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message posté : Dim 18 Juin - 19:15



   

Au voleur !

— Lysandre et Asmodée
J'ai l'impression de passer ma vie ici, quand j'y pense, mais ça ne me dérange pas tant que ça. Quand j'étais plus jeune, l'idée d'avoir un vrai travail m'effrayait beaucoup, car je savais que j'allais dire adieu à toutes mes passions, et tout ce temps libre qui caractérise si bien le temps de la jeunesse. Seulement, travailler à la librairie me laisse énormément de temps pour moi, et j'en remercie la propriétaire pour qui c'est quelque chose d'essentiel. Elle m'a toujours dit qu'un bon employé est un employé qui a le temps de vivre sa vie, voilà pourquoi elle se permet d'embaucher plusieurs personnes à la fois qui peuvent partager leur temps de travail et ainsi avoir parfois un après-midi entier de libre après avoir travaillé le matin, ou une journée complète dans la semaine si une autre journée complète de travail a été effectuée. Quand il n'y a pas de clients dans la boutique, je peux attraper un livre et m'installer tranquillement derrière le comptoir, dans un fauteuil qui trône derrière la caisse enregistreuse, dans l'angle du mur en pierres. Je crois qu'il n'y a pas beaucoup d'employés qui ont cette chance, et j'estime beaucoup la mienne.

De temps en temps, la propriétaire descend avec un ou plusieurs de ses chats sous le bras, les dépose dans la boutique et se met à ranger des livres. Les déplacer, remplacer des étiquettes manquantes sur les étagères... C'est un vrai bonheur de voir les clients aux mines réjouies lorsqu'un chat passe entre leurs jambes, et la petite dame âgée venir leur parler. J'aime beaucoup l'endroit où je travaille, c'est indéniable.

Aujourd'hui justement, je suis en journée complète, et la propriétaire se trouve dans la boutique. Elle est descendue avec l'un de ses matous, le moins peureux, qui s'est installé sur mes genoux quand je me suis mise dans le gros fauteuil derrière le comptoir. Aucun client n'a besoin de moi, et je suis en avance sur le rangement des rayons, aussi je ne me suis pas faite prier pour m'installer tranquillement dans mon coin et faire passer le temps avec un bon bouquin. Alors que j'arrive à la fin de ce dernier, la petite clochette de la porte d'entrée retentit. Je lève les yeux, et dans la lumière du soleil de la fin d'après-midi je vois entrer dans la boutique un homme que je n'avais encore jamais vu. Il a une capuche sur la tête, alors qu'il fait un temps radieux dehors. Je hausse un sourcil, plus inquiète qu'intriguée, et me redresse avant de lui demander calmement :

- Bonjour, puis-je vous renseigner ?

   MAY
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THE FEELINGS I’VE BEEN RUNNING AWAY FROM

à philadephie depuis : 05/06/2017

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message posté : Sam 1 Juil - 1:31



   

Au voleur !

— Lysandre et Asmodée
De l'autre côté de la rue, capuche sur le visage, mains profondément enfoncées dans tes poches, tu fixais la devanture de la petite librairie avec appréhension, hésitation, tu n'en étais pas à ta première fois pourtant, pas à ton premier vol, ni à ta première infraction.
Arrivé à six ans à peine dans les rues de Philadelphie, enfant abandonné, délaissé, incapable d'articuler quelques mots d'anglais, innocent et ignorant le fonctionnement du monde dans lequel il était né, tu avais été rapidement utilisé pour voler, plus petit que les autres, plus innocent aussi, inconscient, tu avais vite appris à te faufiler dans les rayons, à échapper aux regards et mieux encore à attirer la pitié. Avec tes grands yeux hazel, ton air constamment maladif, ton regard d'enfant perdu, abandonné, coincé entre le rêve et la réalité, tu faisais chavirer les cœurs, tu leur donnais envie si ce n'était pas toujours de te sauver, au moins de ne pas te dénoncer, et même en grandissant, même lorsque les traits de l'enfance avaient laissé place sur ton visage à ceux de l'adolescence, puis à la maturité de l'âge adulte, tu n'avais pas oublié.
Tu ne le faisais plus pourtant, ou beaucoup moins, parce que Mira était là, parce qu'il veillait sur toi et te rapportait ce dont tu avais besoin, mais aussi parce qu'en vieillissant, l'âge avançant tu avais su t'émanciper de ceux qui avaient voulu jadis profiter de toi, tu avais fini par te libérer de leur influence et n'exister que pour toi, selon tes propres valeurs, un code moral implicite que tu t'étais fixé.
Et malgré cela, tu te retrouvais là Lysandre, au point de départ, comme un cercle vicieux, une boucle infinie, comme si tous tes efforts n'avaient pas servi, tu étais là les yeux fixés sur la vitrine, en train d'attendre que la propriétaire s'éclipse et laisse la jeune employée seule, tu étais là perdu dans tes pensées à te demander à quoi tu jouais, à écouter calmement le débat entre ton cœur et ta conscience, entre tes valeurs et tes envies, tu étais là, déchiré comme tu l'avais toujours été, un être contradictoire, élevé au milieu des contradictions et des confrontations, tantôt brusqué par la violence de la rue, des règlements de compte, par la peur, la douleur, la maladie ou la faim, tantôt bercé par la voix de celle qui avait été une mère pour toi, par ses histoires, ses mots, ses légendes, celle qui t'avait donné le goût du rêve et le goût de l'évasion, celle qui t'avait appris à le faire en lisant, qui t'avait montré que les livres étaient comme des portails entre chaque dimension, celle à cause de qui, ou grâce à qui, tu étais là, à cet exact moment, à cet exact endroit aujourd'hui, hésitant entre le bien et le mal, entre l'envie et la morale, parce qu'après tout la vie n'était jamais qu'une succession de choix, c'était ce qu'elle racontait en tout cas, qu'à chaque fois que tu prenais une décision, une autre version de toi, loin, très loin d'ici, prenait la décision opposée, que c'était chaque choix qui décidait qui tu étais.
Et peut être que dans une dimension, loin, très loin d'ici, il existait vraiment une version de toi, qui a fait demi-tour ce jour-là, mais pas toi, toi tu as juste soupiré, terminé de te convaincre que tu avais juste vraiment besoin d'un livre, juste un seul, pour avoir moins peur la nuit, pour avoir moins peur le soir, arrêter d'imaginer un ennemi invisible dans chaque ombre qui déformait l'obscurité, toi tu as juste traversé la rue, et appuyé sur la poignée, poussé la porte et laisser le tintement de la clochette résonner dans le silence, se figer quelques instants dans l'air avant de mourir alors que tes yeux croisaient ceux de l'employée.

Bonjour, puis-je vous renseigner ?

Sourcil légèrement haussé, air inquiet, tu finis par lui sourire en retour, si tu n'étais peut-être pas un modèle d'éthique et de morale pour ce que tu t'apprêtais à faire, tu n'aurais jamais pour autant blessé une employée, tu n'aurais jamais eu recours à la violence, en aucun cas, si ce n'est celui de défendre ta propre vie.
Alors comme pour montrer ta bonne volonté, faire acte de bonne foi, tu as retiré ta capuche, laissant apparaître ton visage, après tout, pas besoin de te camoufler, même si tu finissais une nouvelle fois au commissariat, tu serais libéré, encore, un des rares avantages au fait de ne pas exister.

« C'est gentil mais je vais juste regarder un peu, je me suis pas décidé »

Tu avais même fait de ton mieux pour camoufler au maximum ton accent russe, si juste ta capuche avait suffit à l'effrayer tu ne voulais pas non plus qu'elle se croit dans un remake de mauvais film de mafieux, et puis, tu ne mentais pas tout à fait, tu ne t'étais vraiment pas encore décidé.

Finalement, tu as juste laissé tes pas te guider, laissé tes mains décider pour toi, et tu as attrapé le premier livre à ta portée. Un regard à ta gauche, un à ta droite, un derrière toi, un juste devant toi, quelques secondes supplémentaires pour faire taire ta culpabilité et tu as glissé le livre dans ton sac, tout au fond, le plus tassé possible sous les vêtements, les couvertures, les médicaments et les autres affaires qui garantissaient ta survie.

Rapidement, mais pas trop non plus pour ne pas attirer les soupçon, regardant droit devant toi comme si tu n'avais rien à te reprocher, comme si tu n'avais rien fait, n'étais jamais qu'un client normal, tu t'es dirigé vers la porte, la main sur la poignée avant de te retourner vers l'employée

« Bonne fin de journée »

Parce que c'était ce que tu étais supposé dire, parce que c'était ce qu'on attendait de toi, du moins tu le croyais.


   MAY

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« You make me really happy. I laugh way too much around you. Your name brings butterflies to my stomach and when you walk into a room my heart speeds up. Even just thinking about you makes me smile. »
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message posté : Sam 1 Juil - 17:15



   

Au voleur !

— Lysandre et Asmodée
Quand je me redresse en direction de l'entrée et de l'homme qui vient d'entrer, capuche sur la tête, le matou sur mes genoux, dérangé par mon mouvement, se lève et s'éclipse de mes jambes. Je lui jette un regard rapide et reporte mon attention sur l'homme encapuchonné. Celui-ci tourne la tête vers moi, hausse un sourcil et finit par me sourire et enlever sa capuche. Je me détends légèrement, et reprends une pose normale et plus nonchalante. Il me lance qu'il n'a pas besoin de moi, et qu'il regarde seulement, ne s'étant pas décidé. J'acquiesce en haussant un sourcil, intriguée. Il ne pleut pas dehors, pourquoi a-t-il une capuche ?

Je le regarde s'éloigner entre les rayons, et hésite quelques secondes avant de me replonger dans mon livre. Après tout, il n'a pas l'air si bizarre que cela, sans capuche. C'est seulement un employé que je n'ai jamais vu, aucune raison de paniquer. Où en étais-je...? Ah, oui. Je retrouve la ligne où je m'étais arrêtée en entendant la sonnette et tente de me remettre dedans, sauf que l'image de l'homme presque masqué entrant dans la librairie ne veut pas quitter mon esprit. Je ne parviens pas à me concentrer. Et l'absence du matou ronronnant sur mes genoux n'arrange pas les choses. On crache souvent sur ces petites bêtes en disant qu'elles sont moins fidèles et moins aimantes que les chiens, mais je ne suis pas du tout d'accord. Il n'y a rien de plus relaxant qu'un chat, je ne sais pas ce que je ferais sans ma Lilith. Elle m'apporte beaucoup au quotidien, même si c'est un vrai démon. Je ne l'ai pas nommée ainsi pour rien, finalement.

Un mouvement finit par attirer mon attention, je lève les yeux et revois l'homme précédemment masqué, la main sur la poignée de la porte d'entrée. Il me souhaite une bonne journée. Il n'a rien acheté, tant pis. J'allais lui répondre et lui souhaiter la pareille, quand soudain la propriétaire déboule de derrière un rayon, se jette entre l'homme et la porte clé en main, et ferme rapidement la porte sans que lui ou moi n'ayons pu faire un mouvement.

- Que se passe-t-il ? je demande en me levant, inquiète, après avoir posé mon livre à l'envers sur le bureau.

"C'est un voleur ! Je l'ai vu prendre un livre et le mettre dans son sac !" crie la propriétaire sans quitter l'homme du regard, et serrant son trousseau de clefs sur sa poitrine, l'air plus choqué que jamais.

   MAY
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