing the hard to get

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : Il s'est attendu à bien des choses, mais pas à un rire. Il a cru se prendre un pain, ou même un regard méprisant de la part de cet homme rencontré dans une situation d'infortuné. Et ce rire s'éternise d'une manière qui surprend Clyde, cette réaction longue qu'il n'avait pas calculé. L'homme ressemble à un gamin qui se bidonne après avoir entendu un mot grossier. Mais au final, c'est un peu ça. Clyde s'est laissé aller à cette langue qu'il aurait dû sept fois tourner, et il se sent presque bête d'avoir dit ça. Il n'est pas certain si c'est parce que c'était vraiment drôle, ou si c'est simplement pour se moquer de lui encore une fois. Mais il finit par le rejoindre dans un léger gloussement, qui s'évanouit bien vite.

Ses joues rosissent, parce qu'il ne s'était pas préparé à ce qu'il marche dedans. Il aurait cru tomber sur quelqu'un qui allait vite passer à autre chose, aussi simplement que ça.

"I would have never guessed... You were such an easy boy. But I have to decline you kind offer, as I am sure that tiny mouth of yours can't handle it."

Comme si cette situation ne saurait être plus surprenante, Clyde aime bien l'homme devant lui. Même avec cet air un peu rapiécé, cette mine qui hurle quelque chose entre l'inconfort et la mésentente à chaque personne rencontrée. Mais ce sont les personnes que Clyde aime connaître, à qui il aime parler : elles ne connaissent pas l'hypocrisie. C'est une certaine pureté, bien différente des visages aux allures propres, des attitudes raffinées et édulcorées. C'est un autre monde dans lequel il se plonge avec plaisir, et dont il n'est pas près d'être las.

"Oh, just call me Prince, you know. Or just Clyde the great, as you feel it."

Il lui offre une révérence, avant de se demander s'il doit être insulté ou flatté. Sans doute se demandera-t-il cela en boucle pendant toute leur discussion, et qu'il faudra simplement qu'il s'y fasse. Au moins il s'amuse, lui aussi. Et joueur, quand lui viennent ces quelques mots 'smell of money you give off'. Car il a une idée, car il aime les paris où il risque de tout perdre.

"Then I'm gonna make an offer you can't refuse, man. If you help me with success here, you can have everything that's in my pockets."

C'est à ça qu'il a marché toute sa vie, proposant à demi-inconnus ce qu'il est presque impossible de refuser. Clyde joue toujours à son propre désavantage, et c'est là la preuve qu'il est moins pourri que les autres de son monde. Il range ses mains dans les poches, dans lesquelles il sent les billets se bousculer sous ses doigts.

"But my darling, the keys to my Aston Martin are not in them. Il prend un instant avant de continuer, toujours le visage fendu d'un sourire. As this mission won't be easy, I have one question to ask : are you a player ?"
 MAY
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message posté : Sam 17 Juin - 15:30


fuck off dude
Jak se sentait quelque peu soulagé de voir sa réplique être prise à la légère. Un autre ricanement lui échappa, ce-dernier soufflé de façon telle à ce qu’il puisse pointer du doigts le ridicule de l’affirmation de son interlocuteur. Il hésita cependant à répondre – Non seulement parce que le sujet du débat était immature et puéril, mais aussi parce qu’il s’amusait beaucoup trop dans cet échange taquin. Au final, il se dit qu’il n’avait plus grand-chose à perdre, et qu’au pire, son audace lui vaudrait un client mécontent et une remontrance de la part de sa patronne si ce dernier décidait d’aller se plaindre à un responsable.

“ Oh I bet I’ve had bigger. Doesn’t even seem like a challenge to be honest.”

Il laissa un sourire hypocrite ponctuer sa phrase, rajoutant l’ironie cynique qui manquait à sa confession. Il ne savait même pas pourquoi il continuait à alimenter la confrontation – comme si il ne souhaitait pas la voir finir. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas eu cette opportunité ; celle de pouvoir répondre librement sans craindre les conséquences. Celle de ne plus devoir s’autocensurer au risque de passer pour quelqu’un d’impoli. Au moins, il se sentait sûr de lui dans ses réponses. Il n’avait pas à forcer son rire, qu’il soit moqueur ou amusé.

Alors que l’autre continuait son petit spectacle, Jak ne pouvait pas s’empêcher de l’observer avec amusement. Sa claire participation à leur altercation semblait avoir eu le même effet qu’un bidon d’huile sur une flamme chancelante. Son client avait déjà oublié l’air gêné qu’il avait affiché au départ, laissant place à un être plein d’esprit et de malice. Il semblait être plus à l’aise dans ce genre de gaminerie que dans la situation de départ.

“ How about I call you « asshole » ?”

Jak se força à rouler les yeux face à la confiance qui semblait soudainement habiter « Clyde », laissant un nouveau soupir amusé quitter ses lèvres. Lui qui était arrivé petit et perdu, caché derrière des lunettes de soleil, semblait désormais occuper tout l’espace, comme si le rayon frais était devenu une scène et que les lumières étaient braquées sur lui. Jak se contenta de tirer légèrement sur son badge pour attirer le regard du client dessus, lui évitant une présentation embarrassante. Il n’avait pas la même confiance en lui que Clyde semblait posséder quand on en venait aux présentations. La révérence lui vola un nouveau rire amusé et il se sentait comme une gamine, si facilement impressionnable.

Il avait beau avoir mentionné l’odeur d’argent que Clyde dégageait à 10 kms à la ronde, il fut tout de même surpris par le défi que ce dernier lui lança. Il ne s’était pas attendu à une quelconque récompense autre que celle de son salaire pour simplement faire son travail. Il savait que ce n’était pas un réel défi – que l’autre lui promettait davantage une gratification matérielle qu’un réel gain. Jak restait interdit sur cette dernière promesse. Il avait terriblement besoin d’argent, mais sa remarque sur les finances de Clyde avait été une simple plaisanterie.

“ I-” Il se stoppa, l’amusement et la confiance perdus dans un certain débat intérieur. Et puis l’agacement pointa son nez – parce que putain, il avait l’air si pathétique qu’un parfait inconnu était prêt à lui jeter des billets au visage pour un simple service ? “ Fuck you man, I don’t need your charity. I can still do my job, I’m not fucking useless yet. ”

Il savait que sa réaction était exagérée, mais il avait tellement l’habitude d’être traité comme un putain d’infirme, il lui arrivait de confondre pitié et récompense. Avec un ton un peu trop sec et impersonnel, il continua.

“ Just tell me whatcha fucking need. ”
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message posté : Dim 18 Juin - 13:44



 

Boiling water is playing the hard to get

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : C'est un regain d'adolescence au milieu des pizzas surgelées. Ce sont des discussions de gamin, des mots qui sonnent étranges dans la bouche de cet homme aux allures entre la haine des autres et l'énervement, et celles du parfait britannique qui se complait entre snobisme et naïveté. Clyde a levé un sourcil moqueur, bien qu'il décide de ne pas continuer sur ce chemin. Il est certain que s'il s'engage sur ce chemin glissant, qu'il finirait par rapport la preuve de son indéniable supériorité phallique.

Il s'éclate d'un rire, Clyde. L'insulte le rend léger, l'insulte résonne à ses oreilles comme la voix d'un vieil ami oublié. Généralement, c'est derrière son dos qu'on dit ça de lui, c'est sur la couverture des torchons de la presse à scandale, dans les discussions mondaines où il ne s'est pas incrusté. Mais ce n'est jamais en face, jamais de vive voix comme le 'asshole' qui lui résonne aux oreilles. Sans réelle méchanceté, sans animosité.

"Yeah, you can."

Il est surpris par cette timidité. D'un homme qui insulte sans gêne, il y a un charme indéniable à ce qu'il soit si peu enclin à parler de lui. Il plisse les yeux pour déchiffrer le badge, sur lequel figure un prénom qui semble mal orthographié.

"Oh, why is there no c ? Man, there's no way J-a-k is a name. Did your parents meant to call you Jack, or Jake ?"

C'est un mystère qu'il ne parvient pas à résoudre, perdu dans les prononciations multiples qui se bousculent sur sa langue. Il a l'étrange pensée qu'il faut être quelqu'un de très étrange pour penser qu'une typo sur un prénom restera non remarquée. Au final, presque moins bizarre que de nommer à un enfant le nom-emblème du banditisme amoureux. Même si c'est en vérité en l'honneur d'un Baron Clyde, qui était certainement un lointain parent de quelque Bridgestone.

Les réactions de l'autre ne finissent pas de l'étonner, bien que celle-là n'est pas agréable. Il n'avait pas imaginé cette douleur, qu'il se verrait insulter par une proposition qui ne mange pas de pain. Une proposition innocente, simplement faite pour rajouter à la vie le piquant qu'elle mérite. Ce n'était pas pour faire la charité, certainement pas. Clyde aime juste se faire délester des poids engendrés l'argent, de temps en temps.

"I'm sorry man, for real. I didn't meant... It was just for fun, not because I feel pity for the guy that has a typo in his name. And certainly not for your missing arm, as you look so fucking badass like that."

Il se sent toujours bête quand il blesse quelqu'un. Et généralement quand il veut effectivement attaquer par les mots, ça fait rire. Clyde regarde un peu le sol, un peu les pizzas dans des boites aux couleurs criardes.

"So don't feel offended for my rich kid attitude, I can't help it."

Il se met à côté de ce Jak, et passe son bras autour de ses épaules. Toujours tactile, Clyde. Avec tout le monde, en tout temps : au point que Jules s'en énerve, alors qu'elle se dessine au milieu d'une foule dansantes, et quelque part avec beaucoup plus de proximité qu'il n'en fait preuve.

"And you're gonna help me find stuff to make 'croque-monsieur'. That's my wife's fav, and I really want her to love me more."
 MAY
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message posté : Dim 18 Juin - 16:45


This is a "no-no"
Jak commençait à sincèrement penser que ‘trou duc’ était un surnom approprié pour l’énergumène en face de lui. Il grinça des dents et posa une main gênée sur son badge, l’abritant inconsciemment des regards. Il n’avait jamais pensé à son nom comme étant quelque chose digne de moquerie, malgré l’orthographe étonnante d’un nom à la base si commun. Il blâmait ses parents pour cela.Et puis, l’autre pouvait parler. Clyde ? Sérieusement ? Peut-être que c’était la raison pour laquelle il semblait si riche et désireux de jeter son argent par les fenêtres ; il s’était sans doute inspiré de son éponyme et avait dévalisé les trois quarts des banques du pays.

“It’s my real name, dickhead.”

Jak savait qu’il exagérait dans sa perception de la proposition de Clyde, et que sa réaction était disproportionnée, mais il ne pouvait pas s’en empêcher. Comme si quelque chose en lui s’était soudainement éveillé pour s’indigner de tous les regards pleins de pitié et de compassion. Il voulait prouver qu’il servait toujours à quelque chose. ; qu’il n’était pas qu’un boulet à trainer, une œuvre de charité ambulante. Il leva les yeux au ciel quand l’autre tenta de s’excuser – mais la mention d’une soi-disant faute dans son nom lui arracha un sourire qu’il tenta de cacher en se pinçant les lèvres. Il était censé en vouloir à l’autre, pas lui distribuer des gratifications pour son humour merdique. Pourtant, il continuait à rougir et à vouloir le cacher derrière ses cheveux un peu trop longs, parce que l’autre arrivait à échapper les accusations comme une putain d’anguille et parvenait même à placer un compliment ou deux pour mettre Jak mal à l’aise.

“ Fuck off man-”

Il y avait moins d’entrain dans son invitation à envoyer l’autre se faire foutre, mais il ne pouvait s’en empêcher. A la place, il passa sa seule main sur son visage, grattant sa barbe naissante au passage, comme sujet à une réflexion intense. Il laissa son regard jauger une nouvelle fois l’homme en face de lui et, finalement satisfait de l’air sincère que l’autre semblait afficher, hocha doucement la tête, affirmant son pseudo « pardon ».

“ Sorry I’m being so damn paranoid. Can’t help it either. It’s just-“ Il haussa l’épaule gauche, comme si une démonstration de son bras absent allait tout justifier. “ This one is being a bitch and those … “ Il dirigea son regard vers la caisse où ses collègues s’affairaient à servir des clients capricieux. “ are the worst.“ Un court silence, et il décida que passer à autre chose serait une meilleure idée pour éviter de rester dans l’embarras suivant sa confession.

Prêt à passer à autre chose, il se figea en sentant un bras se placer autour de ses épaules. Il ne put s’empêcher de faire un bond, s’éloignant du toucher comme s’il s’était brûlé. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois que quelqu’un avait fait plus que lui serrer la main - et de tous les endroits où Clyde avait décidé de le toucher, il avait choisi les épaules.

“ Haha, that’s a no-no, buddy.”

Sans plus d’explication, il reprit son chemin vers le rayon céréales pour laisser Clyde choisir son pain, le cœur encore battant. Il baissa inconsciemment la tête, comptant les tuiles blanches qu’il lui restait avant d’atteindre le rayon et priant pour que la journée se termine sans arrêt cardiaque.

Le lourd silence qui s’était installé entre eux fut de nouveau brisé quand Jak parvint enfin à reprendre le fil de ses pensées et à avaler la boule qui lui était montée dans la gorge –

“ Wait, somebody actually married you ? Wow- ” Il lança un regard amusé à Clyde, décidant d’opter pour la taquinerie plutôt que la camaraderie tactile et directe. “ Must be some brave woman. She totally deserves those croques.” Puis, il poussa gentiment Clyde vers l’immense rayon de pain de mie, le contact bref mais assez significatif pour faire comprendre que le toucher en lui-même n’était pas le problème ; C’était le manque d’avertissement. “ Pick the bread you want and put it in your basket. ”
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message posté : Mar 20 Juin - 0:21



 

Boiling water is playing the hard to get

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : Il est timide, il se laisse embarquer par la spontanéité de Clyde. Et ce dernier s'amuse des joues rouges qu'il n'aurait jamais cru voir, de cette manière qu'il a de se cacher derrières des cheveux mal coiffés – celle d'un enfant. Car au final, même quand il s'énerve, il n'est pas si véhément que ça. Ses insultes ne sont jamais empoisonnées et elles témoignent parfois d'une demie affection. Dans ses gestes de renoncements et de semi-agressivité, il y a bien pire que Jak et son prénom mal orthographié. Pour avoir été mille fois confronté à ces hommes qui se disent des fruits les plus doux, et s'être rendu compte de la pourriture sous les mots doux et les expressions fabuleuses, il mesure à quel point les apparences sont bien loin de la réalité. Et pour un homme dont les revenus sont générés par ses apparitions et son apparence – ainsi qu'un héritage familial mirobolant, ce n'est pas une mince affaire que de s'en détacher.

Clyde adore cette gêne, la manière dont il y répond avec cette main qui se passe sur le visage. Il pourrait lui le complimenter mille fois plus rien que pour ça – pour se moquer un peu, se divertir. Mais dans le bon sens du terme, il est évident.

Puis il lui fait découvrir son enfer quotidien d'un simple geste vers les clients. Ce sont les cadis qui débordent, les mioches qui braillent et dérangent les rayons de leurs désirs et curiosités malsaines. Ce sont les exigences abusives d'inconnus sur les nerfs, de personnes du quotidien qui relâchent leur frustration sur le premier venu.

"You can't just punch them in the face ? il s'imagine le valeureux soldat s'en prendre aux imbéciles du dimanche, et du samedi matin avec la force d'un Hercule, That's what I would do, buddy. And no wonder those guys drive you mad, I wouldn't last here."

Mais les solutions de Clyde ne sont sages d'emprunter que pour l'héritier qu'il est, que par un homme dont le nom de famille se mêle à la politique américaine et britannique, tout en s'entremêlant aux arts de ces deux géants. Et ses instants de sympathie qui se finissent en une proximité trop grandes dérange Jak. Clyde est rejeté d'un mouvement, et ne prend pas la peine de s'offusquer. C'est à lui de pas faire ça, au fond.

"Oh, so I can't touch your butt, sweetheart ?"

Un clin d'œil, trop adroit pour ne pas avoir été répété pendant des heures devant un miroir. Et une expression presque enjôleuse qui se fend d'un sourire doux. Sa femme, la précieuse. Plus courageuse qu'aucun autre, plus méritante qu'aucun homme, qu'aucune femme ne saura jamais l'être. Là c'est à lui de rougir et de baisser les yeux.

"You have no idea, she is... I've never seen such a beauty, nor a mind like hers. "

Puis vient le moment où il se fait pousser jusqu'au rayon pain, qu'il découvre avec fascination. Ses mains farfouilles

"Wow, so much bread... Much breadiness..."

Et il finit par prendre le premier qui lui vient, celui avec l'emballage le plus coloré, prouvant alors mille fois les attrapes-nigauds des publicitaires. Il se redresse.

"So you know how to cook ? I didn't even know what kind of bread - or if croques monsieur required bread. You must be quite a genius. "

C'est une sincérité désarçonnant, car Clyde n'a jamais appris à cuisiner. Juste à manger, juste à regarder les mains de Jules se plonger dans la farine et faire des merveilles qu'il apparente à la simple magie.
 MAY


Dernière édition par Clyde Bridgestone le Sam 24 Juin - 3:20, édité 1 fois
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message posté : Mar 20 Juin - 23:21


you're just a disaster
Jak se contenta de lever les yeux au ciel, ignorant entièrement la question ridicule de Clyde. S’il pouvait se contenter de frapper ses clients pour régler ses problèmes, tout serait beaucoup plus simple. Il appréciait tout de même la tentative de sympathie dont lui faisait part Clyde et il lui rendit un sourire timide, avant de détourner le regard.
Le mouvement de recul de Jak quand Clyde passa son bras autour de ses épaules n’était pas volontaire ou agressif, mais il n’avait pas pu s’en empêcher. Il fut heureux de constater que Clyde ne s’en était pas offusqué, balayant l’évènement d’une plaisanterie qui fit rougir Jak jusqu’à l’os, et tenter une nouvelle fois de se cacher derrière son col et ses cheveux un peu trop longs. Il eut tout de même la dignité d’offrir son majeur à l’autre, lui faisant silencieusement comprendre qu’aucune main n’était autorisée à se balader près de son postérieur. Il parvint tout de même à ravaler son embarras et continua son chemin vers le rayon, le ton sec et sans discussion.

« I only got one hand but I can still crush your balls if you call me sweetheart again. »

Il ponctua sa menace d’un regard qui se voulait noir, et leva les yeux au ciel en surprenant le clin d’œil charmeur de Clyde. Il savait qu’il ne ferait rien de sa promesse, appréciant malgré lui la présence du client le plus ignorant au monde. Cela lui changeait de l’habituelle mère de famille paniquée d’avoir perdu son enfant dans les rayons pour la cinquième fois de la semaine.

Il fut interrompu dans ses pensées par la confession de Clyde concernant sa femme. Il ne put empêcher un léger sourire de se dessiner sur son visage, sincère cette fois. L’autre semblait vraiment épris. La relation la plus sérieuse de Jak avait été celle qu’il avait partagé avec Maxyn, mais le regard amoureux de Clyde racontait une toute autre histoire. Il avait eu beaucoup d’affection pour Maxyn, mais il réalisait maintenant qu’elle avait été davantage une meilleure amie et une confidente qu’une véritable compagne.

« Is she your soulmate ? » La question lui avait échappé des lèvres et il eut la jugeote de s’en excuser, baissant les yeux pour poser son regard sur les tuiles blanches décorant le sol du rayon. « Sorry, it’s really not my business. »

S’éclaircissant la voix et espérant ainsi marquer la fin de ce sujet de conversation en particulier, il observa Clyde se diriger avec détermination vers le paquet de brioche le plus coloré. Parce qu’évidemment, l’autre ne faisait pas la différence physique entre la brioche et le pain de mie. Il lâcha un soupir exagéré et arracha presque le sachet des mains de Clyde, le replaçant dans le rayon.

« Dude, really ? You gotta pay closer attention to what you’re buying. That’s not soft bread, those are cut buns. » Se rendant compte de ses paroles, il plissa les yeux et foudroya Clyde du regard, juste par précaution. « Make a joke about ‘those buns’ and I swear, I’ll stuff them down your throat. »

Il choisit un autre paquet, moins coloré cette fois, et le glissa dans le panier de Clyde.

« I’m not a genius, you’re just a disaster. »

Malgré son air renfrogné, il était difficile de rater l’amusement brillant dans les yeux de Jak. Il n’allait pas se mentir en disant qu’il ne s’amusait pas en babysittant l’idiot paumé qu’était Clyde. Au moins, il n’avait pas ce réflexe stupide de prendre ses précautions autour de Jak, comme s’il était un jouet cassé ou un animal blessé.

« You only need bread, butter, ham and cheese. It’s just a heated sandwich man. »

C’était sans doute une énorme révélation pour Clyde, alors il lui laissa le temps de digérer la nouvelle avant de le guider vers le rayon frais pour choisir fromage et jambon.
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message posté : Ven 23 Juin - 0:08



 

Boiling water is playing the hard to get

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : Et dans les rayons surchargés de nourriture, c'est à elle qu'il pense. A elle, quand il touche du bout des doigts l'anneau qui a célébré leur union, même basée sur un simple regard et des apports mutuels. Même s'il s'est toujours imaginé ne rien ressentir pour elle plus que de l'admiration et un début d'amitié, il est allé au bout de son monde pour avoir sa gratitude, et peut être même ses moqueries. Car il est évident que quand il reviendra des cuisines de l'hôtel avec ses croques-monsieur mal faits, brûlés sur le dessus et dégoulinant, elle rira. Avec sa main devant la bouche, et cette posture si charmante qu'il a vu sur tant de filles, mais n'a apprécié que sur elle.

Il n'est pas surpris par la question. On l'a lui a posé si souvent, et même Vanity Fair s'y est risqué. Dans ces moments-là, il a l'air presque triste d'y penser. Car il sait qu'un jour elle le laissera pour un autre que lui, pour cette personne qui se serait risquée à glisser ses mains sur sa hanche et à lui susurrer les mots magiques.

"Oh you can ask, growing up as the 'son of' doesn't go well with intimacy... Un mouvement de main qui se veut gêné, incertain. C'est pas difficile à dire, bien qu'il a toujours l'impression qu'on le juge pour s'être marié à celle qui ne lui était pas destinée. We're not... No, she's not my soulmate. I don't care about this bullshit, I just hope that I'm her king as much as she's my beloved queen."

Il aimerait demander, lui aussi. Il aimerait savoir si cet homme aux excès de gênes et de véhémences l'a déjà rencontré. Peut-on être comme ça, en connaissant l'amour de sa vie ? Est-on forcément plus sain, l'esprit plus calme, une fois la divine rencontre passée ?

Clyde a l'impression de se faire réprimander par un grand-frère, ou par sa propre femme. Alors il le prend toujours bien, et se contente d'un large sourire et d'un air innocent.

"Go ahead, I don't have any gag reflex."

Et il est inutile de raconter l'origine de cette découverte, car elle est réservée à un public averti, et à éloigner des oreilles les plus sensibles.

Clyde observe avec grand intérêt le paquet choisi, tachant de se souvenir de la différence entre les deux. Il ne relève pas la remarque de Jak, et se contente de lui adresser un regard noir très mal fait. Une chose pour laquelle il est vraiment mauvais, c'est feindre l'inimité. Il en fait toujours trop.

"That's really how they do it in France ? Just that ? Not some dirty magic to make it so good ? Just ham and cheese ?"

Sur le chemin du rayon frais, Clyde s'est enhardi. Il est bien trop intrigué par l'homme qu'il suit, qui se dessine entre une véritable gentillesse et toutes autres choses qu'il dégage qui font fuir les autres. Il évite de lui attraper son bras restant, ayant compris que la proximité sauvage ce n'est pas trop son truc.

"Dude, have you ever met your soulmate ? une phrase qui ne reste pas orpheline. I don't know if this soulmate thing is crap or not, so... Do we have to be with that person ? Or can we just..."
 MAY
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message posté : Sam 24 Juin - 16:18


don't worry your pretty head
Jak ne savait pas quoi répondre à la confession de Clyde. Il passa outre sa mention d’une certaine célébrité qui justifiait cet air de déjà-vu qu’il avait eu en posant les yeux sur Clyde pour la première fois, et se mordit la langue pour s’empêcher de commenter. Il enviait un peu Clyde qui semblait si confident dans l’amour qu’il portait à sa femme et qui crachait sa sincérité sur ses déclarations. Il avait envie de presser sa marque, de la toucher du bout des doigts et de la maudire pour exister ; pour avoir été une source de malheur et d’auto-apitoiement pendant toutes ces années. A la place, il serra le poing et garda son bras collé au long de son corps.

L’atmosphère sérieuse s’évanouit aussitôt qu’il s’était installé et Clyde semblait décidé à passer à autre chose. Jak lui en était reconnaissant, mal à l’aise quant à la direction que prenait la discussion. Il força au sourire amusé en entendant Clyde venter ses capacités orales, l’esprit toujours préoccupé par leur précédente discussion. Il lui fallut un moment avant de se rendre compte que Clyde lui avait posé une question et attendait visiblement une réponse. N’osant pas lui avouer qu’il ne prêtait pas attention, il hocha brièvement la tête, risquant une affirmative. L’autre ne semblait pas dérangé par ce « oui » silencieux et continuait son chemin vers le rayon frais, visiblement prêt à prendre les devants. La compagnie était agréable et bien vite, Jak décida que pousser ses réflexions philosophiques sur les âmes-sœurs dans un coin de son esprit était la meilleure solution pour éviter une crise existentielle en plein milieu de ses heures de travail.

Malheureusement, cette résolution ne dura pas. Il ne semblait pas être le seul à être préoccupé par ces réflexions. Il ralentit sa marche vers les rayons frais, soupirant de soulagement en sentant la climatisation des rayons lui souffler leur air glacé dans sa direction. Il jeta un regard en biais à son désormais compagnon d’infortune, et une colère qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps l’envahi. Pas contre Clyde, mais contre l’abruti qui avait décidé qu’imprimer ces mots dégradants sur son épaule était une bonne idée.

« No I haven’t, and if I did, I can already guess that his mark will be on their cheek. With a big ass ‘Dickhead’ printed on it. »

Les mots avaient été crachés, teintés de rage et de rancune. Son entière posture hurlait « Sujet sensible », et pourtant il n’en voulait pas à Clyde pour lui avoir demandé. Au contraire, il se surprit à apprécier partager sa colère avec le plus jeune. Il jeta un nouveau regard en biais vers ce-dernier et força un sourire, un peu amer mais qui se voulait sympathique, appuyant le fait que son éclat ne lui était pas destiné.

« I think that if you love your wife, not even some asshole with your words inked on their arm can top that. »

Jak se surprenait de par ses propres conseils sincères. Il n’était pas du genre à donner son avis sur des sujets aussi important, mais la question presque timide de Clyde l’avait incité à exposer son point de vue. Sans un mot, il attrapa un paquet de jambons sous vide et le lâcha dans le panier de son client. Un rictus plus sincère avait retrouvé sa place sur ses lèvres et il ressentit le besoin de déposer une pichenette sur le front du plus jeune.

« Don’t worry your pretty head about that. Maybe it won’t feel like nothing. Maybe this is just all bullshit and some romanticised Shakespearian crap. » Pour ponctuer ses paroles, il haussa les épaules, le mouvement rendu maladroit par son bras manquant. « Well, anyway. You just need some cheese and you’re good to go. »

Et comme si rien ne s’était passé, il reprit son chemin vers le rayon des produits laitiers, doublant les immenses étagères d’attrape-nigauds et de sucreries colorées.
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message posté : Dim 25 Juin - 19:55



 

Boiling water is playing the hard to get

— Jak et Clyde
Le monde inconnu  : C'est une angoisse, cette histoire d'âme sœur. Qu'on y croit pleinement, qu'elle nous fasse rêver ou bien qu'elle soit simplement un mythe relégué au temps de l'enfance. On en vient à redouter les gestes que l'on a à l'encontre d'inconnus, on guette parfois les bonjours timides et les révélations subites avec autant d'espoir que de peur. Clyde a souvent cru et espérer quand une tendre créature venaient à replacer ses cheveux en glissant ses doigts derrières son oreille, pour aujourd'hui les redouter. Il a l'idiot espoir de pouvoir arrêter le destin d'un mouvement brusque, d'une esquive qui lui donnerait la liberté de son cœur. L'idée de se couper l'oreille, d'écorcher à la peau à cet endroit ont été envisagées tant de fois pour être au final rejetées. Car au fond, il n'est pas encore prêt à faire ça.

On lui avait dit qu'on ne pouvait pas perdre un membre sur lequel trône la marque tant qu'elle ne s'est pas réalisée, c'est peut être pour ça. Et il veut continuer d'en parler, retourner les âmes sœurs mille fois et dans tous les sens possibles, comme un monstre dont on cherche les faiblesses pour le défaire.

Ca le fait sourire, ce que dit Jak. Il se souvient avoir eut des mots semblables pour rassurer Jules, la nuit où il est revenu de Paris. Faut avouer qu'il est heureux de ne pas être le seul à détester cette idée, à vouloir se soustraire par tous les moyens à cet amour imposé.

"Oh wait... Il prend un air sérieux, Clyde. Il a les sourcils froncés et l'index en suspension dans l'air. "I just saw a cutie with dickhead on her cheeks... Could she be ?" Mais sa mascarade ne tient pas longtemps, car il fend d'un sourire. Comme toujours, il reste incapable de blaguer très longtemps.

Même s'il a des pointes de colère en lui, même s'il a cet accent qui rend les mots impossibles il aime la sincérité abrupte dont il vient à faire preuve. Ca détend Clyde, que quelqu'un d'autre que lui-même dise que cet amour-là peut bien survivre aux plans du destin. Qu'au fond, ce n'est qu'une marque.

"I would give away my fortune and my wardrobe for her. Une petite pause, pour se rendre compte de la stupidité de sa phrase. Car aucun dilemme n'a jamais opposé les doux apprêts du prince et ses ors à l'amour. Yeah she's damn cool."

Mais le sujet profond est balayé par la liste de course, et accompagnée d'une triste nouvelle : après ça, Clyde ira en caisse et la conversation prendra fin. Même si c'est évident qu'il n'allait pas passer sa journée avec Jak, ça reste décevant.

"But Jak..."

Et il aurait certainement continué sa phrase si les couleurs criardes des bonbons n'avaient pas eu raison de lui. Clyde tâte chaque paquet, choisit pendant des heures sans oublier de ponctuer ses observations de 'oh' et de 'aah' très enjoués. Ce n'est que cinq sachets mis dans le panier plus tard qu'il la poursuit.

"The candy got me. Il aurait l'air un peu triste, quand il lui parlera. But that also means we won't be able to speak for a while ? You're all fun and sarcasm, how am I gonna live without that ? Oh god, what's left of today is gonna be sooo gray..."
 MAY
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message posté : Mer 28 Juin - 15:08


That's it, I guess
Jak ne pouvait s’empêcher de se montrer sceptique face à la plaisanterie de Clyde, lui lançant un regard qui démontrait parfaitement sa fatigue et son manque d’amusement. L’idée même d’une rencontre avec son âme-sœur nouait son estomac et faisait démanger son poing. Il avait vécu 35 longues années avec ce label gravé sur sa peau – la marque d’un destin plus ou moins tragique ; Une moquerie qui ne cessait jamais de lui rappeler sa condition et son état d’esprit.

Clyde n’y était pour rien. Il ne pouvait pas possiblement savoir ce qui était encré sur son épaule gauche – Mais la plaisanterie était amère et elle ne fit pas sourire Jak. Au contraire. Ses yeux se posèrent sur le carrelage blanc décorant les rayons, décidant que compter les tuiles était une activité bien plus intéressante que de faire face à cette colère et honte d’avoir une marque aussi ridicule. Il aurait préféré passé à autre chose, et il en fut reconnaissant quand Clyde décida de revenir sur le sujet de sa femme.

C’était touchant dans un sens ; de le voir se débattre face à ce soi-disant destin qui leur était assigné dès la naissance. De le voir résister à cette prédéfinition pour aimer la femme qu’il avait choisi. Jak en aurait presque été touché si ce cynisme naturel ne l’habitait pas. Il croyait en ses propres paroles, mais l’espoir qui avait transvasé dans ses précédentes réassurances n’était, quant à lui, pas tout à fait sincère. Jak pouvait s’imaginer abandonner sa fortune pour quelqu’un, mais cette-dernière ne représentait pas grand-chose. Clyde quant à lui semblait posséder assez pour admettre que renoncer à ses bien matériels était quelque chose de significatif, bien que superficiel en soit. Jak ne connaissait pas Clyde depuis assez longtemps pour jauger de son attachement envers sa garde-robe ou sa dite fortune, mais il le croyait quand il disait être prêt à tout abandonner pour pouvoir rester avec sa femme.

Ne sachant pas vraiment quoi répondre à cet aveux, Jak se contenta de continuer son chemin dans le silence. Bien entendu, il n’avait pas prédit que l’immaturité évidente du plus jeune et sa tendance à être facilement impressionné l’emmènerait à se stopper au rayon friandises. Le rayon que les parents évitent avec attention pour ne pas faire face à un caprice en public ; D’un autre côté, il doutait du fait qu’on ait jamais refusé quoi que ce soit à Clyde, et il le suivit en soupirant bruyamment pour faire comprendre son agacement face au comportement de ce-dernier. Et il ne retint pas ses commentaires en l’observant choisir avec une attention exagérée les paquets de sucreries.

« Just choose already, god dammit- »

Il marmonna dans sa barbe pendant toute la durée de leur arrêt au rayon bonbons, vite agacé et ennuyé, mais son humeur dégradante fut mise de côté quand Clyde reprit la parole. Il haussa les sourcils de surprise, étonné face à la confession du plus jeune et surtout, face à son implication.

« - You’ll do just fine » Il répondit, le regard fuyant et les joues légèrement rougies par la déclaration. « In two days you won’t even remember meeting me. »

Il força un sourire, dégageant une fausse indifférence dans l’espoir que sa déception ne se voit pas trop. Il appréciait Clyde – même si ce dernier semblait être d’un tout autre niveau d’inconvenance. Lui aussi était appréhensif de la fin de cette drôle de rencontre, mais il savait également que le peu d’attachement ou d’intérêt que lui portaient les gens disparaissait très rapidemenet. Il n’était pas que sarcasme et fun. Il était anxieux, paranoïaque et entièrement dépendant d’un chien pour fonctionner comme une personne relativement normale et ne pas se mettre à hurler quand les gamins font exploser des pétards sur le parking à la fin de sa journée, ou ne pas avoir le réflexe de se mettre à couvert quand il entendait le moindre bruit sourd.

Toujours évitant le regard de Clyde, il haussa les épaules, maladroit à cause de son bras et de la gaine qui compressait sa poitrine.

« Besides, I’ll still be here if you decide to buy more stuff from the Walmart, like a normal person. »

Et sur ces bonnes paroles, il reprit son chemin vers le rayon des produits laitiers, décidant rapidement de quel fromage Clyde allait garnir ses croques-monsieur et espérant se débarrasser de l’étrange tension qui s’était soudainement installé entre eux deux.

« You just need to bring that to the cashier. She’ll take care of the rest. Don’t forget to ask for a bag or you’ll have a hard time taking all of this to the car – And … Yeah. That’s it I guess. Just... take care? »
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