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message posté : Lun 19 Juin - 19:38


pride and downfall
Aujourd’hui faisait partie des mauvaises journées. Celles qui lui donnaient envie de chialer quand il enfilait la seule manche de ses tee-shirts, exposant un bras atrophié et des cicatrices difformes. Quand il était dans cet état d’esprit, même son chien de service ne pouvait pas faire grand-chose pour l’apaiser. Son humeur balançait précairement entre rage et peine, et il s’emportait pour un rien ou s’effondrait au moindre problème. Son aigreur était d’autant plus importante que sa routine habituelle avait été perturbée par un thérapeute indisponible et un désir de se défouler lors de ses exercices habituellement quotidiens qu’il ne pouvait pas assouvir. Ils avaient normalement rendez-vous à dix heures à la salle de sport, mais un rapide coup de téléphone avait confirmé l’absence de son tuteur dont les enfants avaient été malades tout la nuit. Il s’était retenu de protester et avait souhaité un bon rétablissement aux gamins avant de raccrocher.

Son équilibre, toujours précaire malgré ses années de réadaptation, nécessitait du travail et c’était la raison pour laquelle il se rendait régulièrement à la salle de sport avec ledit absent thérapeute. Cette fois-ci , la frustration et l’insatiabilité l’y avaient conduit seul. Dans les vestiaires, il lui avait fallu plusieurs minutes pour parvenir à fixer sa gaine autour de son torse et de son bras absent. Sa main tremblante et la boule dans sa gorge n’avaient rien fait pour faciliter les choses. Il savait qu’il était stupide de laisser la colère et le regret guider ses actions. D’autant plus que le déclencheur avait été ridiculement insignifiant. Une nuit interrompue par ses cauchemars habituels et un léger changement dans son quotidien avaient pourtant suffit pour le rendre fébrile. Le fait qu’il avait parfaitement conscience du ridicule de la situation ne conduisait qu’à davantage auto-apitoiement. Et sa fierté qui lui hurlait de s’accrocher à actions irréalisables. Peut-être avait-il décidé de se prouver à lui-même. De montrer au monde entier qu’il n’était pas totalement inutile –

Les premiers exercices s’étaient montrés facilement réalisables sans l’aide qu’il recevait habituellement de son coach. Il avait perdu l’équilibre une ou deux fois, mais avait  retrouvé une quelconque confiance en ses capacités en dépassant le nombre de tractions habituelles et en courant une vingtaine de minutes en plus de son programme. Puis il avait posé ses yeux sur les haltères et sa bêtise avait refait surface pour se mêler à la jalousie en voyant les autres clients de la salle soulevant tranquillement les poids, les deux mains au-dessus de la tête. Deux mains était le mot clé bien évidemment, mais Jak était un crétin et les crétins agissaient souvent sans réfléchir. Il avait ajusté le gant autour de son unique main, avait resserré sa gaine au point où cela en devenait presque douloureux d’inspirer, et s’était installé sur la machine, s’attirant le regard intrigué et un peu moqueur des gens autour de lui. A cette heure-ci, le seul employé présent se trouvait à l’accueil, sans doute trop occupé à compter la caisse de la veille pour prêter attention aux conneries de Jak.

Il s’était senti si fier en soulevant la lourde barre en fer, testant sa prise en main et son maintien en équilibre avec une seule main en son centre, qu’il avait aussitôt rajouté des poids. Il avait toujours été gourmand, Jakie. Avec une tendance à surestimer dès qu’il accomplissait quelque chose. Son sourire fier s’était vite effacé pour laisser place à une grimace quand il réalisa qu’une seule main ne suffisait pas pour reposer les poids sur les encoches de sécurité. Les gens autour de lui avaient déjà perdu intérêt, vaquant à leurs propres occupation. Et putain, il jurait devant Dieu que s’il crevait étouffé par une haltère dans une salle de sport à Philly, après avoir survécu à l’Irak, il irait hanter cette foutue salle de sport et son connard de thérapeute jusqu’à la fin des temps.
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message posté : Sam 24 Juin - 23:53




pride ans downfall - w/ jak

Tybalt était du genre à faire énormément de sport, et ce depuis qu'il était un enfant ; un petit garçon trépignant, qui ne demandait que de rendre ses parents fiers. Hockey sur glace, football, soccer... Et jamais cela n'avait été assez. Jamais assez viril ; jamais assez intéressant ; jamais trop important. Avant c'était un drame ; avec les années, c'est devenu une habitude qui ne le touchait plus du tout. Plus un pincement au coeur, mais une passion. Maman ne vient pas voir tes matchs, c'est pas grave Tyb. Tu joues pour toi. Pour toi et un peu aussi pour draguer les filles.

Aujourd'hui c'était encore différent. Il avait besoin de ce sport pour son boulot, resté en forme pour ne pas finir au chômage. Son corps était son outil de travail principal, il devait l'entretenir et l'entraîner pour ne pas perdre la main. Qui plus est, pour éviter les blessures graves.
Quelques hématomes, des muscles un peu trop tirés, trop sollicités ; il aimait cette douleur, se sentir vivre, se sentir souffrir. Mais Tybalt devait attention à ne pas devenir accro à ses sensations ; une blessure trop grave pourrait sonner le glas de sa carrière, ou, pire, mettre fin à sa vie.

Alors que le beau brun n'était pas à la patinoire ou en soirée, il y avait de très grandes chances qu'il se trouve ici ; à la salle de sport. La salle était pour lui comme une seconde maison tellement il y passait le plus clair de son temps. Les employés le connaissaient par coeur, connaissaient son parcours et le café qu'il prenait après chaque séance pour passer entre les machines et parler aux gens.
Quarante-cinq minutes de cardio avant de passer aux poids. Il avait envie de se pousser aujourd'hui, de faire bien plus que d'habitude, pour pouvoir faire le fier auprès des filles et de quelques garçons qu'i draguait à l'occasion.

Il y avait du monde sous les haltères mais cela n'avait jamais dérangé Tybalt, pas peu fier de sa forme physique. Son débardeur blanc ne laissait rien à l'imagination et son training était peut-être un poil trop serré, pour en dévoiler plus que prévu. Oui, le plus vieux des Rosenbach faisait partie de cette population qui vient à la salle pour se montrer et faire le malin ; mais il considérait, à tort ou à raison, qu'il en avait bien le droit.
Ses mains préparées pour les douloureux et lourds haltères, il était prêt à ajouter quelques kilos à sa barre quand un drôle de soupir non loin le fit relever la tête. Ce n'était pas un gémissement exagéré et viril poussé par un homme-singe, mais un souffle trop court, un souffle alertant dans cette partie de la salle.

Tybalt repéra l'idiot en moins de deux : des cheveux blonds, une barre beaucoup trop basse, écrasant surement sa cage thoracique. Il allait crever comme ça, et personne ne faisaient attention au pauvre bougre. Pauvre bougre qui n'était pas désagréable à regarder, alors qui était Tyb pour le laisser dans sa galère ? Il passa derrière lui et attrapa les bords de la barre pour la soulever. Pourquoi est-ce que l'autre tenait la barre à une seule main ? C'était idiot et suicidaire. Tybalt allait lui faire la remarque quand la réponse lui sauta aux yeux, simple, mais assez inhabituel pour quelqu'un qui soulève des poids aussi lourds : il n'avait qu'un seul bras.
« Do you need a hand ? » il marqua une pause, son sourire se transformant en quelque chose de moqueur. « Wait, wait, I have a better one : you're in good hands pal. »

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message posté : Mar 27 Juin - 3:24


pride and downfall
Si Jak n’était pas en train d’étouffer, il aurait volontiers planté son poing dans la figure de l’homme penché au-dessus de lui. Il tenta de cracher quelques insultes, mais le poids sur ses poumons ne lui permettait que de lâcher de faibles soupirs et grognements. Et quand il sentit le poids se soulever de sa cage thoracique, il se redressa aussitôt, toussant bruyamment et attirant quelques regards moqueurs ou inquiets des autres clients de la salle. Il leva finalement les yeux vers son « sauveur », rouge de honte et de colère. Il savait qu’il devait se montrer reconnaissant envers l’autre pour l’avoir aidé, mais les paroles moqueuses résonnaient encore dans son esprit et son premier geste fut de montrer son majeur à l’autre homme.

« Fuck you, asshole. Eat a fucking dick. »

Clairement, Jak ne trouvait pas les plaisanteries sur son bras amusantes. Surtout pendant une de ses ‘mauvaises’ journées, et face à un échec aussi flagrant. Il se sentait ridicule – lui et son putain de bras absent, ses putains de manches nouées à l’épaule et ses putains de crises de panique. Et l’air qui semblait ne plus pouvoir remplir ses poumons, la douleur fantôme qui lui donnait l’impression de toujours sentir sa main, de toujours pouvoir plier les doigts. Il fallait qu’il reprenne son souffle. Son pseudo sauvetage avait été assez humiliant pour ne pas qu’il fasse de l’hyperventilation en plein milieu d’un lieu public.

Il se mordit la lèvre pour repousser les larmes qu’il sentait monter, et s’éclaircit la voix dans l’espérance d’avaler la boule coincée dans sa gorge. Il lui fallait une distraction, concentrer ses pensées sur autre chose que son ridicule et sa situation actuelle. Il leva enfin les yeux vers l’homme qui avait soulevé les haltères de sa poitrine et fronça les sourcils, ne maintenant le regard de l’autre que pendant de très courtes secondes. L’embarras faisait toujours brûler ses joues et le physique de l’autre homme ne faisait rien pour calmer la rougeur de son visage. Ses remerciements se firent discrets, marmonnés dans une barbe imaginaire.

« Thanks anyway. » Il ne savait pas quoi rajouter. Peut-être ferait-il mieux de garder le silence pour éviter de s’enfoncer davantage. Sa bouche décida à sa place, déblatérant des conneries avant même qu’elles ne soient approuvées par son cerveau. « I mean, you’re still an asshole, but thanks. Maybe the ‘Eat a fucking dick’ was too much. »

A ce moment, Jak n’avait qu’une envie, c’était de se cacher sous terre et de ne plus jamais en sortir. Il soupira face à sa propre idiotie et se passa une main sur le visage, soudainement épuisé face à cette vague d’émotions. Colère, peur et humiliation ne faisaient pas un bon mélange, et un très mauvais cocktail quand le tout était secoué dans un ancien soldat anxieux et sous médication.

« I- » Il ne savait pas ce qui le poussait à continuer à parler à l’autre homme, mais sa langue semblait se délier d’elle-même. « I’m not usually that stupid. I know I can’t actually lift with one arm, I just – I just wanted to do something on my own. »

Ouep, il en avait définitivement assez dit. Sur ces bonnes paroles, cette confession qui l’avait sans doute catégorisé dans la famille des ‘weirdos’ de première classe aux yeux de son ‘sauveur’, il se leva du banc d’haltère et glissa sa seule main sous son tee shirt pour desserrer sa gaine, lui permettant de mieux respirer.

« You can still go fuck yourself for those jokes though. » Et il ponctua sa phrase par un léger sourire amusé, s’assurant de ne pas paraître trop sincère afin de faire passer le message sans pour autant se montrer ingrat.
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