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message posté : Ven 23 Juin - 17:51


underneath that broken shell
Noah & Milo
He used the night sky’s ink, to write about the things that only found salvation in the dark...

C'est toujours la même chose, la même histoire, le même dénouement, sans fin, encore et encore. C'est toujours le même rire, la même fin, c'est toujours le même hurlement et les mêmes mains. Tu supposes qu'ils en souffrent, tous, autant que toi. Depuis que tu es gosse c'est comme ça, emprisonné dans une cage où on t'a mis, t'arrive plus à en sortir et tu grandis. Ils avaient prévenu, tous, les risquent de crises de panique, d'agoraphobie, les risques que t'attente à ta vie. Comme si elle était importante, qu'ils te laissent rire. Tu te dois de survivre, te battre, répliqué, tu dois fight back et tu le sais. On te répète tout, en boucle, depuis que tu es gamin, que tu dois prendre ces médicaments qui vont te rendre accro, que tu dois sourire être parfait être beau, mais t'es pas comme eux, comme ces petits soldats de plombs modelés dans une pièce d'argile, tous préfabriqué, comme des morceaux de papier mâché. La solidarité ? Chacun pour sa gueule, c'est comme ça que ça marche et que ça marchera toujours, c'est comme ça que tu reverras le jour, le ciel bercé de nuages trop blanc et le soleil à travers le prisme de la rosée.
Frêle, fragile, idiot, stupide, tu n'es rien de tout ça, tu te baignes dans un lac de lave en fusion depuis qu'on t'a sorti de l'enfer, la douleur laisse des marques, des traces, personne ne s'en tracasse n'est ce pas ?
Tout est important seulement la nuit quand les démons se réveillent et provoquent à la suite des insomnies, si t'étais honnête avec tes paires tu dirais que tu te baignes dans ta propre folie. Dos droit et muscles en mousse t'affrontent le monde avec une voix brisée, t’aimerais pouvoir encore hurler, dire que tu es un survivant, mais tu l'es pas, tu es juste le gamin qui joue à cache-cache dans les bois et qui se brise les genoux contre une pierre trop dure. Le sang qui coule, tu te souviens, comme des lames encore et partout sur ton corps, les cicatrices qui te lancent, psychologique apparemment, rien de physique, mais t'as mal, tu souffres, tu te perds dans ton inconfort et t'as la tête qui va exploser. La respiration qui se coupe, encore ton père, odeur trop forte, trop masculine, trop puissante mais que tu connais depuis que tu es tout petit, parce qu'au fond même si tu penses le détesté tu l'aimes, parce qu'il te protège, qu'il a fait des conneries comme toi tu en fais, mais toi t'as la chance de ne pas te faire frapper par lui, par eux. Alors tu le laisses partir parce que ton rythme cardiaque redescend, gamin qui se demande ce qu'il fait encore là les cheveux et les yeux défoncés. Catharsis quand tu prends ta clope et que tu places à la fenêtre que tu ouvres en grand, t'asseyant sur la petite terrasse comme un gosse qui voudrait sauter, tes pieds entre les barreaux comme prisonnier encore.
Les cernes de tes yeux, violet tournant au noir, infini sombre comme de l'encre dans tes veines, crétin high à la cocaïne, reflux violent dans ton sang. La tête qui se lève légèrement sur une gueule que t'as déjà vue plusieurs fois, que tu vois même quand tu t'y attends pas, t'observes juste, un sourcil relevé, il est plus grand et impressionnant que tu pensais.

« Nice hair, You were a member of the Hanson in the 90's ? »

Tu demandes sur un ton un peu trop provocant, mais c'est ton deuxième prénom non ? Tu es toujours dans l'abus, sourire en coin en attente d'une réponse, tu veux voir s'il sait se défendre blondie, ce n'est pas drôle sinon.
Made by Neon Demon
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message posté : Lun 26 Juin - 5:03


underneath that broken shell
Noah & Milo
He used the night sky’s ink, to write about the things that only found salvation in the dark...

« Fuck »

Trois fois. Trois fois que tu recommençais le même projet depuis le début, trois fois que ton ordinateur affichait le même message d'erreur qui clignotait inlassablement comme pour te narguer et que tu fixais en te retenant de hurler.
Tes yeux te brûlaient, ta chambre était entièrement plongée dans l'obscurité à l'exception de la lumière bleutée qui se reflétait sur ton visage et te vrillait le crâne, la dernière fois que tu avais relevé la tête il faisait jour pourtant, maintenant il faisait nuit noire.
Tu n'avais pas la moindre idée de l'heure qu'il pouvait être, tu aurais juste voulu dormir, au moins quelques heures, manger aussi peut-être, des activités plutôt utiles à la survie d'un être humain mais que tu ne pouvais pas réellement t'autoriser, tu savais que de l'autre côté on attendait que tu aies fini ton travail avant la fin de la nuit, avant l'heure où ton réveil sonnerait pour t'annoncer le début de ta journée, où tu devrais camoufler tes cernes, plaquer un sourire faux sur ton visage et commencer à jouer ton autre rôle...Triste mascarade dans laquelle tu te perdais.

Parfois dans des moments comme ceux là, tu en venais à t'interroger sur ta propre identité, à douter de tout, de toi-même et de tes choix, à te demander si ce jour là ce n'était pas au diable que tu avais vendu ton âme, si tu n'étais pas doucement en train de glisser vers la folie mais tu n'avais même pas le temps pour ça, même pas le temps de t'interroger, même pas le temps de réfléchir que ton téléphone portable s'illuminait déjà à côté de toi.
Une fois, deux fois, trois fois, appel manqué, message laissé, ton doigt qui s'égarait sur l'écran pour déverrouiller et la voix habituelle, un peu trop voilée, pour conserver l'anonymat, qui s'élevait dans ta chambre.

« Hi buddy. Just to remind you the deadline is tonight. Everyone else has already finished their part, you're the last one, hurry up »

Soupir qui s'échappa de tes lèvres, yeux fermement clôts alors que tu tentais désespéremment de te calmer, de ne pas agir stupidement, de ne pas agir impulsivement mais c'était déjà trop tard, déjà tu sentais la frustration, la colère et l'angoisse dans tes veines, cocktail explosif, corrosif, déjà tu attrapais d'une main rageuse ton téléphone avant de le jeter contre le sol, regardant les différentes parties s'éparpiller dans ta chambre, n'imaginant que trop bien l'écran se fissurer sous le choc.

« FUCK »


Encore le même cri, plus fort cette fois. Tu savais pourtant que tu ne devrais pas, que tu risquais de réveiller ta sœur, et tu n'avais pas vraiment envie qu'elle te trouve à une heure aussi tardive, dans un tel état. Bien sûr tu aurais su comment lui mentir, tu aurais trouvé les mots pour rassurer, les phrases pour faire taire les soupçons, tu avais toujours su faire ça, mentir en étant convaincant, trouver ce que les gens désiraient entendre et leur offrir sur un plateau d'argent, mais avec elle c'était différent, si avec tes parents, avec les professeurs, avec le reste du monde tu n'avais aucun scrupule, ne ressentait pas la moindre culpabilité, avec elle tu avais du mal à te regarder dans le miroir ensuite, à affronter ton propre regard, tu avais beau te répéter que tu servais une cause plus grande, qu'à la fin tu n'aurais jamais voulu que son bien, tu te détestais toujours un peu sur le moment.

L'espace d'un instant tu as envisagé de ramasser ton téléphone, et d'envoyer un message pour prévenir que tu prenais une pause, puis à la simple idée de devoir constater les dégâts tu as laissé tomber, préférant attraper un paquet de cigarettes sur ton bureau, un briquet dans ta poche et sortir sur ton balcon, laissant la fraicheur de la nuit te réveiller un peu alors que tu glissais la cigarette entre tes lèvres, ton addiction secrète.
Tu savais pertinemment que tu fumais beaucoup trop, en plus de ne pas dormir assez, mais tu te persuadais contre toute logique que tout irait bien, que tu n'étais pas accro, le fameux « j'arrête quand je veux » tout en sachant pertinemment que tu n'en serais jamais capable, que la nicotine était ta drogue comme l'était pour d'autre la cocaïne ou l'héroïne, ton refuge personnel quand les choses devenaient un peu trop difficiles, quand tu perdais espoir, quand ton idéalisme cédait place au défaitisme, comme ce soir, comme d'autres soirs avant, comme d'autres soirs après, alors que tu perdais ton regard clair dans le ciel étoilé. Tu avais beau te persuader d'être un héros, tu n'étais jamais qu'un humain comme tous les autres, seul, et impuissant.

« I'm never gonna save the world... »

Tu as soupiré avant de t'asseoir sur la rambarde, les jambes et le regard dans le vide, tu avais toujours trouvé ça drôle, cette sensation de vertige, entre répulsion et attirance au bord de l'abîme, tu avais toujours trouvé ça drôle de flirter de si près avec le danger, un geste et tout pouvait basculer , un geste et tu pouvais t'écraser, insignifiant, fragile, telle une poupée désarticulée.

Expirant doucement la fumée de tes poumons, tu as relevé les yeux pour tomber nez à nez avec une silhouette que tu ne pensais pas croiser ici, à cette heure de la nuit, la silhouette d'une personne que tu observais en secret depuis des mois depuis ta chambre, tout en sachant que tu faisais quelque chose d'éthiquement discutable, mais la beauté de ce garçon là te hapait sans que tu puisses te contrôler. C'était le genre de beauté un peu ravagé, le genre de beauté qui te fait oublier la morale, le genre de type qui te prouve qu'il y a parfois du beau dans le destruction, le genre de mec que toi tu as toujours eu envie de sauver, et tu le regardais, la bouche entrouverte, les yeux écarquillés, le t-shirt qui glissait sur tes clavicules, les cernes sous tes yeux et la cigarette qui se consumait lentement entre tes doigts, seule preuve que le temps ne s'était pas figé. Tu le regardais comme on regarde un morceau de rêve, un mirage, une illusion, une hallucination, tu le regardais en attendant que quelque chose se passe, qu'il parle ou qu'il disparaisse peut-être, tout en priant pour qu'il ne t'ait pas entendu parler.

« Nice hair, You were a member of the Hanson in the 90's ? »

Imméditament tu as souri alors que tu portais de nouveau la cigarette à tes lèvres, des critiques sur tes cheveux tu en avais entendu depuis toujours, et tu avais toujours su comment y répondre, tu n'étais pas vraiment le genre de personne à avoir peur des autres, tu n'étais pas vraiment le genre de personne à avoir peur tout court pour être parfaitement honnête.

« Pretty dark circles, the zombie face is fashion ? »


Toujours le même sourire amusé aux lèvres, tu l'aimais déjà ce gars


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