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It's funny how we change and some things stay the same - Mira

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Invité
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message posté : Sam 1 Juil - 2:20






Ezra & Mira
And as we lie beneath the stars, we realize how small we are. If they could love like you and me, imagine what the world could be



Jamais qu'un au revoir, ce n'était jamais qu'un au revoir, c'était ce que tu étais en train d'essayer de te persuader alors que tu fixais le plafond, allongé sur ton lit, ignorant volontairement la valise ouverte au milieu de la pièce depuis une semaine déjà, ignorant volontairement le temps qui défilait, tu savais pourtant qu'à un moment tu n'aurais pas le choix, que tu allais devoir te lever et rassembler ce qui t'appartenait, au risque de faire attendre Mira.
Tu ne savais même pas pourquoi tu te sentais si mal au final, après tout tu avais toujours su que tu ne resterais pas là éternellement, que c'était une solution provisoire le temps que tu te reconstruises, le temps que tu te stabilises, et si tu étais parfaitement honnête avec toi-même tu savais aussi que ta place n'était plus ici depuis longtemps déjà, des années même, on te l'avait répété plusieurs fois, on t'avait rassuré, assuré que tu étais prêt, que tu allais bien, que tu irais bien mais pourtant aujourd'hui alors que tu avais enfin cédé, tu ne savais plus, face à la valise vide, face à toutes tes affaires éparpillées, face à tous les souvenirs qui te revenaient tu ne savais pas si on ne t'avait pas surestimé.

Tu te revoyais encore, débarquer ici âgé de 16 ans seulement après des heures coincé dans les trains, dans les bus, illégalement, tu te revoyais encore, tout petit à l'époque, les yeux cernés comme jamais, l'air perdu, et désespéré, tu te rappelles t'être effondré dans les bras de celui qui deviendrait ton éducateur, tu te rappelles lui avoir tout raconté, la vie que tu avais eu dans la secte, ton homosexualité, les thérapies, à quel point tu te détestais, ta fuite pour essayer de survivre, pour essayer de ne pas te tuer, tu te rappelles la sensation d'être écouté, entendu, protégé aussi, les démarches pour changer de nom, pour changer officiellement de vie, tu te rappelles avoir dit adieu à Noé pour devenir Ezra, tu te rappelles avoir pu te reconstruire ici, tu te rappelles de tous les moments de bonheur et au final tu avais juste peur, l'impression qu'aujourd'hui on te lâchait la main, qu'on te laissait entrer dans le monde sans béquille, sans soutien, tu te sentais vulnérable, tu aurais aimé avoir eu plus de temps, encore un peu mais tu savais aussi que peu importe le temps qu'on t'ajouterait tu serais toujours aussi effrayé, plus que le reste c'était l'inconnu qui te paralysait.

Lentement tu as fini par te redresser dans ton lit, essuyer les larmes qui coulaient sur tes joues tout en sachant pertinemment que ce geste était inutile, qu'elles seraient bien trop vite remplacées par d'autres contre lesquelles tu te refusais de lutter.
Tout aussi lentement tu as commencé à rassembler tes affaires, des années de vêtements, de DVD, de CD, livres, et autres objets accumulés que tu entassais dans ta valise en continuant de pleurer, pourtant tu n'étais pas vraiment du genre à montrer tes émotions plutôt le genre toujours souriant, le genre qui se forçait à voir le positif même dans les pires situations, tu étais toujours énergique, toujours motivé, tu étais la bonne humeur, la joie de vivre incarnée et pourtant tu t'effondrais...En rassemblant ces sept années dans une valise, en revivant tous les instants passés, en fermant ta valise, en jetant un dernier regard derrière toi, tu t'effondrais.
Tout le long du trajet tu ne faisais que pleurer, ce ne fut que devant votre futur appartement à Mira et toi que tu as fini par te calmer, que tes larmes ont cessées de couler, assis contre le mur, la tête entre les mains, tu attendais juste en silence, laissant le calme de la rue à une heure aussi tardive te bercer, laissant le vent te caresser la joue, les bras, comme pour t'affirmer que tout allait bien se passer.
Tu étais là, lorsque des bruits de pas dans l'obscurité t'ont fait relever la tête et, distinguant, reconnaissant la silhouette t'ont fait sourire malgré toi, un sourire encore fragile, un peu tremblant, contrastant avec les traces de larmes encore visibles sur tes joues et la couleur de tes yeux alors que tu te redressais, lui faisant un signe de la main, de loin

"Mira !"
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